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C. Phanérogames. | Cormophytes (Endhcher

Les thallophytes comprennent tous les végétaux dans lesquels les deux organes fondamentaux de toutes les autres

(LE RÈGNE VÉGÉTAL lOi)

plantes, la tige et la feuille ne sont pas séparés. Ce sont les amphigènes de Brongniart ; ils n*ont ni axe ni organes appendiculaires distincts. Leur corps n'est qu'une masse composée de simples cellules et que l'on désigne sous le nom de thallus. Ces végétaux paraissent être les seuls qui aient existé pendant les périodes laurentienne, cambrienne et silurienne dont les formations ont 70 000 pieds d'épaisseur et ont probablement duré, à elles trois, plus longtemps que tous les autres âges géologiques ensemble.

Les thallophytes se divisent en trois grandes classes : les algues, les champignons^ les lichens. Les champignons et les lichens peuvent être réunis sous une division commune, celle des inophytes.

Les algues sont, au point de vue de la théorie de l'évolution, de la plus grande importance. Elles comprennent en même temps les plus simples de tous les organismes et des formes très-compliquées, depuis les différentes espèces de protococcus dont on pourrait faire tenir des centaines de milliers dans l'espace d'une tôte d'épingle jusqu'aux macrocystes géants qui atteignent une longueur de trois à quatre cents pieds. D'après un géologue de Bonn, Friedrich Mohr, la plus grande partie des couches de houille proviendraient d'immenses quantités d'algues entassées dans la mer. Haeckef distingue cinq classes d'algues : !<> Les algues primordiales ou archéphycées; 2° les algues vertes ou conferves ; 3® les algues brunes ou fucoïdes ; U° les algues rouges ou floridées ; et 5° les algues-mousses ou characées. Les archéphycées pourraient aussi être appelées protophytes; car elles sont les plus simples de tous les végétaux et doivent par conséquent avoir donné naissance à tous les autres ; on peut les rapporter à ces monêres végétales qui ont dû être produites par génération spontanée au commencement de la période laurentienne. Aujourd'hui encore vivent plusieurs espèces d'algues, les codiolacées, les protococcacées, les desmidiacées, les palmellacées, les hydrodictyes, etc., qui ne sont guère que de simples cellules : on peut encore compter dans ce groupe les phycochromacées

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(chroococcacées et oscillarinées), à moins que Ton n'aime mieux les ranger au nombre des protistes. Les sîphonées qui ont Tapparence de plantes d'un ordre plus élevé et dont quelques-unes atteignent une grandeur de plusieurs pieds, ne sont cependant, en dernière analyse, que de simples cytodes ou monères sans nucléus, énormément développées.

A la classe des'fucoïdes appartiennent des espèces véritablement colossales ; le Sargassum bacciferum qui produit, dans l'océan Atlantique, des bancs immenses ou prairies flottantes, est composé de millions de cellules, et cependant il n'est, au commencement de son existence, qu'une simple cellule, un œuf. Nous possédons quelques fucoïdes fossiles de la période silurienne, mais ces restes ne nous donnent qu'une très-faible idée du développement que devaient avoir pris les végétaux de cette espèce à ces époques primitives. On a aussi de la môme époque des exemplaires d'algues rouges.

En somme, quelques-unes des monères nues qui s'étaient produites spontanément au commencement de la période laurentienne ont dû se transformer en cytodes membraneuses par suite d'un épaisissement du protoplasma à leur surface; de ces cytodes membraneuses se formèrent probablement des cellules végétales par la condensation de la portion centrale du protoplasma et la formation d'un nucléus ; ces cellules diversement modifiées, sont les archéphycées ; les autres espèces d'algues en sont dérivées. Les algues brunes et rouges paraissent n'avoir donné naissance à aucune autre forme du règne végétal ; mais des algues vertes sont sorties les mousses par l'intermédiaire des algues-mousses ou chara^ cées.

Les inophytes, qui forment la seconde classe des thallophytes paraissent être directement dérivés d'une autre espèce de monères que les algues, et n'avoir donné naissance à aucune autre forme végétale. Ils se distinguent des autres thallophytes et en môme temps de toutes les plantes d'un ordre supérieur en ce que leur corps est composé d'un réseau de cellules filamenteuses, très-allongées et diversement en-

trelacées ; la nature molle de leur corps les a empochés d'être conservés à Tétat fossile, ce qui ne doit être en aucune façon un argument pour contester leur existence aux époques les plus reculées. Les inophytes se divisent en champignons et lichens.

Les champignons (Fungi) ont une manière de se nourrir qui semblerait devoir les faire classer parmi les animaux plutôt que parmi les végétaux. Tandis que toutes les autres plantes produisent leur protoplasma par la synthèse de l'eau, de l'acide carbonique et de l'ammoniaque, les champignons vivent au contraire comme les animaux, d'une nourriture organique, de combinaisons de carbone qu'ils reçoivent toutes faites des autres organismes. Tandis que, dans la respiration, les autres plantes absorbent l'acide carbonique et exhalent de l'oxygène, les champignons, comme les animaux, absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique ; ils ne possèdent point la chlorophylle ou matière colorante verte qui est si caractéristique pour la plupart des autres plantes ; ils ne sécrètent pas non plus des matières amylacées. Aussi un grand nombre de naturalistes les ont-ils considérés comme des animaux et notamment comme des éponges. Pourquoi Haeckel ne les a-t-il pas mis au nombre de ses protistes ? Il n'en donne qu'une seule raison, qui nous paraît bien insuffisante, c'est que les champignons se reproduisent par voie sexuelle. Haeckel se montre aussi très-indécis sur l'origine de ses organismes : tantôt il les présente ' comme dérivés ainsi que les autres inophytes des monères primordiales, tantôt comme des algues qui se seraient graduellement adaptées à une vie parasite. Il nous est difficile d'admettre, comme il a l'air de le supposer, que certains champignons viennent des algues, et que les autres n'en viennent pas. Il est contraire à la théorie de l'évolution de rapporter une seule espèce à deux origines distinctes.

Les lichens seraient, d'après les dernières découvertes, un mélange d'algues et de champignons. Leurs cellules vertes seraient des algues ; leurs filaments incolores seraient

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des champignons. Ces divers organismes élémentaires seraient tellement unis et combinés, que les lichens résultant de ces mélanges se présentent à tous les yeux comme des individualités. Mais, si telle est Forigine des lichens, si les champignons eux-mêmes sont des algues transformées par le parasitisme, que reste- t-il pour servir de base à l'assertion de Haeckel que les inophytes (dénomination générique des lichens et des champignons) viennent directement de simples monères. Huxley a aussi fait observer combien les vues de Haeckel manquaient ici de précision : « M. Haeckel, dit-il, se demande lui-môme s'il ne devrait pas ranger les fungus parmi les protistes. SU ne le fait pas, les myxomycètes rendent impossibles de tracer une ligne de démarcation quelconque entre les protistes et les plantes. Mais, s'il le fait, comment séparer les champignons des algues ? Et cependant les herbes marides sont assurément des plantes sous tous les rapports. »

Sous le nom de prothallophyleSy Haeckel réunit les plantes qui ont un axe et des feuilles sans avoir de fleurs. Elles sont caractérisées par un mode particulier de génération alternante : dans la première génération le végétal est semblable aux thallophytes et n'offre ni tige ni feuilles ; dans la seconde génération, au contraire, ces organes deviennent distincts. Toutefois les espèces les moins parfaites de mousses n'ont que la première forme de génération ; aussi pourrions-nous reprocher à Haeckel d'avoir pris pour caractère spécifique un fait qui n'est pas vrai de tous les individus de la classe ; pour être conséquent avec sa définition et la dénomination qu'il a choisie, il aurait dû ranger les formes inférieures de mousses dans les thallophytes.

Les prothallophytes se divisent en mousses et fougères.

Les mousses proviennent directement des characées ou algues-mousses. Les hépatiques, qui n'offrent qu'un simple thallus dans leurs deux générations, paraissent avoir dû immédiatement leur origine à des thallophytes. Les mousses foliacées ont probablement joué un rôle important dans l'his-

toire du sol en y maintenant Thumidité et par conséquent en le fertilisant. Les sphagnacées paraissent être dérivées d'une espèce de mousse foliacée.

Les fougères (filicinées) paraissent avoir été les végétaux dominants pendant toute la durée de l'âge primaire ; elles formaient alors d'immenses forêts. Tandis que dans les thallophytes et les mousses le corps entier est composé de cellules à peu près semblables les unes aux autres, on rencontre déjà dans les fougères ces cordons de cellules modifiées d'une manière particulière que l'on appelle vaisseaux ; c'est à l'époque devonienne que ce grand progrès dans l'évolution végétale se produisit pour la première fois. Haeckel fait descendre les fougères des formes inférieures des mousses hépatiques. Plusieurs familles , telles que les calamitées et les astérophyllitées, sont depuis longtemps éteintes. Aujourd'hui encore, les fougères atteignent quelquefois les proportions de grands arbres : dans les forêts chaudes et humides des tropiques on voit des fougères semblables à des palmiers qui nous donnent une faible idée des espèces dont nous retrouvons les traces fossiles dans les couches des formations houillères. Les sélaginées sont les plus complètement développées et marquent la transition des fougères aux phanérogames : celles qui subsistent encore aujourd'hui appartiennent à l'ordre des lycopodiacées dont quelques-unes ont jusqu'à vingt-cinq pieds de hauteur. Les formes fossiles sont encore plus grandes ; on en connaît qui ont de tiO à 60 pieds de longueur et de 12 à 15 pieds de diamètre au col des racines (lépidodendrées). Parmi les sélaginées, celles qui se rapprochent le plus complètement des gymnospermes, sont les sigillariées qui, en beaucoup d'endroits, forment la plus grande partie des couches carbonifères.

Laissons les forêts de fougères de l'âge primaire pour pénétrer dans les forêts d'arbres à feuilles aciculaires de l'âge secondaire, et passons des végétaux sans fleurs et sans graines aux végétaux phanérogames. Cet embranchement si riche, qui forme aujourd'hui la plus grande masse des végé-

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