‹ HaendelChapitre 63 sur 64 · I. Tome XLYIII des œuvres complètes · texte numérisé non relu

I. Tome XLYIII des œuvres complètes

■1. Voir plus haut, p. 86. — L'œuvre fut de bonne heure célèbre. Lue première impression, très incorrecte et incomplète, parut vers 1720, à Londres, chez NValsh. On en fit aussi des réductions pour harpsicorde, avec variations par Geminiani. — La Wcitermusic, comme la Fire^i'or/; Miisic, est publiée dans le tome XLVII de la grande édition.

3. On peut rattacher à ces musiques monumentale» les Sinfonie diverse (p, 140-143 du vol. XLVIII) et le Concerto en fa majeur, en forme d'ouverture et de suite (p. 68-100, ibid.), — • mais surtout les 3 Concerti fur grosses Orchester et les 2 Concerli a due cori du vol. XLVII [Instrunieatalmusik fur grosses Orchester). — Les Concerti fiir grosses Orchester ont été, pour ainsi dire, les cahiers d'esquisses delà Water Music et de la Firework Music. Le premier Concerto date d'environ 1713, et a fourni deu.x. mouvements à la' IVater Music : il est écrit pour 2 cors, 2 hautbois, basson, deux violons, violes, basses. Le second Concerto, en fa majeur (pour 4 cors, 2 hautbois, bassons, 2 violons, viole, violoncelle, contrebasses et orgue), et le troisième Concerto en ré majeur (pour

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La Water Music est une grande sérénade en forme de Suite, comprenant plus de vingt morceaux. Elle débute par une ouverture pompeuse d'opéra ; puis commencent des dialogues en échos des cors et des trompettes, ou des cuivres et du reste de l'orchestre, qui font comme deux orchestres qui se répondent. Viennent ensuite des chants insouciants et confortables, des danses, une bourrée, une Hompipe^ des menuets, des airs populaires, qui alternent et contrastent avec les fanfares joyeuses et puissantes. L'orchestre est à peu près le même que celui d'une Sinfonia habituelle, à part l'importance considérable qu'y prennent les cuivres ; on trouve encore dans cette œuvre quelques morceaux écrits en style da caméra ou en style de théâtre.

Avec la Firewo/'k Music, le caractère de musique de plein air s'afiirme nettement, tant par le style large des morceaux que par l'instrumentation qui ne comprend que des instruments

2 trompettes, 4 coi's, timbales. i hautbois, bassons, 2 violons, violes, violoncelle, orgue); contiennent déjà presque toute la Firework Music, avec un orchestre moins important, mais avec l'orgue en plus.

Les deux Concerti a due cori sont faits avec de grands chœurs d'oratorios, transcrits pour double orchestre (dix parties d'orchestre pour le premier groupe, douze pour le second, 4 cors, 8 hautbois, bassons, etc.). Ainsi, l'apparition de Dieu dans Esther : « Jehovah, crownd », et le chœur qui s'enchaîne : « He cornes ». Il y a là des dialogues colossaux entre les deux orchestres.

à vent*. La composition se divise en Jeux parties : une ouverture, qui devait être jouée avant le grand l'eu d'artifice, et une suite de petits morceaux qui étaient joués pendant la fête, et qui correspondaient à certains jeux d'artifice allégoriques. L'ouverture est une sorte de marciie pompeuse, en ré niajeiw, qui n'est pas sans analogies avec l'ouverture du Ritterballet de Beethoven, et qui, comme elle, est joyeuse, chevaleresque et sonne bien. Les petits morceaux comprennent une bourrée, un largo alla Siciliana, intitulé la Paix-, d'une belle grâce héroïque, qui se berce et s'endort; un allegro très gai, intitulé la Réjouissance ; et deux menuets, pour finir. — C'est là une œuvre curieuse à étudier pour nos organisateurs de fêtes populaires et de spectacles en plein air*. Si l'on

I. Le manuscrit autographe, publié dans le tome XLYII de la grande édition, comprend : 2 parties de trompettes, à 3 trompettes par partie : soit 6 trompettes; 3 prinzipali (ti'ompettes protbndes) ; 3 timbales: 3 parties de cors, à 3 par partie : soit 9 cors; 3 parties de liautbois, à 12 pour la première partie, 8 pour la deuxième, \ pour la troisième : soit 24 hautbois ; 2 parties de bassons, à 8 pour la première et 4 pour la seconde : soit 12 bassons. Au total : 70 instruments à veut. — Il y eu eut 100, pour 1 e.xécution du 27 avril 1749-

Plus tard, Hœndel reprit Iceuvre pour des concerts, en y ajoutant un orchestre à cordes.

■1. Ecrit pour 9 cors en 3 parties, 2 ( hautbois on 1 parties, wt 12 bas-sous.

3. Il ne serait pas diflicile d'\- joindre d autres œuvres analogues de Handci t t de Beethoven. Car il e.\iste déjà un beau

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remarque qu'après 1740, Hsendel n'a guère écrit, en fait de musique instrumentale, que la Fireworix Music et les deux Concerti monumentaux a due cori^ on aura le sentiment que la dernière évolution de sa pensée et de son style instrumental Tamenait à une musique conçue par grandes masses, pour de vastes espaces et de vastes publics.

Il y avait toujours eu en lui une veine populaire. Je rappelais toul à l'heure les inspirations populaires dont sa mémoire était remplie, et qui vivifient ses oratorios. Son art, qui se renouvelait perpétuellement à ces sources rustiques, eut, de son temps, une popularité étonnante ; certains airs d'Ottoiie^ de Scipione^ d'Arictniia, de Bérénice^ et de tels autres opéras, étaient répandus et vulgarisés non seulement dans tout le pays anglais', mais à l'étranger, et même

l'épertoire de musique classique populaire, pour des lèles en plein air. Mais jusqu'ici, personne n'y a pris garde.

I. L'air de la gavotte de 1 ouverture d'Oliunc fut joué dans toute l'Angleterre €t sur tous les instruments, « depuis l'orgue jusqu'à la boete au sel des bateleurs ». On le retrouve encore, à la fin du xvm*^ siècle, comme air dune chanson-vaudeville française. (Yoir l'Anthologie française ou Chansons choisies, éditées par Monnet, en 176J, t. I. p. 286). — La marche de Scipione, comme celle Aelîinaldo, servit pendant un demisiècle pour la parade de la garde royale. Les menuets des ouvertures d'Arianna et de Bérénice restèrent longtemps populaires. On voit dans les romans anglais du temps, et notamment dans le Toui Jones de Ficlding. à quel point la musique de Hœndel était répandue dans les campagnes

en France, si réfractaire aux influences du dehors *.

Mais ce n'est pas seulement de cette popularité un peu banale que je veux parler, quoiqu'elle ne soit pas à négliger : — car il n'y a qu'un sot orgueil et un cœur rétréci qui dénient toute valeur d'art à l'art qui plaît aux humbles ; — ce que j'entends surtout par le caractère populaire de la musique de Haendel, c'est qu'elle est vraiment conçue pour tout un peuple, et non pour une élite de dilettantes, comme l'opéra

anglaises, jusque chez des hobei-eaux aussi fermés à toute compréhension artistique que le légendaire squire \Vestern.

I. M. Paul-Marie Masson m'a signalé, dès la date de 1716, daus un Recueil d'airs sérieux et à boire (Bibl. Nat. Vm'' 549), une Aria del Signor Inden [sic], « air ajouté au ballet de y Europe Galante ». — Les Meslanges de musique latine, française et italienne, de Ballavd, en 1728, contiennent, parmi les airs italiens, 2 Arie del signor Endel (p. 61). — Tous les airs de la Chasse du cerf de Séré de Rieux, en 1734. sont des airs de Hœndel adaptés à des paroles françaises. — Un article de Michel Brenet : La librairie musicale en France de i653 à 1790, d'après les registres de privilèges [Sammelbande de 1'/. M. G. 1907) signale une série d'éditions françaises de Hiendel aux dates de 1736, 1739, 1749. i/^i, 1765. En 1736 et eu 1743, on donna au Concert Spirituel quelques-uns de ses airs et de ses Concerti grossi. (Brenet : Les Concerts en France sous l'ancien régime, 1900.) Une quantité de ses airs furent arrangés pour llùte, par Blavet, dans ses trois Recueils de pièces, petits airs, brunettes, menuets, etc., accomodés pour les flûtes traversières, violons, etc., parus entre 1740 et 1730. — Htundel était assez populaire à Paris pour qu'on y vendît son portrait, en 1739. (Voir une annonce de marchand publiée par le Mercure de France, juin 1739, t. II, p. i384)

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français entre Lully et Gluck. Sans jamais se départir d'une forme souverainement belle, qui ne fait nulle concession à la foule, elle traduit, en un langage immédiatement accessible à tous, des sentiments que tous peuvent partager.

Ce génial improvisateur, astreint pendant toute une vie, — un demi-siècle de création, — à parler du haut de la scène à de grands publics mêlés, dont il fallait être sur-le-champ compris, était comme ces orateurs antiques, qui avaient le culte de la forme et l'instinct de Teffet immédiat et vivant. Notre époque a perdu le sens de ce type d'art et d'hommes : de purs artistes qui parlent au peuple et pour le peuple, non pour eux seuls et pour quelques confrères. Aujourd'hui, les purs artistes s'enferment chez eux; et ceux qui parlent au opuple sont le plus souvent des bateleurs. |La libre Angleterre du XVIII* siècle était, danis une certaine mesure, parente de la République romaine; et l'éloquence d'un Hsendel n'est pas sans rapports avec celle des orateurs épiques, qui faisaient retentir de leurs périodes savantes et passionnées le Forum où s'écrasait la plèbe flâneuse et frémissante. Cette éloquence sut même, à l'occasion, se mêler à l'âme de la nation, comme aux jours de l'invasion jacobite, où Judas Macchabée incarna la patrie. Dès les premières

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exécutions à' Israël, certains des auditeurs avaient célébré la vertu héroïque de cette musique, qui peut soulever des peuples et mener les armées à la victoireT?

Par cette puissance daction populaire, comme par tant d'autres aspects de son génie, Haendel est de la robuste lignée de Cavalli et de Gluck. Mais il les dépasse. Seul, Beethoven a marché dans ses larges traces, et poursuivi la route qu'il avait ouverte.

CATALOGUE DES ŒUVRES DE H.EiNDEL

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