‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens (volume 2)Chapitre 18 sur 65 · JfUST, JPNPANT MARTYR · texte numérisé non relu

JfUST, JPNPANT MARTYR

que voici de Feau, arrêtons-nous ici pour manger et prendre de nouvelles forces. » Et S. Just de s'écrier : « Hâtez- vous, car voici que Rictiovare a expédié quatre cavaliers pour nous ramener à Amiens et nous mettre à mort; je veillerai pendant votre repas; s'ils arrivent, je causerai avec eux, pendant que vous resterez cachés dans cette caverne voisine. » A peine avait-il dit ces mots que S. Just aperçut les satellites; ses deux parents s'empressèrent de suivre le conseil qui leur avait été donné. Nous avouons qu'il nous paraît difficile de comprendre la conduite d'un père et d'un oncle abandonnant ainsi un jeune enfant aux périls qui le menacent.

Les soldats de Rictiovare demandèrent à S. Just où étaient les parents qui l'accompagnaient, et à quels dieux ils avaient l'habitude d'oflFrir leurs sacrifices. Le courageux enfant refusa de trahir les siens et se borna à répondre qu'il était chrétien * . L'un des cavaliers lui trancha aussitôt la tête, avec l'intention de la porter à Rictiovare. Mais le corps

dictus Syrica exoritur,,cujus decursum Arajae rivus excepit. » 11 paraît certain, dli M. Graves, que dans des temps reculés, FÂire ou Âré sortait de terre entre Plainval et la Fosse-Thibault, sous le bois de Conatte, c*est-à-dire à 3,600 mètres au-dessus de sa «ource actuelle. La tradition locale est unanime sur ce point et elle s'accorde avec les Actes du martyre de S. Just qui attestent que TAré recevait les eaux de la fontaine Sirique, tandis que cette fontaine est la source la plus haute du même ruisseau. Des titrés du Moyen-Age font mention d'un moulin à Teau qui existait entre Saint-Just et Plainval. v Statistique du canton de Saint'Just^ page 8.

^ Les Actes de l'abbaye de Malmédy introduisent ici imeasse 2 longue discussion. religieuse entre S. Just et les satelliteg.

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du saint Enfant se redressa soudain et replaça sa tête sur ses épaules \ oc Dieu du ciel et de la terre, sécria-t-il, recevez mon ame, car je suis innocent! » Les satellites, épouvantés d'un tel prodige, s'enfuirent aussitôt et allèrent raconter à Rictiovare ce dont ils avaient été témoins,

Justin et Jiistinien, qui avaient entendu la prière du jeune martyr, sortirent de leur retraite et se demandèrent ce qu'ils allaient fiiire de ce corps décapité. On raconte que la tête leur dit : « Entrez dans la caverne, vous y trouverez un antique tombeau couvert de lierre : c'est là que vous déposerez mon corps. Quant à ma tête, portez-la à ma mère pour qu'elle l'embrasse. Si elle désire me revoir, c'est dans le paradis qu'elle devra m'aller chercher ^ . T>

Justin et Justinien, après avoir enseveli le corps de S. Just, se hâtèrent de retourner à Auxerre, où ils arrivèrent au bout de trois jours. Quand Félicie eut appris la mort de son fils, elle bénit Dieu de l'avoir ainsi glorifiée et suspendit dans sa maison la tête du martyr, enveloppée d'un linge. Pendant la nuit, cette précieuse relique inonda de lumière, non seulement le logis, mais la ville tout entière.

' Et accipiens caput in manibus suis^ in bumerum posait. — Plusieurs n^anuscrits contiennent une variante que nous renonçons à comprendre : et accipiens caput in manibus suis» posuit in atrium suum Dans d'autres, on lit : in atrium speluncœ.

^ Le miracle de cette tête coupée qui parle disparaît des bréviaires de Paris, à partir de 1736. Le Propre actuel de Beau vais se contente de dire que S. Just porta sa tête dans ses mains. Sur les saints céphallophores, voir ce que nous avons dit au sujet de S. FusciEN, page 31 4 du volume précédent.

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L'évêque d'Auxerre (que toutes les légendes désignent à tort sous le nom de S. Amateur) venait de se lever pour réciter les laudes, ce J'ai vu, dit-il à son clergé, une grande lueur qui, partant de la maison de Justin, enveloppait toute la cité. Allez vite vous enquérir des causes de ce phénomène, t^ Trois prêtres qui allèrent aux informations revinrent bientôt raconter les détails du martyre qui s'était accompli dans le Beauvaisis. Le peuple, après avoir rendu grâces à Dieu, fit préparer une châsse, pour qu'on allât chercher solennellement, avec la croix, les luminaires et les encensoirs, la tête de S. Just, et qu'on la déposât dans l'église cathédrale, à l'endroit même qu'il avait choisi pour sépulture.

Une jeune fille, âgée de seize ans, aveugle de naissance, invoqua la relique dont venait de s'enrichir l'église d'Auxerre, et recouvra soudain la vue , ce qui donna lieu aux actions de grâces des fidèles et du clergé.

Le nom de S. Just étant inscrit dans les anciens martyrologes au 18 octobre, on pourrait ci;oire que c'est à cette date qu'eut lieu son martyre : cependant le biographe du VHP siècle le place au deuxième jour des nones de septembre, c'est-à-dire le

4 de ce mois.

CHRONOLOGIE

Les anciennes Passions de S. Just commettent un grave anachronisme en plaçant tout à la fois son martyre du temps de Rictiovare, qui exerça ses fureurs dans nos contrées sous le règne de Dioclétien, et du temps de S, Ama,-

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