L. DUMONT. tj
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taux vivants, date d'une époque beaucoup plus récente que les thallophytes et même les prothallophytes ; car il n'a pu sortir que de ces derniers. Depuis longtemps déjà on a, sur les fondements de l'anatomie et de l'embryologie, divisé les phanérogames en deux grandes classes, les gymnospermes et les angiospermes ; ceux-ci ont une organisation beaucoup plus complète et plus élevée que les premiers et ont dû en provenir par suite de transformation , pendant le cours de l'époque secondaire.
On pourrait appeler l'âge secondaire âge des gymnospermes, comme l'âge primaire est justement appelé l'âge des fougères. Des deux classes que l'on distingue parmi les gymnospermes, celle des conifères domine pendant l'époque triasique et celle des cycadées pendant l'époque jurassique. On trouve toutefois des traces de ces dernières dès l'époque carbonifère.
Les cycadées se rapprochent tellement des fougères que plusieurs botanistes les ont réunies avec elles dans un même groupe. Cette classe, autrefois si riche, n'est plus représentée aujourd'hui que par quelques formes vivant dans les pays chauds {Zamia, Encephalartos, Cycas) ; on les voit dans nos serres chaudes où il est ordinaire de les confondre avec les palmiers.
Les conifères se sont maintenus en bien plus grand nombre jusqu'à notre époque ; les cyprès, les genévriers, les thuyas (arbres de vie), les ifs, les salisburya, les araucaria , les cèdres, les innombrables espèces de pins composent encore aujourd'hui des forêts entières. Une espèce de conifères, les gnétacées, sont, de tous les gymnospermes, ceux qui ressemblent le plus aux angiospermes et qui paraissent leur avoir donné naissance.
Les angiospermes se divisent en monocotylédones et dicotylédones. On trouve déjà, dans les terrains jurassiques et. triasiques, certains restes fossiles qu'un grand nombre de botanistes croient pouvoir rapporter aux monocotylédones, bien que d'autres les attribuent à des gymnospermes ; mais
LE RÈGNE VÉGÉTAL
dès l'époque crétacée il ne peut plus y avoir de doute ni pour les monocotylédones, ni pour les dicotylédones.
Arbre généalogique du règne végétal
Î Gamopétales.
Dialypotalcs.
MllMiM>TYI.Kl>i'.NL?.
Protophytos.
Mouèros yégétaUs.
Bien que la plupart des dicotylédones offrent les caractères des végétaux les plus parfaits, leur espèce la moins développée se rattache immédiatement aux gymnospermes, et concorde avec les monocotylédones en ce que dans ses fleurs le calice et la corolle ne sont pas encore séparés ; aussi donne-t-on à cette espèce le nom d'apétales. Les monocotylédones ont dû en sortir ou bien descendre, parallèlement avec elles, des gymnospermes. Les autres classes de dicotylédones, les polypétales et les gamopétales se sont développés pendant les âges tertiaire et quaternaire.
Nous trouvons , dans toute cette évolution historique du règne végétal une confirmation éclatante de la théorie du^ transformisme. Les deux lois fondamentales du développement organique, qui sont les conséquences nécessaires de la sélection naturelle et de la lutte pour l'existence, la loi de différenciation et la loi de perfectionnement, ont trouvé leur application dans la formation de tous les groupes grands ou petits du système naturel des plantes, et à chaque période de l'histoire géologique nous voyons le règue végétal gagner à la fois en diversité et en perfection.
LE REGNE ANIMAL
Le système de classification artificielle de Linné diffère dusystème naturel en ce que ce dernier se fonde uniquement sur la parenté réelle, historique des organismes, tandis que le système artificiel ne repose que sur des caractères apparents, extérieurs, conventionnellement choisis. Linné avait divisé les animaux en six classes : les mammifères , les oiseaux, les amphibies, les poissons, les insectes et les vers. Mais Lamarck, dès la fin du siècle dernier, fit faire à l'histoire naturelle un très-grand progrès en réunissant les quatre premières classes en une seule sous le nom de vertébrés. Cuvier et Baer, en prenant pour base l'anatomie comparée et l'embryologie, se rapprochèrent encore davantage d'un système conforme à la théorie de l'évolution, et pénétrèrent plus profondément dans les rapports des différents organismes, tout en ignorant la véritable cause de ces rapports, qui est la généalogie; ils divisèrent les animaux en quatre embranchements : les vertébrés, les articulés , les mollusques et les rayonnes. Les embranchements des vertébrés et des mollusques avaient été déterminés par eux avec tant d'exactitude que la science a pu les conserver jusqu'à nos jours à
Arbre généalogique du règne animal
Vertèbres.
(Craniotes. )
Mollusques ( Encéphales ).
Acéphales, Trachéates. A crâniens. Tuniciers. Bryozoaires.
ÊCHINODERMES
(Upnbrarhiens
Crustacés, AnDéliiles, Culolirachiens.
Gôphyrées.
Rotifércs.
Colhelminthes. Seolécules. Himatéges.
ZoOPHYTES.
ltpnnçes. AcalépliP*.
Prntnscii?.
Vers.
Cœloinata. Platyhelminthe=.
Aca'lnmata.
Prntholmiiitho';.
Gastrcca.
Planulata.
Svnamœbes. Infnsoirp<!.
A m œ Les.
Mùnères.
LE RÈGNE ANIMAL
peu près sans changement ; mais il n'en fut pas de même des rayonnes et des articulés. En 1848, Leuckart montra que, sous le nom de rayonnes, on avait confondu deux types fort différents : les échinodermes et les zoophytes. A la même époque, Siebold essayait de constituer, sous le nom de protozoaires, un embranchement particulier composé des infusoires et des rhizopodes. D'un autre coté, la plupart des zoologues contemporains distinguent, parmi les articulés, deux grandes classes : les arthropodes ou articulés proprement dits et les vers. On arrive ainsi à sept divisions principales : -les vertébrés, les mollusques, les articulés, les vers, les échinodermes, les zoophytes et les protozoaires.
protozoaires
Les protozoaires ou animaux primitifs sont divisés par Haeckel en deux classes : les ovulariés et les blastulariés. La première classe comprend tous les animaux composés soit de cytodes ou cellules simples, soit d'agrégations de cellules homogènes : les monères animales, les amœbes et synamœbes animales, —les grégarines, qui vivent en parasites dans le corps d'autres animaux, et diffèrent des amœbes nues par la membrane qui les enveloppe, — et les infusoires dont on ignore encore s'ils sont monocellulaires ou poly cellulaires. Les infusoires se divisent en ciliés et immobiles (Acinetœ); ces derniers ne se meuvent que pendant leur jeunesse; mais à ce moment ils sont munis de cils, et il est difficile de les distinguer des infusoires ciliés. Peut-être doit-on considérer comme une troisième espèce d'infusoires les noctiluques, petites vésicules en forme de poches qui se trouvent en quantité considérable à la surface de la mer, et y sont une des principales causes de la phosphorescence.
Sous le nom de blastulariés, Haeckel désigne les formes éteintes et hypothétiques Planulala et Gastrœa, correspondant aux deux états embryologiques, la Planula et \aGastrula,
qui servent de point de départ au développement de chaque individu des six grandes classes supérieures d'animaux. Aujourd'hui encore, dans les zoophytes comme dans les vers, dans les échinodermes comme dans les mollusques, et même dans les degrés inférieurs des vertébrés (Amphioxus), l'œuf produit d'abord une larve munie de cils (Planula) qui ressemble à des infusoires; puis cette larve acquiert un canal digestif (Gastrula). Le tableau suivant est destiné à faire ressortir ce triple parallélisme de l'évolution embryologique (I), du développement paléontologique (II) et de la "classification naturelle (III).