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elle même, était fort en mesure d'apprécier son talent d'exécutant, et il se lit connaître, sous le même aspect, des amateurs londoniens, en participant notamment aux célèbres réunions de Thomas Britton. L'histoire de ces concerts, qui forme un curieux épisode de l'histoire de la musique et de la société anglaises, a été souvent racontée. Thomas Britton était un marchand de charbon qui tout le jour parcourait les rues de Londres, criant et débitant sa denrée, et qui, le soir venu, se transformait en un intrépide amateur, bon joueur de viole de gambe, dépensant en concerts ses heures de repos et en achats de musique et d'instruments les gains de son commerce. Au-dessus de sa boutique, dans une salle étroite, longue, basse au point que debout l'on en touchait le plafond, et d'accès si incommode qu'on v montait à l'extérieur par un détestable escalier, il avait d'abord rassemblé quelques musiciens pour exécuter ou entendre des sonates ; mais peu à peu le nombre et la qualité de sesauditeurs s'étaient accrus et rehaussés, si bien qu'au moment du séjour de Haendel on voyait s'entasser chez lui, chaque mercredi soir, un public aussi distingué qu'attentif, formé de femmes élégantes, de gentilshommes et de riches bourgeois, au premier rang desquels venait, entre autres, s'asseoir la duchesse de Queensbury, une des « beautés » de l'aristocratie anglaise.
Haendel s'y produisit souvent, jouant du clavecin, de l'orgue portatif, exécutant ou dirigeant ses œuvres de musique de chambre, et recueillant, dans
Cliché Breitkopf et Hartel.