ABBE DE CORBIE
26 avril. — f 865.
Radbert * naquit ou à Soissons ou dans les environs de cette ville ', vers la fin du VHP. siècle. Ce n'est que dans le cours de sa carrière littéraire qu'il prit le nom de Paschasius^ selon l'usage des écrivains de cette époque, qui ajoutaient un surnom latin* ou juif à leurs noms germaniques *. Baillet a donc
* Radherlus, Rathertus ; Rathert, Ratehert^ Râbert^ Ruthert; Pcuchasius^ Pascasius; Paschaise^ Pasquier^ Pascase^ Pascâse. n signe Radbertus au synode de Paris, et Paschasius Radbertus dans son épître à Charles le Chauve. Radbert ^ en langue germanique signifie concilii prœses. Son Commentaire sur les lamentations de JérémiesL été imprimé à Basle en 1502, sous le nom fautif de Robert. — Plusieurs saints ont porté le nom de Paschase, entre autres : un évêque de Vienne en Dauphiné (22 février); un diacre de Rome (31 mai) ; un martyr en Afrique (13 nov.). — Le vingt-sixième archevêque de Rouen, Rathert (730- 734), a été rangé au nomhre des saints par quelques auteurs.
* Mabillon se demande s*il ne serait pas né à Bazoches, en rappelant que ce fut sur la demande des habitants de cette localité quePabbé de Corbie refit la Vie de S. Rufin et S. Valère.
' C'est ainsi qu'Àlcuin s'appela Albinus; Raban, Maurus; Fndugise, Nathanaêl ; Rikbod, Maearius^ etc.
314 s. PASCHASB RADIJEIIT, AHBÉ DE CORBIE.
commis un contre-sens onomatologique, quand il a dit que Paschase avait ét^ surnommé Radbert. C'est pour ravoir confondu avec Paschase, diacre de TEglise romaine, sous le pontificat de Symmaque, que quelques historiens * le font naître à Rome, d'où S. Adélard l'aurait amené à Corbie.
Radbert perdit sa mère en naissant ; privé des premiers soins de l'enfance, il allait périr quand, selon la coutume du temps, on l'exposa sur le parvis de Notre-Dame de Soissons '. Les religieux de cette abbaye s'empressèrent de recueillir le pauvre orphelin qui recouvra bientôt la santé, et plus tard elles confièrent son éducation aux religieux de Saint-Pierre, dont la communauté dépendait du monastère de Notre-Dame.
Radberf n'oublia jamais celles qui lui avaient sauvé la vie et, dans plusieurs endroits de ses écrits, il témoigna de sa vive reconnaissance pour ses bienfaitrices qu'il appelle les Fleurs de l'Église et V honneur du divin Époux,
C'est en leur présence et tandis Qu'elles chantaient des psaumes appropriés à la circonstance, que Paschase reçut la tonsure cléricale, devant
' HuguesMénard. La Mère de Blémur, A. de Caulaincourt, etc. Mentionnons une autre erreur de Jodocus Cocceïus et de divers écrivains d'outre-Uhin qui le font naître en Allemagne et entrer à l'abbaye de Corbie de Saxe.
' Expositumque vorax amhiret mortis imago, lit-on dans le poème biograpbique d'Engelmode. Bulteau (Hist. de Vordre de Saint' Benoît, n, 50l) fait à ce sujet la remarque suivante: « On peut encore entendre par le mot exposilum qu'il fut tenu pour mortet exposé devant la porte du logis, pour être porté en terre, ou qu'étant fort malade on l'exposa dans l'église de Notre- Dame où il fut puéri, »>