TUMULUS
(aient parfois le triste honneur de le suivre dans la tombe, pensant gagner ainsi un rang glorieux dans la vie à venir. Après l'extinction du bûcher par les libations d'usage, les cendres et les os calcinés du défunt étaient réunis dans une urne qu'on déposait ordinairement à la surface du sol et qu'on recouvrait de terre et de pierres ', de manière à former un monticule dans lequel on déposait aussi les charbons du bûcher et les corps des victimes qui n'avaient pas été consumés.
Les Helvétiens n'étaient pas étrangers à ces funérailles sanglantes. Un tumulus situé dans le Bois-Genou5, au sommet du ravin qui domine le lit pittoresque de la Mexbre, recouvrait un groupe de quatre vases d'argile remplis de cen dres humaines. Un creux ménagé dans la terre accumulée sur les urnes contenait les charbons et les cendres du bûcher avec les nombreux restes calcinés des animaux sacrifiés, parmi lesquels se trouvaient le chien, le bœuf et le cheval. Au-dessus de ces restes, venait un lit inégal de grosses pierres brutes sur lequel gisaient sans ordre quatre squelettes humains dont l'attitude irrégulière montrait que les corps avaient été jetés violemment sur cette rude couche
* Parfois l'urne est simplement entourée de terre; souvent elle se trouve dans une petite niche formée avec des pierres brutes; d'autrefois on a entassé les pierres sur l'urne sans aucun ménagement pour celle-ci. La construction intérieure des tumulus présente des variétés très nombreuses, surtout dans le premier âge du fer. J'ai déjà dit (pie la même colline recouvre fréquemment l'inhumation et l'incinération, mais il no faut pas oublier quelle était la diversité d'origines des familles du môme pays.
* Cette forêt, sillonnée de promenades souvent visitées par ceux qui apprécient les accidents de la nature, fait parti»; de la campagne de Vernand, propriété de M. de Blonay, à une lieue de Lausanne. Le tumulus que j'ai fouillé, en 1856, mesurait 7 pieds de hauteur sur 132 de circonférence. Les objets découverts sont conservés dans ma collection.