Johann-Adolph Hasse était né le 23 mars 1699 àBergedorf
iio H.TÏNDEL
Haendel ne tarda pas à sentir Timprudence qu'il y avait pour lui à lutter sur le terrain italien. Sa supériorité était dans les chœurs : il chercha à les introduire dans l'opéra, d'après le modèle de la France.
La situation s'était encore assombrie pour lui, à la suite du départ de sa meilleure protectrice, la princesse Anna, sœur du prince de Galles ^ Après avoir compromis Haendel par la passion qu'elle avait mise à le défendre, elle le laissa aux prises avec les ennemis qu'elle lui avait faits : elle quitta l'Angleterre, en avril 1784, pour suivre en Hollande son mari, le prince d'Orange ".
près Hambourg, et mourut le i6 décembre 1783, à Venise. Il vint à Londres en octobre 1734, et y donna son Arlaserse, qui fut joué jusqu'en 1787. On joua aussi en Angleterre son Siroe (1736) et deux interniezzi comiques. — Je n'insiste pas sur lui : car sa vie et son art sortent un peu du cadi-e de cette étude. Malgré les efforts des ennemis de Hasndel, Hasse évita toujours de se poser en rival de son grand compatriote, et leur art est resté indépendant 1 un de l'autre. Je me réserve d'étudier longuement, ailleurs, l'œuvre de cet artiste admirable, pour qui la postérité a été plus injuste encore que pour Porpora : car personne n'eut jamais, à son degré, le sens de la beauté mélodique ; et, dans ses meilleures pages, il est l'égal des plus grands.
I. Elle était l'élève et l'amie de Hœndel. Excellente musicienne, elle dirigeait l'orchestre, aux concerts publics qu'elle donnait, chaque soir, en Hollande.
1. Hœ-ndel composa, pour le mariage de la princesse Aiiua, le Weddlng Anthem (14 mars 1734), qui est un pasticcio d'œuvres anciennes, surtout d'Alhalia. Il donna aussi, pour les fêtes du mariage, la Serenata Parnasso in festa, et un remaniement du Pastor fido. avec chœurs.
Haendel se vit aussitôt abandonné par les amis de la veille. Son associé Heidegger, propriétaire du théâtre Hayniarket, loua la salle à Topera rival, et HuMidcl, chassé de la maison pour laquelle il travaillait depuis quatorze ans, dut émigrer avec sa troupe chez John Rich', au Govent-Garden, — une sorte de music-hall, où l'opéra habitait en co-locataire avec toutes sortes d'autres spectacles : ballets, pantomimes, arlequinades. Dans la troupe de Rich se trouvaient des danseurs français, parmi lesquels la Salle", qui venait de soulever l'enthousiasme du public anglais avec deux tragédies dansées : Pygmalioii et BaccJius et Ariadne^. Haendel, qui connaissait depuis longtemps l'art français^, vit le
1. C était Johu Rich, qui avait monté à son théâtre, en 1778, le Beggars Opéra de Gay et de Pepusch, — cette parodie des opéras de Hœndel.
2. Elle était élève de M"*^ Prévost, et avait déljuté chez Rich, en i-^ij. Voir l'étude de M. Emile Dacier : Une danseuse française à Londres, au début du XVIII'^ siècle. (Bulletin français delà S. I. M., mai et juillet 1907.)
3. Ou remarquera que ce tut avec ces mêmes sujets de Pygnialion et d'Ariadne que J.-J. Rousseau et George Benda inaugurèrent en 1770-1773 le mélodrame ou « opéra sans cliauteurs w.
4. On l'accusait même de le trop bien connaître. L'abbé Prévost écrivait, précisément à la même époque, dans le Pour et le Contre, en 1733 : « ...Quelques critiques l'accusent d'avoir emprunté le fond d'une inhnilé de Ijelles choses, de Lullv, et surtout de nos cantates françaises, qu'il a l'adresse, disentils, de déguiser à 1 italienne... »
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parti qu'il pouvait tirer de ces nouvelles recrues; et il ouvrit la saison de 1734 au Covent-Garden, par un premier essai dans le genre de Topéraballet français : Terpsichore (9 novembre 1734), où la Salle jouait le rôle principal. Un mois plus tard, suivit un pasticcio, Orestes, où il faisait également place à la Salle et à ses danses expressives. Enfin, il mêla intimement la danse et les chœurs à l'action dramatique dans deux chefsd'œuvre de poésie et de belle construction musicale : Ariodante (8 janvier 1735), et surtout A/c/7z« (16 avril 1735).
La malechance s'acharnait contre lui. De grossières manifestations nationalistes forcèrent la Salle et les danseurs français à quitter Londres ^ Haendel dut renoncer à l'opéra-ballet. A partir de ce moment, s'il continue de lutter au théâtre, c'est mû par la seule volonté orgueilleuse de ne pas se déclarer vaincu, y^u début de son entreprise théâtrale, il avait un fonds d'économies s'élevant, dit-on, à dix mille livres. Elles étaient absorbées ; et déjà il était en déficit de dix mille autres livres. Ses amis ne comprenaient rien à son obstination, qui n'aboutissait qu'à le ruiner.
I. La Salle revint à Paris, où elle fit sa rentrée à l'Académie de Musique dès le mois d'août 1735, dans les Indes galantes de Rameau. Il est assez remarquable que telle page de cette œuvre, comme la superbe chaconue de la fin, ait un caractère si hsendelien.
LA VIE ,i3
« Mais, dit Ihnvkins, il était homme d'un esprit intrépide, en rien l'esclave de son intérêt ; il s'enfonça plus avant dans la lutte, plutôt que de s'incliner devant ceux qu'il regardait comme infiniment au-dessous de lui. » Il ne pouvait plus être vainqueur ; au moins voulait-il casser les reins à ses adversaires. Et il les tua ; mais peu s'en fallut qu'il ne se tuât, du même coup.
Il persista donc à écrire des opéras ', dont la série se prolongea jusqu'en 1741, accusant d'œuvre en œuvre une tendance plus marquée vers l'opéra-comique et le style de romances ^, cher à la seconde moitié du xviii^ siècle. — Mais on sent bien que, pour lui, depuis 1735, le vrai drame musical était l'oratorio. Il y revint victorieusement avec la Fête cV Alexandre^ qui fut composée sur VOde à sainte Cécile de Dryden %
I. Atalanta (12 mai 1736), Arminio (la janvier 1737), Giiislino (16 février 1737), Bérénice (18 mai 1737), Faramondo (7 janvier 1738), Serse (i5 avril 1738), Iineneo (22 novembre 1740), Deidamia (10 janvier 1741)-