LE VÉNÉRABLE JEAN DE HECQUE
par l'atrocité de ses exploits. La plupart des religieux s'étaient réfugiés dans les combles de l'église. Aussi les calvinistes mirent-ils le feu à l'escalier qui y conduisait, ainsi qu'au dortoir. Aucun de ces religieux ne devait être victime du sort qui les menaçait.
Ces furieux agresseurs dévastèrent l'église, mutilèrent les statues, crevèrent les tableaux, profanèrent les vases sacrés et foulèrent aux pieds les reliques qu'ils avaient ignominieusement dispersées sur le sol. Après avoir assouvi leur rage iconoclaste, ils se rendirent à Eaye, paroisse de notre ancien diocèse, illustrée jadis par le séjour de S. Josse. C'est là qu'ils rencontrèrent Jean de Hecque, accompagné d'un autre religieux qui réussit à s'échapper. Les soudards s'emparèrent du procureur de Dommartin et lui infligèrent d'afireuses tortures. La Chronique du monasth^e de Saint-André-au-Bois raconte qu'on introduisit de la poudre à canon dans la bouche du patient et aussi sous la peau soulevée de son crâne. On y mit le feu, et les assassins achevèrent leur victime en lui donnant des coups de couteau dans le ventre.
Le lendemain matin, on ramena sur un chariot ce corps mutilé, dans l'abbaye incendiée, et on lui rendit les honneurs de la sépulture,
François de Cocqueville devait bientôt après expier ses forfaits. Défait par le maréchal de Cossé ' et fait prisonnier à Saint- Valéry, il fut décapité à Abbe ville, le 27 juillet 1568. Sa tête, envoyée à
^ Et non pas par le maréchal de Brissac, comme le dit Devérité^ dans son Histoire du Ponthieu.