‹ HaendelChapitre 49 sur 64 · I. Cesl un manuscrit de 11 pages, dont l'écriture semble · texte numérisé non relu

I. Cesl un manuscrit de 11 pages, dont l'écriture semble

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lient àWlmira (1705). Naturellement, Haendel a élargi, affiné, et surtout groupé autrement les morceaux dans son édition de 1720 ; l'intérêt du Jugendbucli est justement de nous montrer les premières esquisses des œuvres, et comment Haendel les a perfectionnées. A côté de ces pages plus anciennes, il en est d'autres plus récentes, composées soit en Italie, soit en Angleterre '. On peut suivre, au travers, la trace des influences les plus diverses. MM. Seiflfert et Fleischer en ont noté quelques-unes- : influences allemandes, françaises, italiennes \ En

d'environ T710, mais qui est certainement une copie d'reuvres plus anciennes. Chrysander l'a publié dans le t. XLVIII de sa grande édition. Il est probable que Hasndel avait donné à un ami anglais un choix de ses compositions de première jeunesse. Elles se répandirent de main eu main et furent même publiées frauduleusement, comme le dit la préface de Hœndel à l'édition de 1720 : « J'ai été amené à publier quelques-uns des morceaux suivants, parce qu'il en circule subrepticement à l étranger des exemplaires fautifs. » — De ce nombre sont par exemple la ti'oisième Suite, la sarabande de la septième Suite, etc.

1. On a dit que Haendel avait écrit ces dernières pour la princesse Anna, dont il fut le maître de clavecin ; mais Chrysander a fait observer que la princesse n'avait alors que onze ans. Il est probable que ces œuvres furent écrites pour le duc de Chandos ou pour Burlington. — C'est dans le second recueil des pièces de clavier que l'on trouvera plutôt des morceau.x faciles, écrits pour les princesses.

2. Dans leur réédition de la Geschichte der Klaviermusik de Weitzmann (1899), dont le chapitre consacré à Hœndel est le plus substantiel qui ait été écrit sur sa musique de clavier.

3. Influences de Krieger et de Kuhnau, surtout au temps de Halle. (Voir t. XLYIII, p. 146, 149)- Influences françaises.

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Angleterre même, ce sont tantôt les éléments italiens, tantôt les allemands qui prédominent*. L'ordre des danses varie avec chaque suite; et aussi, le point central, le noyau de l'œuvre. Les morceaux d'introduction sont tantôt des préludes, tantôt des fugues, des ouvertures, etc. Les danses et les airs sont tantôt apparentés entre eux, tantôt indépendants. Et pourtant, l'impression dominante de cette œuvre si variée, c'est l'unité souveraine. La personnalité de Hsendel tient assemblés et fondus les éléments les plus divers : « polyphonie et plénitude d'harmonie allemande, homophonie italienne et technique de Scarlatti, rythmique et ornementation française.- » Par là, l'œuvre s'imposa à son

au temps de Hambourg (p. i66, 170). Influences de Pasquini (p. 162) et de Scarlatti (p. 148, iSa), au temps du voyage en Italie. L'influence de Kuhnau est très sensible. Hœndel a eu, toute sa vie, la mémoire meublée de cette musique, et en particulier du KlavieT-Ûbung de 1689-1692 et des Frisclien Klavier-Frûchte de 1696, qui étaient alors très célèbres, et partout répandus par de nombreuses éditions. Même limpidité du style, même sobriété nette des lignes. Les sarabandes surtout sont déjà toutes hœndeliennes, chez Kuhnau. De même, certains préludes, certaines gigues, et les airs, un peu populaires.

1. Pour l'influence allemande, voir les Suites i, 4» 5, 8 (quatre morceaux de danse, précédés d'une introduction), l'our l'italienne, voir les Suites 1, 3, 6, 7 (dont la forme se rattache à )a Sonata da caméra).

2. M. SeifTert ajoute qu'aucun de ces éléments ne prédomine. Je serais plutôt de l'avis de Chrysander, qui remarque dans ce style de trois nations mêlées une tendance prédominante au style italien, comme chez J.-S. Bach au style français.

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époque. Avant elle, il y avait eu des recueils pour clavier plus originaux peut-être ; mais leur inspiration était presque toujours circonscrite par les limites de leur art national. Haendel fut le premier des grands classiques allemands du xviii" siècle, qui firent pour la musique ce que nos écrivains et nos penseurs français du xvii^ et du xviii" siècles ont fait pour la littérature : il a écrit pour tous, et son premier recueil fut, dès le jour de sa publication, ce qu'il est resté, depuis : une œuvre classique européenne.

Les recueils suivants sont moins intéressants, pour les raisons qu'on a dites. Le second recueil, publié en ij33 par Walsh, à l'insu de Hœndel, et d'une façon très fautive, présente de petites suites qui se trouvent dans le Jiigendbuch, ou qui remontent au temps de Hambourg et de Halle'. Il y manque l'encadrement, oii Haendel

I. On y trouve des cycles de variations sur des menuets, sur des gavottes, surtout sur des chaconnes, et beaucoup de formes italiennes. La gigue de la sixième Suite (en sol mineur) vient d'un air à'Alniira (i7o5). — On notera aussi la huiti .nie Suite, en sol majeur^ qui est en style français, — (surtout la gavotte en rondeau, avec cinq variations).

Il faut joindre à ce second recueil, le troisième, comprenant des œuvres d'époques très différentes : Fantasia, Capriccio, Preludio e Allegro, Sonata, publiées à Amsterdam en 1732, et datant de sa jeunesse (la seconde* Suite s'inspire d une allemande de Mattheson) : — Lessons composed for the Princess Louisa (alors âgée de douze à treize ans), vers 1786 ; — Capriccio en sol mineur, qui est du même temps ; — et Sonate en ut majeur, vers 1730.

Iiuna. jijoutez à ces recueils diverses œuvres pour clavier

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les eût certainement enchâssées : les préludes et les fugues.

Cet encadrement était tout prêt; et Heendel, frustré par son éditeur, dut se résigner à lui faire publier ensuite, comme appendice au précédent ouvrage, Six Fugues of Voluntarys forihe organ or harpsicord, ijSo, op. 3. Ces fugues dataient du temps où Hœndel était à Canons, avant 1720; la seconde, en sol majeur, était même des premiers temps de son séjour en Angleterre. Elles avaient été tout de suite célèbres, et s'étaient répandues en manuscrit, jusqu'en Allemagne'. Hœndel s'était formé dans la fugue, d'après Kuhnau et surtout d'après Johann Krieger - ; comme eux, il donne à ses fugues un caractère essentiellement mélodique : elles sont si bien faites pour être chantées que deux d'entre elles, comme nous l'avons dit, ont servi à deux chœurs de la première partie à' IsraëP. Mais les compositions de Haendel possèdent

publiées dans le t. XLYIII de la grande édition, sous le titre : Klaviermusik und Cembalo Bearheitungen. On y remarque un choix des meilleurs arrangements de symphonies et d'airs d'opéras de Hœndel par Babell (vers 1713 ou 1714)-

1. Mattheson, en 1722, cite la fugue 4 en mi mineur, comme toute récente.

2. Hsendel le dit lui-même à son ami Bernard Granville, en lui donnant l'ouvrage de Krieger : Anmuthige Clavier Uebung, paru en 1699.

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