‹ Haeckel et la théorie de l'évolution en Allemagne (volume 2)Chapitre 7 sur 74 · L. DUMONT · texte numérisé non relu

L. DUMONT

Aâ U THÉORIE DE L'ÉVOLUTION

causes qui sont incontestablement vraies de certains faits la sélection naturelle, l'adaptation et Thérédité.

Haeckel fait observer avec raison que si la doctrine transformiste n'est pas encore universellement adaptée, il faut s'en prendre surtout à'ce manque de culture philosophique qui caractérise la plupart des naturalistes contemporains; et ce reproche est surtout mérité par la France, où le darwinisme a fait jusqu'à présent beaucoup moins d'adeptes qu'en Angleterre et eh. Allemagne. « Les nombreuses erreurs de la philosophie spéculative, pendant le premier tiers de notre siècle, ont fait tomber la philosophie tout entière dans un tel discrédit auprès des partisans de la méthode exacte et empirique, que ceux-ci se renferment auJQurd'hui dans l'étrange illusion que l'édifice des sciences naturelles peut se construire avec des faits seulement sans liaison philosophique, avec de simples connaissances sans conception générale qui les éclaire. Si une œuvre purement spéculative qui ne s'inquiète point des conditions indispensables des faits empiriques est un édifice chimérique dont la première expérience venue montre l'inanité, de l'autre côté une doctrine purement empirique, se composant exclusivement de faits, n'est qu'un monceau informe qui ne méritera jamais le nom de construction. Les faits bruts ne sont que des matériaux ; la pensée philosophique peut seule en faire une science. De cet éloignement des naturalistes pom* la philosophie proviennent ces fautes grossières de logique élémentaire, cette incapacité de déduire les conclusions les plus simples que l'on constate aujourd'hui dans toutes les branches des sciences naturelles, mais particulièrement en zoologie et en botanique (i). »

Hsfieckel a lui-môme résumé Tensemble de ses théories dans une suite de leçons faites à léna, dans Thiver de 1867- 1868, en présence d'un public composé de gens du monde et

(1) Moi'phoiogie générale^ 1, 63 ; — II, 4474

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