‹ Haendel, biographie critiqueChapitre 30 sur 38 · i-:: NI) KL · texte numérisé non relu

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vite de Haendel redoublait au lendemain des plus ilures épreuves de sa carrière. Le chêne avait bravé la tempête et ses rameaux reverdissaient sous la poussée de la « sève d'août ».

Le 1er mai 1739, quelques semaines après Israël en Egypte. Haendel donnait dans la salle de Ilavmarket un spectacle composé d'une cantate dramatique intitulée Jupiter à Argos, entremêlée de chœurs, dont la partition s'est perdue. Le 22 novembre parut pour la première fois son Ode pour le jour de sainte Cécile, composée, ainsi que la Fête d'Alexandre, sur les vers deDryden, et dont plusieurs auditions se succédèrent en de copieuses séances que complétaient soit la Fête d'Alexandre, soit Acis and Galathea, et toujours deux concertos d'orgue. La fête de sainte Cécile, patronne des musiciens, était depuis 1683 régulièrement célébrée en Angleterre par de brillants concerts pour lesquels Dryden avait expressément écrit, en 1G87 et 1 697, ses deux poèmes.

Pendant l'hiver de 1740-1741, qui resta mémorable par sa rig'oureuse température, Haendel fut occupé à la composition d'une grande cantate, l'Allégro, il Moderato ed il Penseroso, dont son ami Jennens avait, de façon assez téméraire, fabriqué le livret aux dépens de Milton ; mais il ne parvint pas à attirer le public dans la salle de Lincoln's Inn Fields, pour l'entendre, et les deux opéras, Inieneo et Deidamia, qu'il donna dans la même saison, n'obtinrent pas plus d'attention. Cet insuccès acheva de détourner Haendel de la composition dramatique, et l'indifférence ou l'hostilité des

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amateurs londoniens le disposèrent à s'éloigner pour quelque temps de la capitale.

Il se souvint d'une invitation du duc de Devonshire, lord-lieutenant en Irlande, et il partit au mois de novembre 1741, emportant le manuscrit du Messie, qu'il avait écrit en trois semaines, du 22 août au 14 septembre. Son premier concert à Dublin eut lieu le 23 décembre. On y exécuta l'Allégro, il Moderato ed il Penseroso, avec l'appoint habituel de concertos d'orgue ; puis, dans d'autres séances, l'on joua la Fêle d'Alexandre, ÏOde à sainte Cécile, Esther, et un arrangement en sérénade de l'opéra Imeneo. On a, dans une lettre de Hsendel à Jennens, le témoignage de sa satisfaction. La « noblesse » irlandaise avait souscrit un abonnement à six concerts, qui garantissait la recette et la présence d'un public de six cents personnes ; l'orchestre, dirigé par le violoniste Dubourg, était composé d'instrumentistes « réellement excellents » ; les chœurs et les solistes hommes, recrutés sur place, étaient « extrêmement bons » et la signora Avoglio, arrivée d'Angleterre peu de jours après le compositeur, «plaisait extraordinairement » aux auditeurs irlandais. Pour seconde cantatrice, Haendel avait trouvé à Dublin Mrs Gibber. Il complimentait de son mieux Jennens sur le succès qu'avaient obtenu les paroles de // Moderato auprès d'un public composé de «dames de distinction» et de «personnages de la plus haute qualité», tels que : évêques, doyens, «sommités du Collège», chancelier, auditeur général et autres «éininents gens de loi», tous « versés dans la poésie » ;

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