‹ HaendelChapitre 58 sur 64 · I. Voici quelques dates · texte numérisé non relu

I. Voici quelques dates

29 septembre 1739, Concerto I en sol majeur ; — 4 octobre, Concerto II en fa majeur ; — 6 octobre, Concerto III en mi mineur; — 8 octobre, Concerto IV en la mineur: — 12 octobre, Concerto VII en si p majeur; — i5 octobre, Concerto VI en sol mineur ; — 18 octobre, Concerto VIII en ut mineur: — 20 octobre, Concerto XII en si mineur; — 22 octobre. Concerto X en ré mineur ; — 3o octobre, Concerto XI en la majeur (t. XXX de la grande édition).

Certes, elles ne sont pas toutes d'égale valeur; le fait même qu'elles sont sorties de l'inspiration d'un moment est cause de leur extrême inégalité. Il faut bien reconnaître que le 7" Concerto par exemple [en si \^ majeur), et les trois derniers, sont d'un intérêt médiocre ^ Ce ne sont pas d'ailleurs ceux c(u'on joue le moins. Mais si l'on veut être juste, il faut aller droit aux chefs-d'œuvre, et avant tout, au second Concerto en fa majeur^ que je nommerai le Concerto Beethovenien : car on y trouve un peu de l'âme du maître de Bonn. Pour M. Kretzschmar, l'ensemble évoque une belle journée d'automne, — le matin, où le soleil lutte encore contre quelques nuages, — l'après-midi, la joyeuse promenade, le repos dans la forêt, — enfin le retour heureux et attendri. Il est difficile, en effet, de ne pas avoir, en l'écoutant, des impressions de nature. Le premier andante larghetto, qui fait songer par moments à la Symphonie Pastorale, est la rêverie d'un beaujour ; l'âme se laisse bercer par les murmures des choses, s'engourdit, et s'endort. La tonalité flotte de fa majeur à si \^ majeur

I. On y sent des influences françaises, particulièrement dans le dixième Concerto en ré mineur, qui a une Ouverture (grave à 4 temps, et fugué à 6/8), et dont l'ensemble garde un caractère abstrait et saccadé. Le dernier des six morceaux un allegro moderato à variations, assez joli, semble un air pour boîte à musique.

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et à sol mineur. Pour bien rendre ce morceau, il faut prendre tout son temps, ralentir souvent, suivre sans hâte la rêverie en son mol abandon. Andante larghetto ^

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L'ŒUVRE .an

Uallegro en ré mineur qui suit, est un jeu allègre et fin, un dialogue bondissant entre les deux violons soli du Concertiiio, puis entre le Coiicertiiio e\.\e Grosso. Là encore, certains passages des basses, robustes et rustiques, rappellent la Pastorale.

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Le troisième morceau, un largo en si [? majeur, est une des pages instrumentales où Haendel a mis le plus de lui-même. Après sept mesures de

largo^ dans lesquelles le Coucertino alterne rêveusement avec le tutti.

Largo

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deux mesures aâ?«g^/o, langoureusement élargies,

font tomber cette rêverie dans une sorte d'extase.

Adagio

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Puis, un larghetto anclante e piano égrène un chant mélancolique et tendre.

Larghetto andante ^

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Et le largo reprend. Il y a dans ce petit poème une mélancolie qui semble faire revivre des souvenirs personnels. — h' allegro ma non troppo qui termine, est au contraire d'une bonhomie joviale, toute beethovenienne encore ; il semble être chanté, comme en marchant, sur un rythme pizzicato en 3/4 très marqué.

Allegro ma non troppo

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Au milieu de cette marche, s'élève une phrase des deux violons du Concerlino qui est comme un hymne de gratitude pieuse et tendre.

H.ENDEL

Le quatrième Goncerlo en Ui mineur n'est pas beaucoup moins intime, avec son larghetto affetluoso^ qui doit être joué avec des nihato, des rallentando^ des demi-pauses, — son allegro fugué, qui tranche et écrase tout sous sa marche puissante, — et, après un la/go d'une gravité' archaïque, Vallcgro 3/4 qui termine, véritable dernier morceau de sonate beethovenienne, romantique, capricieux, emporté, et de plus en plus vers la fin qu'il faut jouer dans un mouvement très libre, accelei'ando, Y^vesc^ue prestissimo, enivré'.

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