I. Voyez encore le troisième Concerto en mi mineur, si
Allegro
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Mais on doit lire surtout le sixième Concerto en sol mineur, le plus célèbre de tous, à cause de sa magnifique musette. Il débute par un beau larghetto, plein de cette mélancolie, qui est un des sentiments dominants de Hsendel, et des moins remarqués : Mélancolie, au sens de la Malincoiiia de Diirer ou de Beethoven, —
vivant, avec son larghetto 3/2 mélancolique et serein, son andante 12/8 fugué, au thème compliqué, au dessin tourmenté, qui donne l'impression du labyrinthe de l'âme capricieuse et sombre, son allegro à quatre temps, d'un humour un peu bouffon, sa pittoresque Polonaise sur une pédale bourdonnante, et son allegro ma non troppo final en 6/8, dont le rythme et les modulations imprévues font penser à certaines danses des derniers quatuors de Beethoven.
Le cinquième Concerto en ré majeur peut être appelé le Concerto de sainte Cécile : car trois des six morceaux (les deux premiers et le beau menuet final) se retrouvent dans l'ouverture de la petite Ode h sainte Cécile.
H.ENDEL
moins trouble, mais aussi profonde. Nous l'avons déjà rencontrée dans le second, dans le troisième, dans le quatrième Concerto. Ici, elle s'exprime en un monologue élégiaque, que coupent des points d'orgue,
Largo affettuoso
puis en des dialogues du Concertino et du iuLii, se répondant comme des groupes de chœurs antiques. \S Allegro ma non troppo, fugué, qui suit, sur un thème chromatique et tourmenté, est dans la même couleur sombre ; mais la marche volontaire de la fugue discipline les ombres fantasques.
Allegro ma non troppo
vif
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fef^^^
Et c'est alors ce larghetto 3/4 en mi [7 majeur, que Hcendel appelait Musette, et qui est une des plus lumineuses visions de bonheur pastoral*. Toute une journée aux épisodes poétiques et capricieux se déroule sans hâte sur le beau refrain bourdonnant :
I. M. Arnold Schering croit que l'idée de cette musette a été donnée à Hœndel par une ritournelle de la 5. Elena al Calvario de Leonardo Léo.
H.^NDEL Larghetto
inf
Tantôt le mouvement se ralentit, s'endort presque ; tantôt il devient pressant ; et c'est un fort et joyeux rythme, la marche en dansant de robustes jeunes hommes au beau corps.
Au milieu de cette peinture, s'introduit un épisode en ut mineur, agreste et bondissant.
Un poco più allegro
HiT.NDEL
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Puis le large motif du début reprend, avec son refrain de joie sereine, sourire de la nature ^
De telles œuvres sont bien des peintures en musique. Pour les comprendre, il ne suffit pas de bonnes oreilles, il faut des yeux pour voir, et un cœur pour sentir'.
1. Les deux derniers allegrl Unissent un peu brusquement l'œuvre. L'ordre des morceaux étonne souvent cliez Hœndel. C'est qu'il suit son caprice du moment.
2. Nous ne pouvons insister ici sur l'analyse des autres recueils de Concertos d'orchestre. Je me contente de les énumérer :
Les 6 Concerti grossi con due vnolini e violonceUo di concertino ohligati e due altri violini viola e basso di concerto grosso, op. 3, connus sous le nom de Concertos de hautbois, bien que le hautbois n'y joue pas un rôle prépondérant, ont paru en 1734, et semblent avoir été exécutés d'abord aux noces du prince d'Orange avec la princesse Anna, en 1733. Mais, comme nous l'avons dit, leur composition est antéi'ieure : car non seulement on trouve dans le troisième et le cinquième des répliques de fugues des Clavierstiicke, mais le quatrième servit en 1716 de deuxième ouverture à Amadigi, et le premier morceau du cinquième fut joué, en 1722, dans l'opéra Ottone. La forme de ces Concertos, encore moins fixe que celle des Concerti grossi précédents, oscille de deux à cinq morceaux ; et leur orchestration comprend, avec les cordes, 2 hautbois auxquels viennent s'ajouter parfois a flûtes, 2 bassons, l'orgue et le clavecin. Ce n'est que par exception que le hautbois a rôle de soliste; le plus souvent, il ne sert qu'à renforcer les violons.
A ce recueil, il faut ajouter un certain nombre d'autres concertos d'orchestre, parus à des époques diflerentes, et réunis dans le même volume des œuvres complètes (t. XXI) ; — avant tout, le célèbre concerto de la Fête d'Alexandre, écrit en janvier 1736, dont le style participe à la carrure massive de l'oratorio, — et quatre petits concertos, dont deux
Les Siitfonie (ouvertures) d'opéras et d'oratorios de Haendel sont extrêmement variées, bien que la forme luUyste y prédomine*. Cette forme consiste, comme on sait, en un premier mouvement lent, grave, pompeux, suivi d'un second mouvement rapide, saccadé, et d'ordinaire fugué, avec retour du premier mouvement grave pour finir. Elle apparaît dès VAlniira de lyoS; et Hsendel, qui l'emploie, avec quelques variantes, dans ses plus célèbres œuvres de la maturité, comme le Messie et Judas Macchabée^ y a encore recours dans son dernier ouvrage, le Triumph ofTime de 1757. Mais il ne s'astreint pas à cette forme unique. h-àSinfonia de Rodrigo (1707) ajoute à l'ouverture lullyste un BalletLo à l'italienne, véritable Suite de danses : gigue, sarabande, «/?2«^eZo^ », menuet, bourrée, menuet, grande passacaille. L'ouverture du Trionfo del Tempo de 1708 est un brillant concert où le Concertino et le Grosso dialoguent de la façon
ont cet intérêt d'être des œuvres de jeunesse, — de 1703 à 1710, suivant Chrysander.
1. Ces ouvertures de Hœndel étaient si goûtées que l'éditeur Walsh en fit un recueil pour clavier (65 ouvertures). — On trouvera un beau spécimen de ces transcriptions dans le tome XLVIII de la grande édition.
la plus vive et la plus gracieuse. L'ouverture du Pasior fido (17 12) est une Suite en huit parties. Celle de Teseo (1713) comprend deux largos suivis chacun d'un badinage en style d'imitation. Celle de la Passion iiacli Broches (1716) consiste en un seul allegro fugué ^, qui s'enchaîne au premier chœur par l'intermédiaire d'un solo déclamé du hautbois'. L'ouverture à'Acis et Galatée (1720) est aussi en un seul morceau. L'ouverture dé ^iulio Cesare (1724) s'enchaîne au premier chœur, qui en forme le troisième morceau, le menuet. L'ouverture à^Atalanta (1736), d'une allégresse admirable, semble une suite instrumentale de fête, comme la Fifeworkmusic, dont je parlerai plus loin. L'ouverture de Saiil (1738) est un vrai concerto pour orgue et orchestre ; et la forme sonate s'annonce dans le premier mouvement. — 11 y a donc effort très marqué chez Haendel, surtout dans sa jeunesse, pour varier, d'une œuvre à l'autre, les formes de l'ouverture.
Même lorsqu'il emploie le type de l'ouverture lullyste — (et il semble s'y décider de plus en plus, dans sa maturité), — il la transforme par l'esprit. Il ne lui laisse pas son carac-