La fugue en sol mineur a formé le chœur : Er schlus
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une bien autre vie que celles de ses précurseurs allemands ; elles ont une intrépidité d'allure, une fougue, une flamme qui n'appartiennent qu'à lui. Elles vivent. « Toutes les notes parlent»^ disait Mattheson. Ces fugues ont le caractère de géniales improvisations ; et en vérité, elles étaient des improvisations. Haendel les nomme : Volunlarys, caprices volontaires et savants. Il fait un fréquent usage des doubles fugues, mais avec une désinvolture magistrale. « Un tel art réjouit l'auditeur et tient chaud au compositeur et à r exécutant », disait encore Mattheson, qui, après avoir entendu J. -S. Bach, trouvait Haendel le plus grand dans la composition de la double fugue et dans l'improvisation.
Cette habitude — on pourrait dire : ce besoin — d'improviser fut la source de ses grands Concertos d'orgue. Haendel dirigeait, au clavecin, suivant la mode du temps, ses opéras et ses oratorios ; il accompagnait les chanteurs avec un art merveilleux, se pliant à leur fantaisie, et, quand le chant se taisait, se livrant à la sienne \
aile Erstgehurt /Egyptens, et la fugue en la mineur, le chœur : Mit Ekel erfûllte der Trank. Une autre (la quatrième) avait servi pour l'ouverture de la Passion de Broches.
I. Les indications : ad libitum, ou cembalo, qu'en trouve de temps en temps dans ses partitions, marquent la place réservée à l'improvisation.
Malgré la force corporelle de Htendel, son jeu était extrêmement doux et égal. Burney dit que « quand il jouait, ses
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Do ces interludes sur le clavecin dans les opéras, il passa aux fantaisies ou caprices sur l'orgue, dans les entr'actes des oratorios ; et le succès fut si grand que dès lors il n'abandonna jamais cette coutume. On peut dire que le public qui venait aux auditions des oratorios était beaucoup plus attiré par les improvisations de Haendelsur l'orgue que par les oratorios mêmes. Deux recueils de concertos d'orgue furent publiés, du vivant de Haendel, en 1788 et e)i 1740 : le troisième, peu après sa mort, en 1760 *.
doigts étaient si i-ecoiu-hcs et collés ensemble qu'on ne pouvait remarquer aucun mouvement de la main, et même à peine des doigts. » M. SeifTert croit que « sa technique, qui réalise les desiderata de Rameau, nécessitait certainement remploi systématique du pouce, au sens moderne », elqu' « on peut chercher un rapport entre l'arrivée de Hœndel en Angleterre, et le doigté italien, qui bientôt s établit partout ».
I, Un quatrième fut publié par Arnold en 1797 ; mais une partie des œuvres qu il contient ne sont pas originales. — Hœndel ne fut pour rien dans la publication du second recueil.
Le t. XXYIII de la grande édition comprend les 6 concertos du premier recueil, op. 4 (lyjS) et les 6 du troisième recueil, op. 7 (1760). — Le t. XLVIII comprend les concertos du second recueil (1740), un essai de concerto pour deux orgues avec orchestre, et deux concertos du quatrième recueil
Beaucoup de concertos sont datés. La plupart ont été écrits entre 1735 et l'jii ', et plusieurs, pour des occasions spéciales : le sixième du premier recueil pour un entracte de la Fête d'Alexandre ; le quatrième du premier recueil, peu avant Alcina ; le troisième du troisième recueil pour le Foundling Hospital. Le concerto en si bémol (n" 3) était.
Il importe, pour les juger, de se rappeler leur destination de lliéàlre. Il serait absurde d'attendre de ces œuvres le style sévère, rigoureux^ et serré de J.-S. Bach. Ce sont de brillants divertissements, dont la facilité un peu vide, mais lumineuse et fastueuse, garde le caractère d'improvisations oratoires, visant à l'effet immédiat sur une erande foule. « Hasiidel débutait d'ordinaire, dit Hawkins, par un libre prélude long el solennel, dont Uharmonie était d'un tissu épais, et aussi pleine que possible, V ensemble, parfaitement compréhensible, gardait toujours V aspect d'une grande simplicité. Puis venait le concerto, qu'il exécutait avec un esprit, une sûreté, un feu, que personne na jamais pu égaler. Son étonnante puissance sur l'instrument, la grandeur et la dignité de son style, la plénitude d'harmonie de l'orchestre, contrastant avec les éloquents soli de l'orgue, prolongeant les cadences, et maintenant l'oreille dans une agréable attente, avaient un effet merveilleux... A l'instant oii Hsendel se disposait à toucher V orgue, le silence se faisait, si profond que l'on retenait son souffle et que la vie semblait suspendue. »
Même au plus fort de la cabale s'acharnant contre Haendel, le Grubstreet Journal publiait
dans la pensée du public anglais, associé à Esthcv : car le mer.uet était appelé menuet d'Eslher.
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une poésie enthousiaste sur les concerts d'orgue de Heendel^ :
(f O vents, doucement^ doucement agitez vos ailes d'or dans les branches ! Que tout soit silencieux., faites taire même le chuchotement du zéphyr. Sources de la vie, suspendez votre cours... Ecoutez, écoutez Hasndel l'incomparable qui joue!... Oh! voyez, quand lui, le puissant homme, fait retentir les forces de r orgue... La joie rassemble ses cohortes, la rancune est apaisée... Sa main, comme celle du Créateur, conduit son œuvre auguste, avec ordre et grandeur et raison... Silence, bousilleurs dans l'art! Il ne sert à rien, ici, d'avoir la faveur des lords. Ici Hsendel est roi. »
Il faut donc voir dans ces concertos d'orgue, au sens propre, de magnifiques « concerts » pour de grands publics populaires ^ Grandes ombres, grandes lumières, forts et joyeux contrastes, tout est conçu en vue de FefFet monumental. L'orchestre comprend d'ordinaire deux
1. Le 8 mai 1735. C'était l'année même où Hsendel écrivait et exécutait les premiers concertos du premier recueil.
2. Hawkins dit encore : « Dans ce temps où la musique était moins répandue tju aujourd'hui, nombre de personnes avouaient naïvement qu'elles n'y connaissaient rien; elles disaient : 0 Je n'ai pas Voreille faite pour la musique. » Or, ces gens non seulement étaient plongés dans le silence et l'enchantement par le jeu de Hsendel: mais ils étaient d'habitude les plus bruyants à l'applaudir. »
hautbois, deux violons, viole, et basses (violoncelles, bassons et cembalo), parfois deux flûtes, des contrebasses, une harpe ^ Les concertos sont en trois ou quatre mouvements, qui s'enchaînent d'habitude, deux par deux. En général, ils débutent par un Poinposo ou un Staccato^ dans le style de l'ouverture française^; souvent, un allegro du même style y fait suite. Pour finir, un allegro moderato^ ou un aiidante assez animé, quelquefois des danses, h' adagio du milieu manque souvent, et est laissé à l'improvisation de l'orgue. La forme a quelque parenté avec celle de la sonate en trois mouvements : allegro, adagio y allegro, précédée d'une introduction-ouverture. Les premiers morceaux des deux premiers (concertos publiés dans le tome XLVIII de la grande édition (second recueil) sont dans un style pittoresque et descriptif. Le long concerto en fa majeur, du même recueil, a des allures de musique de fête, presque de musique de plein air. Enfin, il faut noter le bel essai, malheureusement non poursuivi, de con-
1. Dans le dixième concerto, il y a deux violoncelles et deux bassons. De même, dans le concerto pour deux orgues. Dans le long concerto en fa majeur (t. XLYIII), on trouve deux cors.
2. Parfois le nom s'y trouve marqué : ainsi pour le huitième concerto du t. XXYIII, et pour le concerto en fa majeui- du t. XLYIII.
igo ll.îlNDEL
certo pour deux orgues \ — et celui plus étonnant encore d'un concerto pour orgue, terminé par un chœur", — ■ ouvrant ainsi la voie au Beethoven de la Neuvième Symphonie^ et à ses épigones : l^erlioz, Liszt et Mahler.
La musique de chambre de Haendel fait preuve de la même maturité précoce que sa musique de clavier.
Six sonates en trios pour deux hautbois et harpsicorde'^ semblent dater d'environ 1696, quand il avait onze ans, et qu'il était encore à Halle, où il écrivait « comme au diable^ à'\S2i\X-\\^ su/tout pour le hautbois, son instrument préféré y*. — Elles sont en quatre mouvements : adagio^ allegro, adagio, allegro. Les morceaux lents sont souvent très courts, et le second d'entre eux sert parfois de simple transition.
Une Sonata pour viola da gamba et cembalo con-