‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens (volume 2)Chapitre 29 sur 65 · CULTE, RELIQUES ET ICONOGRAPHIE · texte numérisé non relu

CULTE, RELIQUES ET ICONOGRAPHIE

C'est surtout pour la guérison des enfants qu on invoque S. Millefort, partout où il est honoré.

« Quoy que ce Saint, dit le P. Ignace, nous soit autant incogneu après sa mort, comme il l'a été durant sa vie, il faut néanmoins advouer qu'il est de grand mérite auprès de Dieu, spécialement lorsqu'on le réclame pour les petits enfants qui sont en langueur ; car si loin que leurs mères vont visiter sa chapelle (de la Bouvaque) et y font célébrer le saint sacrifice de la messe en son honneur, vous voyez en peu de temps ces petits languissants, ou revenir en parfaite santé, ou changer cette vie mortelle en l'éternelle. »

Poellnitz, auteur des Amusements des eaux d*! Spa^ disait au siècle dernier : « Etant assez jeûne encore, je fus en garnison à Abbeville, en Picardie. Quelques officiers de notre régiment me mirent d'une partie qu'ils faisaient à

* Guillaume Cuper a donné la vie au martyr de Pavie dans le$ A.c%a sçLfMXorwm^ du 22 août.

s. MiLLEFORT, MARTYIl. 249

un petit bois, à une demi-lieue de la ville. Dans cet endroit il y avait une chapelle dédiée à un saint Millefort, qui guérit, dit-on, les enfants de la fièvre, des vers et de ce qu'on appelle la maladie anglaise. Nous vîmes quantité de nourrices qui y apportaient leurs enfants et nous allâmes voir la cérémonie. Il y a une pierre consacrée par leur saint Millefort,sur laquelle ils font asseoir trois fois ces pauvres petits enfants à nu. Cette bizarrerie me fît rire. Les femmes en furent si scandalisées que, sans l'arrivée de mes amis, qui y régalaient la vicomtesse de Melun et quelques dames les plus qualifiées du pays, j'aurais été mis en pièces. J'en fus quitte pour quelques égratignures et quelques sottises que j'essuyai. » (3® édit., pag. 95).

a Cette chapelle, dit M. Prarond ^ n'a point perdu sa réputation miraculeuse, et Ton y vient encore de plusieurs départements voisins pour la guérison des enfants épileptiques ou rachitiques. Le moyen thérapeutique employé dans ces cures, outre les vœux et les prières, est l'application à nu des enfants sur une pierre froide. »

La Bouvaque était désignée jadis sous le nom de Beaulieu-Saint- Millefort.

Un fief de Gorenflos, portant jadis le nom de Saint- Millefort, semble indiquer aussi un ancien culte local.

La maladrerie qui existait jadis à La Neuville-sous- Corbie, paraît avoir eu pour patron S. Millefort, dont le culte remonterait dans cette paroisse à une haute antiquité. C'est dans les ruines de cette maladrerie qu'on a trouvé la statue de S. Millefort qu'on vénère aujourd'hui dans l'église paroissiale. Le Saint est représenté vêtu d'une riche dalma tique, la tète nue, les yeux levés au ciel, la main droite sur la poitrine, un livre sous le bras gauche et une' palme à la main. Au pied de la statue, un homme et une femme lui présentent chacun un enfant qu'ils recommandent à sa sollicitude. Un vitrail moderne de La Neuville a reproduit à peu près la même donnée.

On se rend ,à La Neuville de dix à douze lieues de loin

* Les Rues d'Abbeville^ p. 7.

250 s. MILLEFORT, MARTYR.

pour invoquer S. Millefort en faveur des enfants qui sont malades ou qui tardent à marcher. On attribue à son intercession plusieurs guérisons miraculeuses. La fête de S. Millefort qui se faisait autrefois le 6 septembre, se célèbre aujourd'hui le deuxième dimanche du même mois.

Près de Camps en Amiénois, sur la route nationale de Paris à Calais, il y avait jadis une chapelle de YEcee HomOy qui fut dévastée en 1793. Un pieux ermite, surnommé k Petit Chapelain^ obtint Tautorisation de réparer Toratoire abandonné. Il en changea bientôt la destination, afin de favoriser la dévotion traditionnelle des habitants pour S. MiU lefort, qu'ils allaient invoquer à la Bouvaque. Une statue de ce Saint fut placée à côté de Tancienne statue de Notre-Dame des Sept Douleurs, et la chapelle fut désignée sous le nom de Saint-Millefort. C'est un pèlerinage très-fré. quenté pour les maladies des enfants, comme le témoignent les nombreux ex-voto qui tapissent les murailles de ce sanctuaire. Chaque année, le cinquième dimanche après Pâques, une procession solennelle, où huit cultivateurs portent la statue de S. Millefort, se rend de l'église de Camps à la chapelle située à environ cent mètres. On chante dans les pays a voisinants une invocation à S. Millefort. Bien que ce cantique soit de facture moderne et d'une grande médiocrité, nous croyons devoir le reproduire, par cette raison qu'il est devenu très-populaire :

O saint Patron, évêque et serviteur, Brillant au ciel d'une gloire sans nuage, Daignez entendre la voix de nos cœurs : Honneur! honneur à votre chère image !

IIEFKAIN :

Soulagez la misère^

Millefort !

Ecoutez ma prière.

Mes transports.

Priez pour nous, ô doux et tendre Père, Reconnaissez vos enfants à genoux ; Abaissez- vous, voyez noire misère; Patron chéri, priez, priez pour nous.

s. MILLEFOitT, MARTYR. 251

Priez pour nous ; que nos cris de souffrance Retentissent et s'élèvent jusqu'à vous, Oui, jusqu'à vous, Protecteur de l'enfance ; Secourez-nous, priez, priez pour nous.

Priez pour nous, votre voix pure et tendre, Du Dieu vengeur fléchira le courroux.

Le Roi du Ciel se plaît à vous entendre; Intercédez, priez, priez pour nous.

Priez pour nous ; un jour avec les Anges, Nous vous dirons un hymne des plus doux. Nous chanterons en commun vos louanges ; Heureux élu, priez, priez pour nous !

Vers 4850, on bâtit à Saint- Aubin-Rivière une chapelle qui fut dédiée à S. Millefort. Elle fut érigée par les parents d'un enfant qui avait été guéri dans un pèlerinage à la Bou vaque.

Le pèlerinage de Saint- Aubin-Rivière se fait le cinquième dimanche après la Pentecôte, et nuit parfois, par sa coï-n cidence, h celui de Saint-Qermain-sur-BresIe.

Un procès-verbal des reliques du prieuré de N.-D. de Montdidier mentionne des reliques de S. Guinefort *. S'agit-il là de notre S. Millefort?

Sur le chemin de Soreng à Bazin val, dans le canton de Blangy (Seine-Inf.), on trouve une chapelle dédiée à S. Millefort. La tradition du pays de Bray est que Millefort était domestique, qu'il vint servir à Soreng et que la jalouse des autres serviteurs fut cause de son martyre *. On voit que c'est à peu près la légende picarde, mais avec une autre attribution de lieu. On va en pèlerinage à Soreng le mardi de la Pentecôte, pour les langueurs des enfants.

Toussaint Du Plessis ' nous apprend qu'il y avait une chapelle dédiée à S. Guinefort, près d'Arqués, et une autre à Gonfreville-l' Archer. Une ancienne maladrerie de Dam-

* De Beauvillé, Histoire de Montdidier^ ii, 434.

* Decorde, Essai hist. sur le canton de Blangy, p. 686.

* Descript, de la Haute-Normand, i, 114, 494.

252 fi. MILLKFUÎir, MAJlTYll.

niartin en Goôle (Seine-et-Marno), était sous le môrae vocable K

On voit à l'église de Saussay-en-Caux une statue de S. Dignefort tenant ses entrailles dans ses mains ; on l'invoque pour les coliques. On prétend qu'il aurait été martyr et évoque de Meaux (?). Sa fête se célèbre le 11 mai *. Il ne faudrait donc pas le confondre avec notre S. Miliefort.

A Bouillant, canton de Crépy (Oise), on vénère dans l'église une statuette où se trouve l'inscription suivante :

S. Guinefort m&r^ Qui guérisses des Langueurs prié Pour nous.

Les individus atteints de fièvres invétérées emploient des linges frottés sur la statue '.

S. Guinefort était jadis en grande vénération à Piscop, dans l'arrondissement de Pon toise : c'était le patron de la chapelle seigneuriale, construite en 1211 par Pierre de Piscop. On ignore si ce croisé introduisit alors le culte de S. Guinefort ou s'il ne fit qu'en rehausser l'éclat. L'abbé Lebeuf * en faisant dériver Piscop du mot anglais bishop (évoque), suppose qu'un saint évêque de la Grande-Bretagne se serait retiré dans cet endroit. D'après les renseignements qu'a bien voulu me fournir M""® Le Caron de Cauley, propriétaire du château de Piscop, la chapelle dédiée à S. Guinefort a été détruite en 4839; mais l'église paroissiale construite en 1840 a été dédiée sous le double vocable de Notre-Dame et de S. Guinefort. La tradition du pays est complètement muette sur l'origine et l'histoire du patron, et les recherches qu'ont faites à ce sujet les habi-

* Du Plessis, Hist, de Véglise de Meaux, ii, 628.

* Decorde, Canton de Forges-les-Eaux^ p. 9.

3 Graves, Statist. du canton de Crépy^ p. 113.

* JJist. du dioc. de Paris,

s, MILLEFOllT, M|\RTTR. 253

tants du château, dans leurs archives de famille et ailleurs, sont restées complètement infructueuses.

BIBLIOGRAPHIE

Outre les ouvrages cités dans les notes, nous devons mentionner ici les renseignements gue nous ont fournis Madame Le Caron de Cauley, M. Vimeux, curé de La Neuville-sous-Corbie, M.Donzelle, curé de Cérisy-Gailly, M. Binet, curé de Camps -en-Amiénois, et M. Rousselle, curé de Bertaucourt-les-Dames.

P. S. — Pour ne rien négliger de ce qui peut avoir rapport à S. Millefort, ou du moins à son nom, nous relevons Tanecdote suivante, consignée dans le récent ouvrage de M. Lecoy de la Marche, intitulé : Lti Chaire française au XIII'' siècle : a Dans le diocèse de Lyon, une quantité de bonnes femmes venaient s'accuser à Etienne de Bourbon, lorsqu'il y confessait, d'avoir porté leurs enfants à saint Guinefort. Intrigué et flairant quelque légende apocryphe', le prudent missionnaire prit des informations sur ce pèlerinage inconnu, et découvrit que c'était simplement le tombeau d'un lévrier, tué injustement par son maître et honoré comme un martyr par des invocations sacrilèges. »

éVÊQUE DE TÉROUANNE.

i6 Juillet. — f ii58.

Les chroniqueurs de la Flandre et les annalistes de Tordre de Prémontré ne nous ont laissé que fort peu de détails sur la vie privée du B. Milon ' et nous ne le connaissons guères que par ses actes épiscopaux. Leur énumération étant nécessairement fort aride, nous la rejetterons dans un chapitre spécial, et nous ne consignerons ici, avec quelque développement, que les faits les plus importants.

Le B. Milon, fils de Pierre de Selincourt et d'Emma, naquit à Selincourt % domaine qui relevait de la Seigneurie de Poix. L'illustration de sa naissance mettait encore plus en relief la

* Milo, On rappelle Milon I«r pour le distinguer de son neveu Milon II, qui lui succéda sur le siège de Térouanne. Un des parents de notre Bienheureux, Milon, chanoine de Notre-Dame d^Âiniens, fut un des plus généreux bienfaiteurs de la collégiale de Saint-Nicolas d'AMens. Un saint du même nom a été moine de Saint-Vandrille.

* Doyenné d'Hornoy.

simplicité de ses goûts et son éloignement pour le luxe et les joies mondaines. De même que l'abeille remplit les alvéoles d'une ruche des sucs qu'elle recueille au sein parfumé des fleurs, ainsi le jeune Milon de Selincourt enrichissait sa mémoire et son cœur de toutes les vérités qu'il extrayait des livres saints. Ordonné prêtre, il ne songea point à profiter du crédit de sa famille pour occuper un' poste important. Un acte de l'an 1113 nous apprend qu'il exerçait alors la charge pastorale à Verchin, I^ès de Fruges * . C'est en souvenir de ce court séjour que Milon devait, plus tard, faire desservir la cure de Verchin par un moine de Saint-Josse-au- Bois, que nommait l'abbé de ce monastère.

Entraîné par le goût de la vie érémitique, Milon alla bientôt partager la solitude et les austérités des anachorètes qui s'étaient groupés autour de l'ancien ermitage de S. Josse, dans l'endroit qui porte encore aujourd'hui son nom *.

La renommée de S. Norbert remplissait alors tout le Nord de la France. Milon, voulant voir de ses yeux les merveilles d'édification dont le bïuit avait pénétré jusque dans sa solitude, se rendit donc à Prémontré, et, bientôt séduit par les exem-

* Archives de Tabbaye de Dommartin, déposées aux Archives du Pas-de-Calais. Ce document est indiqué par M. le chanoine Parenty, dans la notice qu'il a consacrée au Bienheureux Milon, p.^27 du Légendaire de la Morinie,

• Saint- Josse-au-Bois, territoire de Tortefontaine, canton d'Hesdin. L'abbaye de Saint- Josse-aux-Bois, transférée à Dommartin en 1161, et plus connue sous ce nom, a[)partenait au diocèse d'Amiens (doyenné de La Broyé).

pies qu'il lui fut donné d'admirer, il fit profession entre les mains de S. Norbert, le jour de Noël de Fan 1120. Dès lors, animé d'un prosélytisme qui devait Tembraser jusqu'à la fin de ses jours, il demanda à son abbé la permission de retourner à Saint-Josse dans Tespoir de déterminer ses anciens compagnons de solitude à embrasser la règle Norbertine, réforme de Tordre des chanoines réguliers. Ayant réussi dans sa mission, il fut nommé abbé par S. Norbert qui voulut l'installer lui-même dans ses nouvelles fonctions (1121). Giliard de Soibertram donna à Milon les vastes domaines qu'il pos-. sédait entre Beaurain et Douriez. Grâce à cette libéralité et aux dons successifs de Korgon de Tortefontaine, Drogon de Selin court, Enguerrand de Mouriez, Aléaume deriixecourt,Hugues dePonches, Guyard d'Argoules, Ermanfroy de Gouy, et de divers autres seigneurs, Milon put construire des bâtiments conventuels, une église, un hospice pour les pauvres et même un cloître de religieuses >. Renaud III, archevêque de Reims, par une charte datée de 1125, approuva ces diverses donations «. En l'an 1122, Milon acquit dans le Beâuvaisis, par un bail à cens, une terre située à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui Jouy-la-Grange, près de Jouy-sous-Thelle (canton d'Auneuil). L'abbaye qu'il

^ Uinstitut de S. Norbert admettait des femmes dans ses monastères, mais dans un cloître séparé. Vingt ans après la fondation de Tordre, on réforma ce point des constitutions et l'on bâtit pour les religieuses des maisons entièrement séparées.

* Hugo, Annal. Prœmonstr. t. i, Probationes, p. dxv.

LE B. MILÔN DE ÔELINCOURT. 257

cliàrgeà Ulric d'y coiis.trùiré prît le'noià afe'S^^ î^îc61as-ea-TlièUe, à cause d'dne' ctfapèlîe'VôràW^^^ d'eàiée aii skiaï evêq^ùe de Myre\ Ulri'é,' !dë Vèptu âbbe^ de ce monastère/ se trbav-âifc obligé dô payer 'plus' de ciaquaâté setiers de blé pour sou fermage perpétuel : aussi accëptà-t-il avec joie la d6hati6ii/q[ue lùv fit Ansçiilphe dé Seuotz, d'Uu domàiu'é ircfïsiii sitiié à Marclieroux où. l'abbaye fût traiïsfé'rèe entre lês'ânnéé^ li'47 et 1148. Par suite d'une corifuslbn entre ces. deux fondations, celle de Jouy-la-dran^é, faiïé par Mllôn, a été attribuée à l'an 1145 pa r Maurice Dupré, chanoine de Saint-Jeàn-lès-Amiens, aûlbèùr d'un ouvrage imprimé dans côttè Ville et devenu extrêmement rare ^ M. Tabbé Sabatier, auteur' d'une excellente notice sur C abbaye de MirclieroU.v ^, fiii à cet égard les remarques suivantes : « G^est fauté d'avoir eu S0U5 le^ yeux, au moment Oii i écrivait ^es Annales, l'acte dé donation d'ÀnscUlphô dè.Séhotz, que Maurice Dupré a commis la regrettable érj^eur qui a mis en émoi les religieux dé l'ab . bayé de Marcheroux. Ce savant est d'alitant moin s etéïisâble, en cette inadvertance, que, quinze ans attbifàvant, dans une lettre adressée a Martin Prevèîl.ii avait lui-même admis la daté de 1122 ^ Cepjàfaidiant! éette date de 1122, assignée à la fondation dé'Miarôheroux, est peut-être de nature à soulever une difficulté. Est-il croyable, dira-t-on, que Tab-

1 Annales brèves ordinis Pmmonstrateasis^ auctore Mauritio Dupré. Ambiani, 1645, in-8'.

* Insérée dans les Mém. delà Soc. acad. de VOise, vi, 614.

'Mémoire resté j manuscrit, intïi\x\é : Apologie dé Marcheroux,

T. iiU 1^

258 LE B. MILON DE SELINCOUaT.

baye de Dammartin (Saint-Josse-au-Bois), qui a été fondée elle-même en 1122, ait trouvé aussitôt assez de religieux pour peupler une nouvelle maison? Ici, l'analogie nous vient en aide et résout cette ques • tion. Si, en quelques mois, S. Norbert a pu réunir quarante religieux et un grand nombre de convers à Prémontré, pourquoi Milon n'aurait-il pu rassembler, dans le même espace de temps, douze religieux pour doter nos contrées d'une nouvelle abbaye ? %

Nous ajouterons que cette objection perd encore de sa valeur quand on fixe la fondation de Saint- Josse-au-Bois, non pas à 1122, mais à l'année précédente, comme nous l'avons fait, à l'exemple de M. Parenty et de M. Harba ville \

En 1 124, Enguerrand de Boves, évêque d'Amiens, pria Milon de fonder dans sa ville épiscopale une maison de son ordre. Guy, châtelain d'Amiens, et sa femme Mathilde, lui constituèrent en donation la terre de Marcelcave, les églises d'Outrebois, de Saint firmin-au- Val et de Saint-Germain. D'après De Court ^, l'installation de quatre religieux à la cure de Saint-Firmin-au-Val, sous la direction du prieur Eustache, n'aurait eu lieu qu'en 1126. Cependant les Prémontrés d'Amiens revendiquaient une date antérieure, comme le témoignent ces deux vers cités par La Morlière :

Anno milleno centeno bis duodeno Ambianis primo fundatur candidui ordo.

> Mémorial hùt, du Pas-de-Calais^ ii, 129. * Mémoires chronoL^ t. n, l. ni, ch. xi.

Le prieuré de Saint-Firmin-au-Val fut le berceau de la célèbre abbaye de Saint-Jean d'Amiens, construite en 1131, sur les terrains de Saint-Roch, là où se trouvent aujourd'hui les cités ouvrières; elle fut transférée en 1601 dans Tenceinte de la cité, à remplacement qu'occupe maintenant le lycée.

D'après Eobert du Mont, continuateur de la Chronique de Sigebert, Milon était chanoine régulier de l'église de Térouanne, quand il fut choisi pour occuper le siège de cette Église ; mais les autres documents historiques de cette époque supposent au contraire qu'il était toujours abbé de Saint- Josseau-Bois. L'évêque Jean de Warneton venait de mourir (1130). Le clergé désirait choisir Milon pour son successeur ; mais Thierry d'Alsace, comte de Flandre, intrigua pour faire élire son propre frère, Bauduin, chanoine de la cathédrale. La majorité des fidèles se laissa entraîner, et Bauduin prit possession d'un siège dont ne le rendaient digne ni son jeune âge, ni sa capacité, ni ses vertus. Le Chapitre, qui n'avait point pris part à cette élection, protesta auprès de Renaud II, métropolitain de Keims. Il fut ordonné de recommencer Félection : mais on n'en fit rien, dans la crainte des vengeances du comte de Flandre. Les intérêts religieux du diocèse furent tellement compromis que l'archevêque de Reims manda auprès de lui les deux archidiacres de Térouanne et un petit nombre de clercs * qui portèrent leurs suiFrages sur Milon.

1 Paitcis clerieis, dit la Chronique de Saint- Bertin (cxLi) à laquelle nous empruntons ces détails.

Celui-ci, préconisé aussitôt par Innocent H, qui se trouvait alors en France, fut sacré à Reims le 13 février * de l'an 1131, et prit possession de son siège le 15 mars suivant.

Si la première élection avait été entachée d'illëgalité, on ne sau'rait disconvenir que la seconde ne fut point conforme aux règles canoniques alors en usage. Mais l'église de Térouanne devait bientôt bénir l'archevêque de Reims de l'expédient auquel il avait cru devoir recourir pour mettre tili terme à des maux qui pouvaient devenir irréniédiables. i».

Les contemporains de Milon ont témoigné de la haute estime qu'ils avaient pour lui, en louant surtout sa douceur, son affabilité, sa dévotion envéft la Ste Vierge, sa perpétuelle abstinence des aliments gras. L'évoque des Morîns rie se borna point à garder, sous la mitre, l'habit régulier, mais il pratiqua autant qu'il le put la règle Norbertine. Plein die zèle pour la propagation de cet ordre, il partageait son temps entï*e l'administration de son diocèse et la fondation de nouvelles abbayes de Prémontrés dans le nord de la France. Tout en favorisant cette exteûfeion de tout son pouvoir, il modérait parfois des générosités exagérées qui pouvaient compromettre les intérêts dès tiers : c'est ainsi que, trouvant exhorbitante la donation que Guy d'Andresselles avait faite à l'abbaye d'Andres, il enjoignit à ses religieux d'en laisser une partie aux neveux du donateur.

* C'est ce que nous dit Vander Sterre dans ses Natal: SS. ord. Prœmonstr. Claude Robert met cette ordination au ^7 avril.

LE B« AIILON DE SELINCOUiaV 26t

Envers les bons, dit le Paige *, il i mon trait là dauqeur de S. Pierre; mais, envers les média/nts, il usait de la sévérité de S- Paul. Son humilité étaitsippxfaite qu'elle a donné lieu^de sèpiTivant^ àume espèce de proverbe : ce Ce qu'on admire le plus Qn;Nprb0rty disait-on/c'est la foi; en Bernard, la chjE^rité; enMilon, l'humUité : inNorhet^tOypraecdlit fid^j in BernardOy çh^ritas; in Milone, kiimilif^

« Milon, dit M. Parenty ^ rétablit dans son, dio-* cèse diverses lois canoniques, notamment celles qui avaient rappoî?t aux mariages. De concert avec le comte de Flandre, Thierry d'Alsace> il fit plusieurs règlements concernant la transmission des fiefs, lès droits des églises et ceux des communes récemment affranchies. Pour obvier aux difiumations, il fut décidé que nul ne serait accusé d'adultère sur de simpli^ bruits, ni contraint à subir. Fépreuve du feu, si liée n'est sur le rapport d'un juré ecclésiastique e* par suite de lettre synodale. Les droits civils et léS: prérogatives du clergé obtinrent, par ces sages règlements, une égale protection. »

^:: Jadis, les Capharnaïtes disaient au Sauveui' : € Vous faites partout des miracles, même en pays étranger : faites-en donc aussi dans votre patrie. » Milon, comme s'il avait entendu de semblables excitations, songea au lieu dé sa naissance^ dès la prtere ann^e de son épiscopat, et détermiua

^•^'Bibliatheca Prœmonstr. ordinis^ p. 439 . j^îfï/jqt^iSffc Norbettii'i auctore cocbvo, c. m, n»48. ' Légendaire de la Monniey p. 34.

262 LE B. MILON DE SELIIfCOURT.

Gauthier III Tyrel, sire de Poix, à construire Fabbaye de Selincourt. D'après une ancienne tradition consignée dans un manuscrit de P. Borée *, ce fut sur remplacement du château paternel que Milon fit ériger les bâtiments claustraux, et en souvenir de son père, nommé Pierre, qu'il fit dédier réglise au Prince des apôtres ^. Ce sanctuaire devait, au siècle suivant (1209), conquérir une immense renommée en recevant de Guillaume de Moreuil la relique connue sous le nom de Sainte-Larme '.

Cette même année, Milon fonda à Térouanne une maison de son ordre, sur remplacement d'un ancien monastère ruiné parles Normands. Il peupla cette abbaye, dédiée à S. Augustin, avec des religieux de Selincourt qu'il logea provisoirement dans son palais épiscopal, pendant la durée des travaux de construction. Le pieux évêque fit donation à ce nouveau monastère des autels de Nielles-lès- Calais, de Coquelles, de Bainghem-le-Comte, Haringhes (Heuringhem ?) et de Rincq : ces dons furent confirmés en 1147 par le Pape Eugène III. Grâce à l'intervention de Milon, Robert, abbé de Corbie, céda à Saint- Augustin de Térouanne, en 1140, les

* Portrait historique de Vabbaye de Saint-Jean d'Amiens, ch. XII (Biblioth. de Laon).

' La charte de fondation de Gauthier Tyrel a été publiée par Hugo, Annal. Prœmonstr. t. n, p. 258. — Une charte de Milon datée de 1147, fait partie du cartulaire de Selincourt, conservé à la Bibl. d'Amiens.

• Cette relique, sauvée à la Révolution et conservée longtemps au couvent des Ursulines d'Abbe ville, se trouve aujourd'hui entre les mains de M. Tabbé Ridoux.

terres que cette abbaye possédait à Laires (canton de Fauquembergue), moyennant un cens annuel de dix sols, monnaie de Corbie.

M. Parenty * donne les renseignements suivants sur la fondation de Licques : ce Robert, seigneur de Licques, avait institué dans sa baronie de ce nom, cinq prébendes canoniales, s'était lui-même voué à l'état ecclésiastique dans cette collégiale, où il avait donné Texemple de grandes vertus. Bauduin, son fils, lui avait succédé en qualité de prévôt. Quatre de ses fils étaient entrés dans les ordres et servaient Dieu dans cette même collégiale lorsqu'il leur témoigna l'intention de faire un pèlerinage à Jérusalem. Les fils voulurent suivre le père dans cette lointaine et laborieuse pérégrination. Mais, avant leur départ, ils résolurent d'abandon-»ner leurs prébendes en faveur de la prévôté établie sur la colline de Watten. Milon, qui fut consi<l*é¥ cette occasion, leur persuada qu'il valait '*iëu!ît^ honorer à perpétuité la baronie de Licqiiës-'jD'à'r liii^ établissement plus important, en y forid^iit'-iïne communauté régie par un abbé. ITri'Synodè fùV^ réuni à cette occasion en 1132.11 ;f fut^ébidë'^Uë^^^ Bauduin et ses quatre fils s'étant vou^^ au sé^fVîcè' de Dieu, il entrait dans les intéi^tëdëPÉglteë''^^ la Morinie qu'il se formât à Licques une institution particulière, et qu'on choisît l'ordre de Prémontré. Bauduin s'occupa de la oonstruc^ièn^d'eà' édifices claustraux, et Milon désig^n;ay|)6û^^^^^ cette maison, Henri" Veligiëux de l'afefeaiipe. a

* Op. cit., p. 30.

264 LE B. MfLON DL dJi:Li:iCOURT.

Saint-Martin a Loudun {Usez à Laon ' ;• Le monastère de Notre-Dame de Licques^ situé dans le comté de Guînes et peu éloigné du détroit du Pas-de- Calais, ne tarda pas à prospérer, et contaribua à l'extension de Tinstitut de S. Norbert dans les îles Britanniques. »

. En consacrant Féglise cathédrale de Térouanne (1133), Milon fit la révision des reliques et s'aper^ çut que le chef de S. Maxime, évêque deSiez, avait disparu. On apprit alors qu il avait été retenu ;à Boulogne-sur-Mer où le corps du Saint avait été déposé pendant les troubles suscités, cinquante ans auparavant) par Bobert le Frison. Milon réussit à faire enlever par surprise le chef de S. Maxime et le réintégra dans son église, le 1 1 décembre de Tan 1134 ^

Deux abbayes de Prémontrés, établies par le B. Milon, durent leur origine au repentir de ceux qui les fojDidèrent : nous voulons parler de Beaulieu etj de Cercamps.

Eustache, surnommé le Vieux Seigneur de Tiennes, avait eu le malheur de tuer, dans un tournoi, un chevalier de la maison de Ponches en Ponthieu. Il résolut d'expier ses torts eu fondant l'abbaye dePeaulieu,dont on voit encore les ruines à Ferques, .

} ^anci^ Martini LatidunensiSi^M^on dans la charte de Milon,

ubliécr^dans le Galliçichyist , t. x, Instr. col. 400. L'abbaye

de ëaintrMai^ihdelii^ri, fondée enïi24, appartenait aux disciples

« Meyer, Annal. FlandrioSyl. v. — De Rosny, ifis^ du BouonnaiSi ii, 36. ^^ ,

LE B. MILON Dli SELUNCOLllT. 265

«t queMilon peupla, en 1137,de religieux pris dans 1$, . communauté de Ruisseauville * .

Hugues Camp-d'Avesnes, comte de Saint -Pol, avait mis le comble à se^ méfaits en incendiant la, ville de Saint-Biquier et en assassinant le curé de Beauvoir-Rivière dans sa propre église. Hugues fut excommunié par le pape Innocent H, qui consentit, quelques mois après, à lever Tanatlième, à la condition que le prévaricateur repentant bâtirait une abbaye. Ge fut l'origine du monastère de Cercamps, dont la charte de fondation fut signée en 1137 par 'Thierry, évêque d'Amiens, et Milon, évêque des Morins. On y trouve les noms des seigneurs qui joignirent leurs libéralités aux donations de Hugues, ce qui rendit l'établissement naissant propriétaire de 12,000 arpents de terre et de 2,000 arpents de bois et de prairies '\ ^

Quy n, comte de Ponthieu, avait donné aux Cisterciens, en 1138, un lieu nommé Bonance, près de Lavier (doyenné actuel deNouvion). Cette même année, Milon leur confirma la donation bien plus considérable de la terre de Mésoutre, faite par Robert d'Ailly, qui voulait ainsi expier la part qu'il avait prise à l'incendie de la , ville de Saint- Ri(q[uier. L'abbaye de Bonance fut transférée successivement à Balances en 1140, et à Valloires, avant l'an 1163 ^

* H. DE RosNY, Hisi, du Boulonnais^ ii, 33.

« Gallia christ.^ iii^ Instr, col. 96.

' Un titre de l'an 1163, faisant partie du cartulaire de Valjoires (Ai:chi\e8 du départ.) désigne ainsi Balances : Terramtim nemore de Balantiis uhi fuitveiusobbaiia. Le Gallia ihri&iiuna &*est donc trompé en disant que les Cisterciens de Balances iie

L'abbaye de Saint-Bertin était depuis longtemps en dissension avec Tabbé de Cluny qui voulait la régir. L-e pape Innocent II donna gain de cause, en 1139, à l'indépendance de Saint-Bertin, et chargea Milon de protéger l'abbaye contre tout envahissement. Ce dernier s'acquitta de cette mission avec une fermeté qui devait nécessairement froisser les Clunistes. Trompé sans doute par des rapports exagérés, l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, adressa, deux ans plus tard, à Tévêque des Morins, une lettre fort irritée, dont nous extrayons les passages suivants : a Je conviens que vous vous laissez diriger par l'amour de la justice : mais si le Seigneur me faisait la même grâce, je voudrais que mon équitéfut égale pour tous, et c'est ce que je vous souhaiterais à vous-même. Des témoins fort croyables m'ont assuré que vous êtes plein de mépris pour les moines, que vous saisissez les prétextes les plus futiles pour nous critiquer, en niant le bien et en exagérant le mal. S'agit-il de ces faiblesses qui sont inhérentes à la nature humaine? des lors qu'elles proviennent d'un moine, vous les métamorphosez en monstruosités. On m'a rapporté qu'en plein synode, devant le clergé et les fidèles, tous avez ordonné des prières pour que Dieu détruisit l'orgueil des moines de Cluny. Je souhaiterais assurément que Dieu pût nous guérir, non- seulement de l'orgueil, mais aussi de tous les vices qui

s'établirent à Valloires qu'en 1226. Voyez le Rapport de M. Bouthors sur le Cartulaire de Valloires, dans le tome n des Mém, de la Soc. des Ant, de Picardie,

élèvent une barrière entre lui et nous. Que si vous vouliez formuler une semblable prière, il ne fallait pas lui donner la forme d'une invective déclamatoire. J'avoue que nous sommes coupables d'orgueil et de bien d'autres iniquités; mais la charité vous interdit de le proclamer ainsi. Un évêque, animé d'une sage prudence, prend une toute autre voie pour corriger les torts. Au lieu de nous avertir, vous nous diiFamez ; au lieu de porter un sérieux remède à nos maux, vous nous livrez à la malignité du public * . »

Nous devons nous garder d'accueillir les reproches de cette lettre. S. Bernard lui-même l'a trouvée trop emportée ^. L'abbé Suger, qui était désintéressé dans la question, a loué hautement la conduite de Milon à l'égard des divisions qui compromettaient tout à la fois l'abbaye de Saint-Bertin et Tordre de Cluny ' .

Arnould, avoué de Térouanne, bien loin de remplir ses fonctions protectrices, était devenu un odieux tyran, dont les méfaits restèrent longtemps impunis. Abrité dans un château-fort qui dominait la ville, il ne sortait de son repaire que pour dévaster les églises, piller les granges et les maisons des chanoines et commettre des meurtres jusque dans les lieux saints. Après l'avoir en vain sommé par trois fois de venir expliquer sa conduite, Milon finit par l'excommunier. Pour mettre un terme à

* Pétri venerabilis opéra, lib. rv, epist. 3. ' Nimio impetu. Boll. t. i. jun. f^ 813.

• Voyex De la Plane, les Abbés de Saint-Bertin.

268 LK li. AIILON DE ^liLlNCOUllT.

ces odieuses dilapidations, il invoqua le secours de Thierry d'Alsace, comte de Flandre, qui s'empara du fort d'Arnould et le fit raser jusqu'aux fondations. Dans une assemblée du clergé et de la noblesse, tenue ep 1142, Thierry décida qu'à l'avenir personne ne pourrait construire de fort dans l'enT ceinte de la ville, et même à distance d'une liei^e, sans le triple consentement de Téveque, du chapitre et des barons. Cette interdiction, sanctionnée pw toutes les not^-bilités de la Flandre et de la Mor rinie, fut successivement approuvée par les pftpes Célestin II, Lucius II et Adrien IV.

L'évêque de Térouanne et de Boulogne prit une part importante au concile que le pape Eugène m présida à Reims en 1148. Un des buts de cette assemblée était de juger les erreurs relatives au mystère de la Sainte-Trinité, énoncées dans un ouvrage de Gilbert de la Poirée, évêque de Poitiers. Dn,e dizaine de prélats, au nombre desquels se trouvait Milon, s'adjoignirent à S. Bernard pour rédiger un formulaire de foi qui fut soumis aux membres du concile. Ceux-ci déléguèrent Hugues, évêque d' Auxerre, Milon et Suger, abbé de Saint-Denis, pour présenter au Pape ce projet de définition \ On les avait choisis parce qu'on leur connaissait assez dé» réputation, de science et de fermeté pour résister aux cardinaux qui protégeaient Gilbert. Eugène III répondit aux trois ambassadeurs que l'Église;

* Eugo {Annal, Prœm,^ p. 460, et Vie de S. Norbert^i^. 477) commet une confusion en disant que ces trois personnages furent chargés par le Pape de dresser ce formulaire.

ta B. MÎLON Di: SKLINCOURT 269

romaine n'à,vait point sur cette question de sentiments diiFérents des leurs et que, si quelqiieis cardinaux étaient sympathiques à la personne de Gilbert, ils n'en ¥épï*ouvaietit pas' nïôîns lès doctrines qu'il avait émises. Devâïit cette unanimité, le novateur finit par se soumettre et permit de faire à ses ouvrages toutes lés corrections que lui prescrirait le souverain Pontife.

L'évêque des Morins assista encore à un autre concile de Reims, tenu le 25 octobre 1157, pour arrête^dâns nos contrées les progrès dés Manichéens. Oh leur donnait, comme en Flandre, le nom de Piptiili^ Piffi, PifreSy pour flétrir le vice de gourmandise dont on les accusait. La plupart de ceux qui avaient introduit «h'çz nous l'hérésie des Albigeois étaient' des tissèi^ahds : c'est pourquoi on lés sùtàômtnaît aussi T<3iiîëra7î5^

. Nous énumérerons dans un chapitre spécial les aulf es actes épiscopaux de Milon, pour lesquels une sipaple et rapide indication nous paraît suffire.

Après vingt-sept années de laborieux épiscôpat, Milbn mourût le 16 juillet ^ de l'an 1158 % et fut ëiisëveii'dans sa cathédrale, devant l'autel de Î^otre-Dame.

Le manuscrit de P. Borée, que nous avons déjà

., ^ Mgr Gousset, -<lc^e5 de i'JS^grlijf 4^ iteim«, n. 287.

.^. C'est l'opinion la plus commune. Ge fut le 7. juillet, selon t,;Pprée ; le 13 novembre, sçlon Aubert le Mire ; le 8 juillet ou le 15 février, selon d'autrçs.

* C'est ia date donnée par la Chronique de Saint-Bertin et adoptée par Arnold de Raisse,le Gatlia christiana, M. Parenty. Rébert du Mont, continuateur dé la Chrpnique de Sigebert, fixe sa mort en 1160; Meyer, lePaige, P. Borée, en 1159.

cité, nous fait connaître Tépitaphe suivante qui fut composée en son honneur :

Itorbertud rabtante fibfi Oernarbud amoxt

Urmtdot (or&t0 fliilo nitore mirât* Strgrmtno 01 eolt fjotcdt rtdplcnbtdcert tellue Splenbere illorum trmport otea fuit.

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