HELVÉTIENS
de cailloux. Des bracelets, des débris de chaînettes, des broches et des ornements divers indiquaient la parure de femmes dont la jeunesse ressortait du peu de développement des dents de sagesse encore cachées dans l'alvéole, ou de l'absence d'usure. Ces malheureuses victimes avaient eu les membres brisés par les cailloux qui les recouvraient et qu'on avait lancés violemment, de manière qu'une partie des ornements avaient volé en éclats sous le choc. A deux cents pas du tumulus existe encore un autel, sur lequel avait sans doute eu lieu l'immolation des femmes du défunt.
Ce n'était pas seulement sur les tombeaux que les peuples d'origine celtique immolaient des victimes humaines. Les Gaulois, pour conjurer les malheurs dont ils étaient menacés ou pour se rendre les dieux favorables, avaient institué des sacrifices qui, à défaut de coupables ou de prisonniers, retombaient sur les innocents. L'une de ces cérémonies a eu lieu au-dessus des ravins de la Mexbre, à environ vingt minutes de distance de l'emplacement précédent, sous l'ombre des chênes de la forêt de Vernand-dessous. Douze squelettes humains étaient déposés sans ordre de la base au sommet d'un tumulus haut de six pieds. Chaque fois que les ossements étaient assez conservés pour apprécier la position des corps, celle-ci présentait toujours quelque chose d'anormal. Aucun n'était couché régulièrement. Le crâne de l'un reposait sur les jambes étendues du même squelette. Un autre avait eu la tête écrasée de manière à projeter la mâchoire à un pied de distance de la partie postérieure du crâne. Les dents de ces divers squelettes appartenaient toutes à des personnes encore jeunes. Quelques anneaux en bronze et même en fer caractérisaient la période helvétienne. De nombreux charbons et des fragments de poterie étaient