‹ Haendel, biographie critiqueChapitre 17 sur 38 · II.K.XDEL · texte numérisé non relu

II.K.XDEL

public dédaigner son Floridante et l'acte qu'il avait écrit pour Mnzio Scœvola,ur\ opéra partagé entre trois compositeurs. Pour que Ottone ait un meilleur sort, ce ne fut pas trop du secours d'une nouvelle cantatrice, la Cuzzoni.

Elle était laide, petite, commune, et sans talent dramatique : mais sa voix d'une justesse et d'un timbre admirables, son habileté consommée dans l'art du chant, le charme qu'elle savait surtout répandre dans le cantabile, mirent en un moment « tout Londres à ses pieds ». Aidé de cette artiste et de Senesino, Hœndel multiplia ses efforts, donna Giulio Cesare, Tamerlano, Rode/ïnda, Scipio, et réussit à vaincre le parti de Bononcini.

En 1726 cependant, juste au moment où il consacrait son attachement à l'Angleterre par la formalité de la naturalisation, — qui lui valut les titres de compositeur de la chapelle royale et compositeur de la Cour, réservés par les lois à des sujets anglais, — Hœndel se trouva mêlé à des difficultés nouvelles, créées par la rivalité de deux cantatrices. Pour relever le niveau des recettes, les directeurs de 1' « Académie » venaient d'engager Faustina Bordoni, la seule «étoile» qui fût classée au même rang que la Cuzzoni et ils avaient imaginé de confier à Haendel le soin de les réunir dans un ouvrage nouveau.

Ce fut Alessandro, où le compositeur dut s'appliquer à ne donner l'avantage ni à l'une ni à l'autre des deux cantatrices ; chacune eut à chanter le même nombre d'airs, et de même importance ; chacune fit sa partie

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dans un duo avec Senesino, et elles furent mises en présence dans un morceau si habilement disposé que toutes deux paraissaient y tenir le premier rôle.

Les discussions à peine apaisées au sujet de la suprématie de Hsendel sur Bononcini ou de Bononcini sur Ihendel se rallumèrent déplus belle autour des noms de laCuzzoni et de la Faustina. Deux factions aux yeux desquelles ne comptaient ni le mérite des œuvres, ni le talent des auteurs, s'invectivaientchaque soir au théâtre, chaque matin dans des libelles imprimés. En pleine représentation l'on vit les deux cantatrices ennemies se souffleter tandis que dans la salle les membres les plus distingués île la « fasbion » sifflaient, juraient, hurlaient. et se donnaient l'apparence de « garçons brasseurs ivres ».

11 ne fallut rien moins que l'annonce de la mort du roi, décédé subitement dans un vovaae à Osnabriïck (11 juin 1727 , pour calmer les cerveaux échauffés. Lorsque, après le deuil de Cour, le théâtre de la Royal Academy put rouvrir ses portes, la première période prévue pour son exploitation touchait à son terme. Beaucoup des souscripteurs se retirèrent et ne furent pas remplacés. En même temps, le succès remporté sur une petite scène par un opéra comique anglais, tke Beggarsopera, imprimait aux goûts du public une direction nouvelle. Cette pièce l'enfermait une satire de Topera italien, et Pepusch. dans la partition, formée d'airs populaires, avait placé par moquerie un fragment de ILendel : sans doute était-il fort aise d'exercer une

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