‹ HaendelChapitre 31 sur 64 · Surtout dans Serse et Deidamia · texte numérisé non relu

Surtout dans Serse et Deidamia

3. Dryden avait écrit cet éclatant poème, en 1697, dans une nuit d'enthousiasme. Clayton l'avait mis en musique, en 1711; puis, vers 1720, Benedetto Marcello écrivit une cantate, à l'antique, sur une adaptation italienne de Iode anglaise par Tabbé Conti. Un ami de Hœndel, Newbur^h Hamilton, arrangea avec beaucoup de discrétion le texte de Dryden, pour l'oratorio de Hœndcl.

Haendel avait écrit, plusieurs fois déjà, en l'honneur de sainte Cécile. On trouvera dans le vol. LU de la grande édition Breitkopf [Cantate italiane con stromenti) les fragments

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et donnée pour la première fois, le 19 février 1736, au théâtre Govent Garden.

Qui croirait que cette œuvre, robuste et saine entre toutes, était écrite en vingt jours, comme en se jouant, au milieu des tristesses, à deux doigts de la ruine et d'une maladie grave, où la raison de Haendel faillit rester engloutie?

Depuis plusieurs années, le mal couvait en lui : les travaux et les soucis excessifs avaient rongé cette santé de fer. Il avait essayé des bains de Tunbridge, pendant Fêté de 1785, et probablement aussi en 1736, mais sans succès. Il ne pouvait se reposer : son théâtre était à la veille de la faillite ; il faisait, pour le soutenir, des efforts surhumains. De janvier 173G à avril 1737, il dirigea deux saisons d'opéra, deux saisons d'oratorio, il écrivit un oratorio, un psaume, quatre opéras \

Le 12 ou i3 avril 1787, la machine craqua. Il fut frappé de paralysie. Le côté droit était pris; sa main lui refusait tout service, son intel-

de quatre cantates à sainte Cécile, toutes écrites à Londres, — la première, dès 1713.

I. La Fête d'Alexandre (janvier 1786), Atalanta (avril), Wedding Anthem (avril), Giustino (août), Arminio (septembre), Bérénice (décembre).

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ligence même était atteinte. En son absence, son théâtre ferma ses portes, fit faillite '. Pendant tout l'été, Htendel resta dans un état de dépression pitoyable ; il se refusait à se soigner; on le croyait perdu. Enfin, ses amis réussirent à l'envoyer, vers la fin d'août, aux bains d'Aix-la- Chapelle. La cure eut un effet miraculeux. En quelques jours, il fut guéri. En octobre, il revenait à Londres ; et aussitôt le géant ressuscité reprenait la lutte, écrivait, en trois mois, deux opéras, et le magnifique psaume funèbre [Funeral Anthem)^ pour la mort de la Reine '^ Tristes jours. Ses créanciers le traquaient; il était menacé de la prison. Heureusement, un mouvement de sympathie se dessina en faveur de l'artiste harcelé par le sort. Un concert à son bénéfice, auquel son orgueil se résolut à regret^, eut, à la fin de mars 1788, un succès inespéré : il put se libérer de ses dettes les plus criantes. Le mois suivant, un témoignage d'admiration publique lui était donné. Sa

I. Le i^'' juin 1737. Mais le 11 juin, l'opéra rival fermait aussi ses portes, ruiné. Hœndel entraînait dans sa chute l'ennemi qu'il voulait tuer.

1. Le i5 novembre 1737, Haendel commence Faramondo. Du 7 au 17 décembre, il écrit le Funeral Anthem. Le 24 décembre, il termine Faramondo . Le i5 décembre, il commence Serse.

3. Il disait que ces sortes de concerts étaient une façon de demander l'aumône.

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statue fut élevée dans les jardins du Vauxhall \ Il dut, au printemps de 1788, sentir, avec les forces qui lui revenaient, la confiance en l'avenir. L'horizon s'éclairait. Il était porté par de fidèles sympathies. Il renaissait à la vie. — On allait s'en apercevoir.

Le 23 juillet, il commençait Saul. Le 8 août, il en avait écrit deux actes. Le 27 septembre, l'œuvre était achevée. Le 7 octobre, il commençait Israël en Egypte. Le 28 octobre, l'œuvre était achevée. Chemin faisant, il lançait, le 4 octobre, chez l'éditeur Walsh, le premier recueil de ses Concertos pour orgue ; et le 7, il lui livrait ses 7 Trios., ou Sonates à deux parties avec basse, op. 5. — Pour qui connaît ces œuvres de joie, que dominent deux colosses, — les deux oratorios de victoire, — cette poussée surhumaine fait l'effet d'une force de la nature, d'une campagne qui fleurit, en une nuit de printemps.

Saul est un grand drame épique, surabondant et fougueux, où le comique et le tragique se mêlent. Israël est une épopée chorale, l'essai le

1. Le Vauxhall était un beau jardin sur la Tamise, rende/- Tous de la société de Londres. On y entendait, tous les soirs, sauf le dimanche, de la fin d'avril au commencement d'août, des concerts d'orchestre, de chant et d'orgue. L'entrepreneur des divertissements, Tyers, fit placer dans une niche de la grande grotte la statue de marbre blanc de Hœndel par le sculpteur Roubiliac, — le même qui devait plus tard exécuter le monument de Hsendel à Westminster.

plus gigantesque qui ait jamais été fait d'un oratorio, non pas avec des chœurs, mais tout entier en chœurs*. L'audacieuse originalité de cette conception, son austère grandeur, échappèrent au public de son temps. L'œuvre échoua toujours, du vivant de Hœndel.

Les espérances que Haendel avait fondées sur l'Angleterre ne tardèrent pas à être de nouveau ébranlées. Les temps étaient durs. Pendant l'hiver de 1739, les spectacles, les concerts même pendant quelques mois, furent suspendus, à cause de la guerre et du froid. Haendel, pour se réchauffer, écrivit en huit jours la Petite Ode à sainte Cécile (29 novembre 1739), en seize IWllegro^ il Pensieroso ed il Moderato (janvier-février ^'j^o), en un mois les Concerti srossi, on. 6 -. Mais le succès de ces

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œuvres charmantes, ciselées avec amour, oîi Haendel avait peut-être mis, plus qu'en toute

1. Dans la première partie d'Israël, on ne trouve qu'un seul air, noyé au milieu des chœurs. Dans l'ensemble, 19 chœurs contre 4 airs soli et trois duos. — Le poème de Saul, que Chrysander avait d'abord attribué à Jennens, semble être, comme il l'a reconnu ensuite, de Newburgh Hamilton. Quant à Israël, Haendel s'est passé de librettiste. Il a pris la Bible toute pure.

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