DOGME DE LA RESCRRECTION
coquille avant son éclosion ; il en est de même des momies humaines qui les accompagnent et qui reproduisent la plupart des variétés d'attitude du jeune enfant dans le sein de sa mère4. Si l'on rapproche de cette donnée l'opinion d'après laquelle la terre était envisagée comme la mère universelle du genre humain 2, on comprendra que la position donnée au corps du défunt au moment où il va rentrer dans le sein de la mère universelle, exprime l'idée de la foi, non-seulement à une vie à venir, mais à une naissance nouvelle, en d'autres termes à la résurrection des corps.
On demandera peut-être si cette foi à la résurrection n'est pas essentiellement propre au christianisme, et si ce n'est pas méconnaître les idées religieuses de l'antiquité que de supposer la connaissance de ce dogme. Sans entrer dans la discussion des passages de l'Ancien Testament où il est mentionné d'une manière plus ou moins directe; il suffira de rappeler que l'existence de la secte des Saducéens témoigne que la généralité des Juifs croyaient à la résurrection des corps, antérieurement au christianisme. Mais ce n'était pas chez les Juifs seulement que ce dogme était admis. Le rituel funéraire des Egyptiens contenait la promesse que l'âme justifiée, une fois parvenue à une certaine époque de ses pérégrinations, devait se réunir à son corps pour n'en plus
' J'ai pu faire cette observation sur les nombreuses momies péruviennes que M. le Dr J.-J. von Tschudi a rapportées du Pérou, après son premier voyage en Amérique. — On pourrait objecter que l'anatomie était trop étrangère aux peuples les plus anciens pour permettre ce genre de connaissances, mais il suffira de rappeler combien est antique l'usage des sacrifices et de l'inspection des entrailles de la victime.
* Cécrops ordonne de déposer les corps dans le sein de la mère universelle. Cic. De Legib. 11, 25.