‹ Haeckel et la théorie de l'évolution en Allemagne (volume 2)Chapitre 20 sur 74 · CHOROIX)GIE OU DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES ÊTBES VIVANTS · texte numérisé non relu

CHOROIX)GIE OU DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES ÊTBES VIVANTS

L'importance de la théorie de révolution consiste, non pas en ce qu'elle rend raison de tel ou tel fait particulier, mais en ce qu'elle explique tous les faits biologiques dans leur ensemble. Aussi les savants lui deviennent-ils d'autant plus favorables qu'ils abandonnent les études spéciales pour se livrer à des considérations générales sur la nature des animaux et des plantes. Elle se trouve tout particulièrement confirmée par le mode de distribution des différents organismes à la surface de la terre. Cette distribution avait déjà été étudiée par Alexandre de Humboldt et Fr. Schouw pour les plantes, par Berghaus et Schmarda pour les animaux. Mais jusqu'à A. de Candolle, Darwin et Wallace, cette étude n'avait produit qu'un assemblage de faits non systématisés ; Haeckel a essayé d'en fidre une science spéciale sous le nom de chorologie.

A l'exception des protistes monocellulaires qui, à cause de leur simplicité, ont pu apparaître en môme temps ou à

plusieurs reprises en des lieux différents, à Texception aussi des espèces qui doivent leur origine à une génération hybride ou bâtarde et qui ont pu se produire en différentes circonstances partout où les espèces parentes s'étaient antérieurement répandues, il est logique d'admettre que chacune des autres formes n'a pris naissance qu'une seule fois e\ dans un seul lieu; mais, une fois produites, elles ont dû, par suite de la lutte pour l'existence et en vertu des lois de la population ou plutôt de l'excès de population, tendre à se répandre le plus largement possible. Les animaux et les plantes émigrent ainsi que l'homme, soit activement, soit passivement.

Pour les animaux, qui ont, plus que les végétaux, la liberté de se mouvoir, c'est l'émigration active qui joue le rôle principal. Plus la locomotion est facile dans une espèce, plus elle a dû se répandre rapidement. C'est pourquoi les oiseaux et les insectes doués d'ailes, tout en se rapportant à un moins grand nombre d'ordres ou de groupes naturels que les autres animaux, offrent néanmoins une bien plus grande diversité d'espèces faiblement distinctes les unes des autres; cela tient à ce que la facilité avec laquelle ils se déplacent, les a exposés à subir l'influence modificatrice des localités les plus diverses. Après les oiseaux et les insectes, ce sont les meilleurs coureurs parmi les habitants de la terre, les meilleurs nageurs parmi les habitants de l'eau, qui ont pris l'extension la plus large. Quant aux animaux qui deviennent fixes ou immobiles en se développant, les coraux, les tubicoles, les tuniciers, les lis de mer, etc., ils jouissent ordinairement pendant leur jeunesse de la facilité de se mouvoir, ce qui en a permis le déplacement. Un grand nombre de plantes flottantes sont également transportées au loin par les eaux.

Mais l'extension d'un grand nombre de plantes et de certains animaux ne peut s'expliquer que par une émigration passive. Le vent entraîne au loin, queli^uefois au delà des mers, des œufs de petits animaux ou des graines, parfois

Page 1