PORT K AIT DE HE M) EL
D*après une peinture anonyme.
(Collection du docteur Clémeal).
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un milieu très choisi, des applaudissements flatteurs.
Pour être moins singulières, d'autres maisons de Londres n'étaient pas moins largement ouvertes à la musique. Quantité de concerts privés se donnaient soit chez des artistes de profession, comme John Lœillet, soit chez des grands seigneurs, comme le duc de Rutland ou le comte de Burlington, soit encore chez de hauts fonctionnaires, tels que Henry Xeedler, comptable de Y excise, habile violoniste, qui, en outre des soirées organisées dans sa propre demeure, venait d'inaugurer, dans la grande salle d'une taverne du Strand, celles d'une « Académie d'ancienne musique ».
Mais où Haendel fut surtout reçu à bras ouverts, ce fut au théâtre de Haymarket, dont le directeur s'empressa de lui commander un opéra italien, Rinaldo. Haendel en indiqua le sujet, que disposa un versificateur italien, Giacomo Rossi. Dans sa préface, le librettiste, appelant son collaborateur « l'Orphée de notre siècle », prit grand soin d'avertir le public que la partition avait été écrite en quinze jours. Chacun, avec le Misanthrope, sait bien qu'en pareil cas « le temps ne fait rien à l'affaire ». Cependant une aussi « stupéfiante » rapidité de composition trouve toujours des admirateurs. Haendel en fut coutumier jusqu'au bout de sa carrière. Pour Rinaldo, d'ailleurs, il s'aida largement de ses travaux antérieurs, en reprenant d'abord, texte et musique, toute une cantate sur le même sujet, composée en Italie, puis des airs de sa sérénade napolitaine Aci, Galatea e Polifemo, de son opéra vénitien Agrippina, et une
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sarabande instrumentale, qui avait accompagné à Hambourg', dans Almira. une « danse asiatique » el dont il fit, dans Rinaldo, l'air admirable et bien connu : Lascia cli io pianga. Le résultat de ce labeur hâtif fut une improvisation magnifique et un succès éclatant, terminé seulement par la clôture de la saison théâtrale, le 2 juin 1711.
En reprenant, peu de jours après, le chemin de Hanovre, Haendel était sans doute décidé à ne pas s'éloigner pour longtemps de Londres, où le rappelleraient à bref délai des amis, des souvenirs, des espérances. Il s'arrêta quelque jours à Dusseldorf, où l'Électeur palatin désira l'entendre exécuter sur le clavecin et lui faire essayer les précieux instruments qu'il possédait. A Hanovre l'attendait un petit orchestre de cour, composé de dix-huit musiciens allemands, français el italiens ; mais l'absence d'une troupe d'opéra le privait de s'adonner au genre vers lequel il se sentait le plus profondément attiré. Tout en écrivant donc, pour remplir les obligations de sa charge, des pièces instrumentales et des « duos de chambre » pour lesquels les œuvres analogues de son prédécesseur Steffani lui servaient d'admirables modèles, il se préparait assidûment à un nouveau voyage en se perfectionnant dans l'étude de la langue anglaise.
Après avoir exercé ses fonctions, sans doute impatiemment, pendant un an, et rendu visite à sa mère, qui vivail à Halle, il sollicita de nouveau un congé, faisant appuyer sa requête par de hauts personnages