‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens (volume 2)Chapitre 45 sur 65 · PASCHA5E RADBKKT. ABBÉ DE CORBIE · texte numérisé non relu

PASCHA5E RADBKKT. ABBÉ DE CORBIE

l'autel de Notre-Dame, à un âge où il ne comprenait pas encore la portée de ses engagements.

Il ne réalisa point d'abord les espérances qu'on avait conçues de sa vertu et, quittant le pieux asile qui avait abrité son enfance, il se jeta dans les dissipations d'une vie toute mondaine, où son extérieur agréable lui ménageait de regrettables succès. Désabusé bientôt de ses illusions, il se réfugia, vers rage de 22 ans, à l'abbaye de Corbie, sous la conduite de S. Adélard qui devait lui porter un intérêt tout particulier, puisque c'était sa sœur Théodrade, abbesse de Notre-Dame de Soissons, qui avait protégé Tenfance et la jeunesse de l'orphelin.

Le jeune religieux fit des progrès si rapides dans les sciences et dans la perfection monastique qu'il fut bientôt chargé d'enseigner aux autres ce qu'il savait si bien lui-même. 11 ne se bornait point à l'étude de l'Ecriture et des Pères, comme beaucoup de ses contemporains ; il était également versé dans la connaissance de Thébreu, du grec, de l'histoire, de l'antiquité profane, et avait spécialement étudié les œuvres de ïérence et deCicéron. C'est une gloire pour lui que d'avoir encore augmenté la célébrité de l'école de Corbie et d'avoir formé à la science et à la vertu des hommes qui devaient un jour rendre de si éminents services à l'Eglise, tels que le B. Adélard le Jeune qui gouverna la communauté pendant l'absence de S. Adélard ; S. Ansschaire qui porta le flambeau de la foi dans les contrées du Nord; Hildeman et Odon qui se succédèrent sur le siège épiscopal de Beauvais; Warin qui

316 s. PASCHASE RADBERT, ABBÉ DE CORBIE.

devint abbé de la Nouvelle-Corbie et perpétua en Saxe les traditions de l'abbaye picarde.

Paschase était chargé d'expliquer, chaque dimanche après la messe, l'évangile du jour. Il consacrait ses heures de loisir à la composition des ouvrages qui devaient illustrer son nom. Mais ces nombreux travaux ne lui faisaient point négliger les devoirs monastiques et personne n'était plus assidu que lui à la célébration des offices.

En 822, il accompagna Adélard et Wala dans leur voyage en Saxe et prit part aux négociations relatives à la fondation monastique de Corwey.

Quatre ans plus tard, après la mort d'Adélard, il fut député par la communauté de Corbie auprès de Louis le Débonnaire pour lui faire agréer l'élection de Wala. Un des seigneurs de la cour lui ayant demandé pourquoi on avait choisi un homme aussi sévère pour abbé, il répondit qu'il valait mieux avoir pour guide celui qui marche toujours en avant, que celui qui rait par derrière.

En 830, nous le voyons assister à l'Assemblée où Pépin, roi d'Aquitaine, et Louis le Germanique résolurent la ruine de Bernard, comte de Barcelone, favori de l'empereur.

Louis le Débonnaire lui confia une mission en Saxe, en 831, probablement à l'occasion des prédications de S. Anschaire. C'est en revenant de cette ambassade et près d'arriver à Cologne qu'il apprit l'exil de Wala. Il était alors à table, dans un monastère, avec beaucoup d'autres religieux. L'un d'eux, en faisant la lecture accoutumée de l'Ecriture sainte, arriva au chapitre xix d'Isaïe, prédisant les

s. PASCHASK HADBEUT. ABBÉ DE CORBIE. 317

dissensions intestines qui devaient déchirer l'Egypte. Paschase fit intérieurement l'application de cette prophétie aux malheurs de la France et répandit des larmes abondantes.

Bien que tendrement uni à Wala, son abbé, Radbert ne fut point enveloppé dans sa disgrâce politique. Loin de là, l'empereur lui donna une nouvelle preuve de sa faveur, en l'envoyant ouvrir de secrètes négociations auprès de Wala, exilé sur les bords du lac de Genève.

En 834, il accompagna Wala, revenu à Corbie en qualité de simple religieux, que Grégoire IV, alors en France, avait mandé, pour le consulter sur les moyens de réconcilier Louis le Débonnaire avec ses enfants révoltés.

L'année suivante, il avait la douleur de perdre Wala, dont la dernière pensée, à Pavie, fut pour lui : il lui fit dire, par un religieux, de pratiquer toutes les perfections qui se révéleraient à son esprit, pour que ses œuvres fussent dignes de ses pensées.

Ce fut en 844 que Paschase Radbert succéda, en qualité d'abbé de Corbie, à Isaac^ dont il était le coadjuteur. Iln'était que diacre et ne voulut jamais, par excès d'humilité, franchir le seuil du sacerdoce. Il égala ses prédécesseurs par la sainteté de sa vie et les surpassa en éloquence et en érudition. On admirait en lui une douceur que relevait encore la suavité de ses traits, une égalité de caractère que rien ne pouvait troubler, une prudence réfléchie qui le guidait dans toutes ses entreprises, un discernement des esprits qui le rendait un guide éprouvé

3ld s. PASCHASK UAUUEIM, AUBE DE COfUNE.

pour toutes les vocations. L'humilité animait tellement ses pensées qu'il se proclamait le dernier des léviles et la balayure des moines \

Ceux qui connaissaient la réalité de ses mérites trouvaient dans cette modestieun motif de plus pour Tadmirer, Parmi les personnages qui témoignèrent surtout leur estime pour Thabile négociateur et le savant écrivain, nous nous bornerons à citer Adélard, Wala, Loup, abbé de Ferrières, LduIs le Débonnaire, Charles le Chauve et Engelmode, évêque de Sois^ sons, qui, de son vivant, célébra les vertus et les talents de Radbertdans des vers souvent obscurs, au nous avons puisé une partie des renseignements que nous venons de grouper.

Ajoutons quHincmar, archevêque de Reims , avait une si grande confiance dans Tinfluence de Tabbé de Corbie, qu'il lui écrivit au sujet d'un prêtre du diocèse d'Amiens qui avait fait appel, contre son évêque, auprès du pape Adrien. Il le chargea de déterminer l'évêque Hilmerade à obéir aux ordres du Saint-Siège et à traiter avec une prudente circonspection les écrits que ce prêtre avait rapportés de Rome *.

Le 14 février 847, Paschase Radbert assista au concile de Paris, réuni à l'occasion d'Ebbon, que Lothaire voulait faire remonter sur le siège de Reims. Il produisit les chartes de Louis le Débonnaire et de Lothaire, son fils, qui octroyaient au monastère de Corbie la liberté d'élire ses abbés et d'adminis-

i Q signe parfois Monaohorum omnium peripsema, levitcarufH que ultimum * F^ODOARD, lib. m, cap. 23.

s. PASCHASL* llADBEltT. ABBÉ DE CORBIE. 31^

trcr ses biens, ainsi que les lettres d'immunité et de protection accordées par le roi Charles le Chauve. Ces divers privilèges furent confirmés par l'autorité ecclésiastique et revêtus des souscriptions des vingt évêques et des quatre abbés qui faisaient partie de cette assemblée. Ces prélats rendirent, à cette occasion, un éclatant hommage à la régularité qui florissaità Tabbaye de Corbie, depuis sa fondation, et à la réputation méritée qui y attirait de si nombreux disciples, distingués la plupart par Téclat de leur naissance et l'étendue de leur savoir.

Charles le Chauve, en 849, réunit un Concile h Quierzy-sur-Oise où assistèrent Ragenaire, évêque d'Amiens, et Radbert, abbé de Corbie. C'est là que fut condamné, pour la seconde fois, Gottescalc qui professait la doctrine fataliste de la prédestination, en sacrifiant la liberté de l'homme à la prescience de Dieu. Le novateur fut dégradé de ses fonctions sacerdotales et emprisonné au monastère d'Hautvillers.

Deux ans plus tard, Paschase, après sept années de dévouement dans l'administration de son abbaye, se démit de ses fonctions et se retira à Saint^Riqnier. Il parle plusieurs fois, dans ses écrits, de cet exil à peu près forcé, mais sans en indiquer la cause, et semble avoir complètement oublié les outrages qui motivèrent son départ, pour ne songer qu'à l'affectueuse hospitalité que lui offrit le monastère de Centule. Les troubles qui agitèrent alors Corbie furentils amenés par les discussions qui s'élevèrent entre Paschase et Ratramne, l'un de ses religieux, sur la valeur de certaines expressions relatives au mystère

320 s. PASCHASE RADiiEHT. ABBH DE CORBIC.

de rEucharistie ou sur la doctrine de la prédestina tion? Furent-ils fomentés parla présence de Charles, fils de Pépin, roi d'Aquitaine? cela est possible, mais il est plus probable que cette espèce de révolte fut surtout excitée par une minorité turbulente qui supportait avec aigreur les reproches que lui attirait son relâchement. Deux lettres de Loup, abbé de Ferrières ', nous semblent jeter quelque jour sur ce départ forcé. Elles nous apprennent qu'un moine déréglé nommé Yves, chassé de l'abbaye, avait obtenu sa réintégration en s' adressant directement à Charles le Chauve, auprès duquel il fit valoir sa parenté avec un des premiers officiers de la couronne. Il est présumable que ce fut ce religieux qui tint en brèche l'autorité de son abbé et qui créa ce parti de rebelles dont Loup de Ferrières parle dans une autre de ses épîtres.

Les religieux, restés fidèles à l'obéissance, tachèrent de s'opposer au dessein dePaschase,mais ne purent qu'en retarder l'accomplissement. Le saint abbé sacrifia sa personnalité pour calmer l'orage ; il autorisa la communauté à lui donner un successeur et se retira chez les Bénédictins de Saint-Riquier. Là, il reprit avec plus d'ardeur les travaux qu'avaient interrompus les soucis de l'administration et, pour nous servir de ses propres expressions, « il se jeta dans les bras de la philosophie et delà sagesse chrétienne, pour qu'elles le nourrissent du lait de l'Écriture sainte, à l'automne comme au printemps de sa vie. »

• Epist. 56 et 57.

s. PASCIIASI- lîADIîHRT, AUinc DK CORUIE. 321

Quand la paix fut coniplctement rétablie à Corbie, on y rappela Paschase. Il ne crut point devoir se refuser aux désirs de la communauté ; mais il y vécut désormais en simple religieux, uniquement occupé delà composition des œuvres d'histoire et de théologie qui Font placé, à côté de Loup de Ferrières, au premier rang des écrivains de son siècle.

Sentant les approches de la mort, il réunit ses frères, les supplia de l'oublier et de ne point écrire le récit de sa vie. Cette recommandation, trop fidèlement respectée, nous a privés de détails circonstanciés sur la biographie de cet illustre enfant de S. Benoît. Il avait émis en même temps le vœu de ne point être inhumé dans Féglise Saint-Pierre, mais dans celle de Saint-Jean, réservée aux pauvres et aux serviteurs de Tabbaye.

Paschase, après avoir ainsi mis le dernier sceau à son humilité, rendit son âme à Dieu le 26 avril 865 *, le jour de la fête de S. Riquier pour qui il avait une dévotion spéciale, surtout depuis son séjour au monastère de Centule.

ÉCRITS DE s. PASCHASE RADBERT.

Avant de parler des restes mortels de S. Paschase, nous devons dire quelques mots des reliques de son génie. Les ouvrages qui nous restent du saint bénédictin sont au nombre de dix.

* Cette date est inscrite au Nécrologe de Névelon. Il faut donc rejeter celle de 851, donnée par Caulaincourt ; celle de 860, par Cocquclin, et celle de 863. indhnée par V Histoire du trésor d*» Coi bte.

322 s. PASCHASK lîADIiKlJT. AIHUC DI". ( OlîBIE.

I. lie de s. Adélard, Cette hiogriiphie, écrite vers lan 8'JO, en forme de panégyrique, est le principal document qui nous reste sur le célèbre abbé de Corbie.

II. L'année suivante, il composa son Traité du corps et du sang de Jésus-Christ^ à la demande de l'abbé Warin, pour l'instruction des jeunes saxons qui étaient élevés àCorwey. Cette première rédaction, dédiée à Warin, fut retouchée par l'auteur et envoyée, quinze ans plus tard, au roi Charles le Chauve, en guise de cadeau pascal. L'original est conservé à la Bibliothèque Vaticane. Nous en avons vu une belle copie du IX° siècle à la bibliothèque de Laon {n? 114) *.

C'est à l'occasion de cet ouvrage que M. Michelet a fait la découverte suivante :

c< Ce fut, au IX° siècle, le panégyriste de Wala, l'abbé de Corbie, Pascase Ratbertqui, le premier, enseigna d'une manière explicite cette merveilleuse poésie d'un Dieu enfermé dans un pain, l'esprit dans la matière, l'infini dans l'atome. Les anciens Pères avaient entrevu cette doctrine, mais le temps n'était pas venu. Ce ne fut qu'au IX* siècle, à la veille des dernières épreuves de l'invasion barbare, que Dieu daigna descendre pour confirmer le genre humain dans ses extrêmes misères, et se laissa voir, tou cher et goûter. »

Si M. Michelet avait jeté un simple coup d'œil sur ce traité, il aurait vu que l'auteur ne fait qu'exprimer la constante tradition de l'Église sur le dogme delà transubstantiation : Quod totus orbis crédit et confîtetur^ dit Paschase. Il n'a point d'autre prétention que de résumer l'enseignement catholique et, par là même, il en montre la perpétuité. Cet

* Il est à remarquer que les moines bénédictins se sont signalés, entre tous, dans la défense du dograe eucharistique. Quel zèle n'ont pas déployé à ce sujet Herigère, abbé de Lobbes ; Durand, abbé de Troarne ; Alger, moine^ de Cluny ; Hugues, évoque de Langres ; Guimond, évêque d'Averse; Albéric, moine du Mont-Cassin; Lanfranc, archevêque de Cantorbéry; Hildebert, archevêque de Tours ; Pierre le Vénérable, Guillaume de Saint-Thierry, et tant d'autres. Cf. Hisl. littér. de Saint-Maur^ pp. 111, 166,265, etc.

s. paschase radbert, abdé de corbie. 323

ouvrage, il est vrai, souleva de vives objections de la part de Rabuii, arcliovéque de .Maycace, et de Ratramne, moine de Corbie. Mais ces disputes, loin de porter sur le fond des choses^ roulaient uniquement sur la manière de les exprimer; cartons étaient d'accord sur ce point fondamental, que le corps de Jésus-Clirist dans l'Eucharistie est substantiellement le même que celui que Marie conçut par l'opération de l'Esprit-Saint.

M. Henri Martin a voulu faire honneur à Paschase Radbert de \ invention d'un autre dogme. « La première appjirition certaine de l'opinion de la Vierge Immaculée, nops dit-il *, est, au IX' siècle, dans Paschase Radbert. » M. H. Martin a montré par là combien il est étranger à la science théologique : il ignore assurément le fameux texte de S. Augustin *, ainsi que les témoignages des premiers siècles chrétiens, qui ont été recueillis par Petau ', le P. Raynaud *, le P. Passaglia* et M. Aug. Nicolas*.

III. La Vie de Wala porte le nom ^Epitaphe d'Arsène. L'auteur, voulant méngaer les ennemis politiques de Wala, désigne tous les personnages sous des noms empruntés. Wala y est appelé Arsène ; Adélard, Antoine; Louis le Pieux, Justinien ; Judith, Justine; Lot ha ire, Honorius ; Louis de Bavière, Gratien\ Pépin, roi d'Aquitaine, ilfelanius ; Bernard, duc de Septimanie, Nasus et Amisarius. Paschase a consacré le second livre de cet écrit à justifier Wala des accusations portées contre lui, relativement à la déposition de Louis le Pieux et à la répudiation de l'impératrice Judith.

IV. Le Commentaire sur les évangiles de S. Mathieu, divisé -en 12 livres, est le plus considérable des ouvrages

* Hist, de France^ ni, 403.

« Incorrupta Virgo per gratiam ab omni intégra labe peccati. Serm. xxi, in ps. cxviii.

* Opus de theologicis dogmatibuSt v. 163. '^ Diptycha Mariana,

* De immaculatû Deiparœ semper Virginisconcepiu commentarius, p. 830.

* La vierge Marie dans le plan divin.

324 s. PASCHASK iîADiiKijT. \\m: \)K COHniK.

de Pascliase. Les quatre preinuTS livres sont dédiés h Gontland, moine deSaint-Riquier, et les suivants à tous les religieux de la même abbaye. C'est un témoignage de reconnaissance pour l'Iiospitalité qu'il reçut dans cette célèbre maison. Ces commentaires ne sont autre chose que les instructions que Pascliase adressait aux moines de Corbie, les dimanches et jours de fête, même avant qu'il fût abbé. On voit que l'orateur profite des explications qu'avaient données S. Hilaire, S. Augustin, S. Jérôme, S Grégoire, S. Chrysostome ; mais il y joint beaucoup (le considérations qui lui appartiennent en propre et dont les exégètes modernes ont habilement protité. Cette œuvre, commencée vers Tan 842, ne fut terminée qu'à Saint-Riquier, après 851. La Bibliothèque deLaonen possède un bel exemplaire du X" siècle, provenant de Notre- Dame de Laon.

L'auteur est toujours animé d'un grand amour de la vél'ité ; il ne craint pas de relever les erreurs qu'il rencontre clans les écrits des Pères. Ainsi, quand il entend l'un d'eux excuser le reniement de S. Pierre, il s'écrie : « Pieux défenseurs de Pierre, qui, en justifiant l'apôtre, ne s'aperçoivent pas qu'ils convainquent Notro-Seigneur de mensonge * ! »

Ce sont surtout les erreurs de Félix d'Urgel, de Claude de Turin, de Gotescalc et de Jean Scot Érigène que Paschase réfute avec une grande force de dialectique.

En lisant ces Commentaires et les autres œuvres du saint bénédictin, on se fortifie dans cette pensée qu'il ne faut pas admirer sans réserve les mœurs du IX® siècle, pas plus que celles des autres siècles du Moyen-Age, qui nous ont légué tout à la fois de grands exemples de vertus et de vices. Pascliase Radbert nous a laissé des tableaux énergiques de la simonie, de l'avarice et de la licence qui il valent envahi le sanctuaire, à cette époque où florissaient pourtant les Adélard, les Wala, les Angilbert et les Anschaire î

* Lib. 11. in, Matth.

s. PASCHASE RADBERT, ABBÉ DE CORBIE. 325

V. Le Traité de V enfantement de la S te Vierge est dédié à Théodrade et à ses religieuses de l'abbaye de Soissons.

« De même, dit Paschase, que le Christ est sorti du sépulcre, sans ôter la pierre, sans rompre le sceau, de même qu'il entre dans le cénacle par la porte, mais par la porte fermée, ainsi est-il né du sein de sa mère. » Ratramne, moine deCorbie,et quelques théologiens allemands soutenaient au contraire que Jésusétait sorti du sein de sa mère dan^ les conditions ordinaires de la n?.ture, mais sans lésion de sa virginité î « Paschase et Rntramne, dit M. l'abbé Rorhbacher V en combattant deux excès opposé-, ne se combattent pas entre eux, mais ils s'accordent merveilleusement dans la même solution et dans les mêmes termes. Fleury, qui embrouille cette solution au lieu de l'éclaircir, se trompe donc tout à fait, quand il avance que Paschase et Ratramne écrivirent en cela l'un contre l'autre. Il ajoute: « On ne voit pas que cette dispute ait eu de suites, et il eut mieux valu ne point agiter ces questions inutiles et indécentes. Mais ces savants, élevés grossièrement chez les barbares, n'avaient plus la sagesse etla discrétion des premiers docteurs de l'Eglise. » Cette remarque de Fleury est aussi injuste qu'injurieuse ; les discussions de Paschase et de Ratramne sont pleines dé mesure et de convenance. Il y a plus : les expressions les plus hardies qui s'y rencontrent sont précisément dans les passages qu'ils citent des premiers docteurs de l'Eglise. »

C'est ce qu'aurait dû remarquer M. Ampère qui, dans son Histoire de la littérature française sous Charlemagne^ p. 90, renchérit encore sur les reproches de Fleury.

Ce traité a été attribué à tort, par quelques bibliograj)hes, à S. Hildefonse. M. l'abbé Pécheur, dans ses Annales du diocèse de Soissons, a fort bien fait remarquer qu'on trouve dans cette œuvre quelques précieux renseignements sur la topographie de Soissons au IX« siècle.

VI. Il composa, vers l'an 856, un Commentaire sur l& psaume 44e, divisé en trois livres, qu'il déda à sa nièce

' ÈJist, de VÉglise cathol., édit. Gautier, t. vi, p. 405.

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Emma, abbesse de Notre-Dame de Soissons *. Il y fiait l'éloge de la communauté qui l'avait accueilli, pauvre enfant abandonné. Ce traité, plus allégorique que littéral, est spécialement adapté aux besoins spirituels des religieuses et exalte surtout les avantages de la solitude monastique. Il trouve occasion, dans cet opuscule, de déplorer les entraînements de sa jeunesse et confesse ainsi ses torts à ses anciennes mères adoptives de Notre-Dame de Soissons : 0 Lorsque je vous contemple à la droite du Dieu trèsbon, Notre-Seigneur Jésus -Christ, environnées de gloire, je gémis d'avoir perdu, par un trop long exil dans le siècle, où je l'ai souillée par beaucoup d'actions mondaines, la couronne, qu'enfant j'avais reçue devant le saint autel de la Mère de Dieu... C'est pourquoi, ajoutait-il, blessé que je suis, lorsque vous levez vos cœurs en haut, je vous prie de vous souvenir de la grâce que la Divinité m'a déjà accordée, en votre présence, priant le très- clément juge d'écarter de moi, par l'intervention de vos mérites, les châtiments dont je suis digne et de me rendre, dans sa bonté, la couronne que j'ai perdue. »

VII. Vers l'an 864, Paschase écrivit une lettre à Frudegard, moine de la nouvelle Corbie, en réponse à ses questions sur quelques difficultés relatives au dogme eucharistique. Il s'attache surtout à expliquer un passage emprunté au livre de la Doctrine chrétienne, de S. Augustin, et rappelle que l'exposition qu'il a faite dans son traité de Corpore est la croyance de l'Eglise, dans tous les temps et dans tous les lieux.

VIII. Le Traité mr les lamentations de Jérémie^ divisé en cinq livres et dédié à un vieillard nommé Odilman Sévère, est postérieur à l'an 857. Paschase ne connaissait point les commentaires qu'avaient composés Raban Maur et d'autres pères latins sur cette partie de la Bible. Il explique le texte dans le sens littéral et moral, mais principalement dans le sens spirituel et mystique. C'est surtout pour faire

* Et non pas à Théodraiie, comino le dit H.*Ménard. Ennna était la fiUe de Théodrad^

s. PASCHASK RADBERT, ABBÉ DE CORBIE. 327

naître ou lui des sentiments de componction qu'il entreprit ce commentaire.

On trouve dans ce traité un curieux passage sur l'invasion des Normands à Paris, en 846.

IX. Le Traité de la Foi y de V Espérance et de la Charité^ fut composé sur la demande de Warin, abbé de la nouvelle Corbie, pour l'instruction de ses jeunes religieux. Il est précédé d'un acrostiche eu vers héroiVjues avec le nom de Radbertus levita. L'auteur définit les vertus théologales, en montre l'objet et les fruits, et enseigne les moyens de les faire fleurir dans les âmes.

X. Les habitants de Bazoclies, dans le Soissonnais, ne possédaient que des Actes mal rédigés du martyre de S. Rufin et de S. Valère qui souffrirent dans cette contrée. Ils prièrent Paschase, abbé de Corbie, alors qu'il se trouvait, à Bazoches, de réviser cette œuvre, en en modifiant le style, mais sans rien changer au fond ni à l'ordre des matières. Paschase se rendit aux vœux des habitants de Bazoches, en disant * que les Vies des saints ne nous doivent pas être moins précieuses que leurs reliques ; que si l'on enveloppe leurs ossements sacrés dans de riches étofl'es, on doit également leur rendre honneur en racontant leurs actions dans un style qui ne soit ni trop négligé, ni trop recherché. »

On doit encore à Paschase Radbert quelques poésies, des dédicaces et une oraison pour la communion.

On a attribué jadis à notre Saint une Vie de S. Riquier, un poème sur le jugement dernier, une Vie des saints traduite du grec, une Histoire des souverains Pontifes, etc.? mais la critique moderne a restitué chacune de ces œuvres à leur véritable auteur.

Une partie des œuvres de Paschase a été insérée dans la Bibliothèque des Pères. Sirmond en a publié une édition en 1618. La plus complète est celle de l'abbé Migne (tome 120 de sa Patrologie) .

Les nombreux écrits dus à la plume de Radbert témoignent d'une vaste érudition et d*un goût judicieux. Nourri

328 s. PASCHASE RADBElîT. ABBK DE CORBrE.

de l'Écriture et des Pères \ ii nous ofîre partout la plus pure substance de la doctrine catholique. On ne rencontre point chez lui comme dans d'autres écrivains de son époque, des conjectures hasardées ni des opinions singulières. Tout en traitant des sujets dogmatiques, Paschase reste préoccupe des conséquences qu'il faut en tirer pour la conduite de la vie chrétienne et ne néglige aucune occasion d'aborder les questions de pratique et de morale. On peut lui reprocher la diffusion de son style, maison ne saurait en méconnaître la naïve élégance, ni l'onction do son mysticisme, ni la solidité de ses raisonnements.

RKUQUES.

Nous avons vu que S. Paschase Radbert, par un sentiment d'humilité qui résume toutes les vertus de sa vie, avait ordonné que ses dépouilles mortelles fussent déposées, non pas dans l'église Saint-Pierre de Corbie, à côté de ses prédécesseurs, mais dans l'église Saint-Jean, lieu de sépulture des pauvres et des serviteurs de l'abbaye. Deux siècles ne s'étaient point écoulés que des guérisons miraculeuses vinrent illustrer ce tombeau. Le bruit de ces prodiges arriva jusqu'aux oreilles du Pape qui chargea Guy, évéque d'Amiens, de procéder à l'élévation du corps et de le déposer à l'église Saint Pierre, dans une châsse qui attirerait la vénération des fidèles.

Tous les auteurs qui ont fait mention de cette translation,

» S. Ambroise était Tauteur favori de Paschase Radheit. Dans un exemplaire des commentaires de ce Père de TEglise sur S. Luc, ms. latin, n»201, fonds Saint-Germain delà bibliothèque Richelieu, on voit la signature de Radbert écrite en lettres capitales. Mabillon l'a fait graver dans son Dere diplomaiica^ p. 36') (L. Delisle. heeherches sur Canciejviebibl, de Corbie).

s. PASCHASE RADBKRT. ABBÉ DK CORBIE. 329

équivalant à une canonisation, sont unanimes à la fixer au 12 juillet ; mais ils sont loin d'être d'accord sur l'année où elle s'est accomplie. Les Boliandistes (t. m, april., p. 462) n'en précisent pas la date, mais ils la rejettent après 1058, par là morne qu'ils disent que cette cérémonie eut lieu sous l'évéque Guv qui, selon eux, aurait siégé de 1059 à

Ce fut en 1073, d'après Mabillon, D Grenier, D. Rivet, Baillet et Godescard ; en 1070, selon Dom Cocquelin et les manuscrits de Caulaincourt, de Nerlande et de De Court ; en 1065, d'après \ Histoire du trésor de Corbie ; en 1060, selon \q Martyrologe gallican; en 1858, d'après le Gallia christiana suivi par le P. Daire et de Sacliy. J'avoue que sans la découverte récente d'une plaque commémorative de cette translation, je me serais trouvé assez embarrassé pour assigner une date à cet événement. D'un côté, tout en me disant que le Gallia christiana pèche souvent dans la chronologie des détails, je me serais senti attiré par son indication, parce qu'elle mentionne l'existence d'une plaque de plomb trouvée le 3 septembre 1 710 dans la châsse de S. Radbert et précisant le 4 des ides de juillet, comme date de son élévation. D*un autre côté, je me serais dit qu'on doit avoir une confiance toute particulière dans des chroniqueurs spéciaux comme D. Caulaincourt et Dom Cocquelin, tous deux moines de Corbie, et devant par conséquent attacher une importance particulière à un événement dont leur abbaye célébra longtemps, chaque année, la commémoration. Une découverte du curé-doyen de Corbie est venue à temps lever tous mes doutes.

Au moment où éclata la révolution, M. Leulier, curé de Siint-Albin de Corbie, fit transporter à son presbytère les nombreuses reliques de l'abbaye pour les soustraire aux profanations. Il se retira plus tard à l'hospice de Corbie et y transporta dans treize sachets les corps de S. Gentien, de S. Précord, de Ste Laurienne, de Ste Agrippine, les chefs de S. AdélardetdeS. Valentin, des ossements de S. Paschase Radbert, de S. Brice et d'autres Bienheureux. Ce précieux dépôt demeura dans cet asile provisoire jus-

330 s. pAsciiASB radbkrt. asbè ne. corbie.

qu'en 1830, éponuc où en eut lieti la récognition et où on le transporta, solennellement à l'éfriise paroissiale de Saint-Pierre <le Corbie.

On oublia nlors ù l'Iioi-piiic une pluqite (ie plumb avec inscription, à laquL'lIc sans doute on altncbiiit peu d'importance. Cette plii'ino a Ole retrouvée, en I86^, par M. l'abbé Douillet, cnré-doyea de Corbie, qui voulut bien me lu communiquer. Je ni" suis empressé dein faire graver et de la publier dans le Bulletin de la Snciété des antiquaires de Picardie, uou-seuleinent parce qu'elle précise la date de la transluliou de S. Puschase Radbert, date qui pouvait être contestée, en rsiison des variiintes que nous offrent b. ce sujet le^ annalistes bénédictins et nos historiens locaux, mais aussi parce que l'enclievét renient des lettres et des abréviations en font un curieux monument de l'épigraphie du X[« siècle.

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Cette plaque, pesant ti 18 grammes, a 0,1 11'" de haut sur 0,3 19"° de lai'ge et 0,003" d'épaisseur. L'inscription dont nous reproduisons ici le fac simile a été répétée derrière k une époque plus récente, mais d'une façon presque illisible.

s. PASCHASE RADBERT. ABBÉ DK CORBIE. 331

Nous Usons ainsi ces neuf lignes :

Anno ab incarnacione Dni (Domini) MLVIII, translatum est corpus sci (sancti) RadbertiJIII eA(us) julii, régnante in Galliis rege Henrico. Hujus translacionisauctor fuit Wido presul Ambianensium, primo ordiriacionis sue anno; procurator et minister Corbeiensium, Fulco Mo(as), Iste est Ratbertus Pascasius, discipulus et successor sci (sancti) Adalhardi qui de Sacramentis dominici corporis libelum edidit mirificum.

La lecture que nous proposons ne pourrait être contestée que dans quelques menus détails. A la seconde ligne, on pourrait supposer que la lettre r de Ratbe[iti a un double jambage, comme Ta de Galliis , et que l'abréviation de Sancti ne se compose que des deux lettres se ; mais nous aimons mieux y voir un i réuni à Tr de Ratbeuti, d'autant plus que nous trouvons un i dans une autre abréviation du Sancti, à l'avant- dernière ligne.

Au commencement de la troisième ligne, nous lisons ed pour Emus et non pas id (m). Il est vrai que Te est assez mal formé; mais en lisant id (us)^ on ne pourrait expliquer la barre du d qu'en la prenant pour le sigle de us : or, nous pensons qu'on ne la rencontre nulle part avec cette signification ; c'est en vain que nous l'avons cherchée dans le Dictionnaire des abréviations de M. Alph. Chassant et dans les ouvrages analogues de Paléographie.

On remarquera à la troisième ligne que le T du mot est se trouve uni à la première lettre de Ratbertus. C'est un genre de licence que le graveur avait déjà pris trois lignes plus haut, en joignant le t final de Fuit à la lettre initiale de Wido.

Ainsi donc, d'après cette inscription, ce fut le 4 des ides de juillet de l'an 1058 que fut transféré le corps de S. Paschase Radbert, sous le règne de Henri 1", par les soins de Guy ou Wido, évêque d'Amiens, qui avait pris possession de son siège cette même année, alors que Foulques, abbé de Corbie, était procureur et ministre de ce monastère. Comme la gloire de Radbert consiste surtout dans le traité

332 8. PA>CHASK TIADBEUT. ABBK DE CORBÎE.

qu'il écrivit sur rEuchnpistie, l'inscription rappelle le litre de cet ouvrage qu'elle qualifie (Xadmirable

L'inscription que nous venons de reproduire, et qui se trouve aujourd'hui adaptée à la nouvelle châsse de Paschase Radbart, n'a pas seult.'nie it un sérieux intérêt archéologique en raison de sa date, du fait qu'elle constate et de ses bizarreries épigraplii(]ues; elle éveille aussi de nobles souvenirs histori(|ues, en nousoffrant réunis les noms d'un roi de France, d'un saint (jui a été un des premiers écrivains de son siècle, d'un évéque d'Amiens et d'un abbé de Corbie, (jui furent longtemps séparés par leurs dissentiments, mais qui se trouvèrent toujours unis dans leur obéissance au Saint-Siège, dans leur zèle pour la gloire de l'Eglise et dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes ^

On lit le 3 septembre 1710, à Corbie,une seconde translation des reliques do S. Paschase, qui sont encore aujourd'hui vénérées à réélis» p.u'v/issiale de Saint-Pierre de Corbie.

On conserve aux Carmélites d'Amiens un os du pied de S. Paschase ; à l'abbaye de Solesme (Sarthe), un os du bras, donné en 1867 à Dom Guérancrer par M. le doven de Corbie.

CULTE ET LITURGIE

Le nom de S. Paschase Radbert est inscrit, au 26 avril, dans les martyrologes de Corbie, d'Amiens, de France, dans ceux de Névelon et de Bucelin ; il est invoqué dans les anciennes litanies de Corbie.

On faisait sa fête à Corbie sous le rite double de

* Sur les divers j^ersonnages mentionnés dans cette plaque, voir ma Notice sur un'* inscrijHion du XI^ siècle, provenant de V abbaye de Corbie,

s. PASCHASE KADBKRT, ABBÉ DE CORBIE. 333

deuxième classe» et on y célébrait, le 12 juillet, la translation de ses reliques (Ordo de Corbie^ 1787). — Simple mémoire au 26 avril, dans nos bréviaires de 17i6 et 1840. Rien dans le bréviaire actuel.

Une des chapelles de l'église Saint- Jean, de Corbie, était dédiée à Paschase Radbert.

ICONOGRAPHIE

s. Paschase est représenté avec une monstrance qui fait allusion à son traité du Saint-Sacrement. Baillet nous dit que j on le dépeint la tête couronnée de rayons » . Nous ne trouvons à signaler dans notre diocèse qu'une statue moderne à Saint-Pierre de Corbie et un vitrail à Villers-Bretonneux.

M. Danse, dans une lettre datée de 1758 et publiée dans le tome ix des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie^ décrit ainsi le cénotaphe de S. Paschase Radbert: « Il y a plusieurs paroisses à Corbie. Dans celle de Saint- Jean a été enterré Paschase Radbert au milieu du chœur. Quand on a levé son corps, ou plutôt depuis, on a changé la direction de la pierre noire qui couvrait son cercueil ; elle est chargée d'une croix en bosse. Au-dessus de ce tombeau est posée, sur quatre soutiens, une pierre sur laquelle est représenté en relief le saint Abbé; mais le monument ne m'a paru que du siècle dernier : encore en estil peu digne par sa forme et sa structure, n

BIBLIOGRAPHIK.

Le poème qu'Engelmode, évéque deSoissons, composa du vivant de Paschase à la louange du célèbre bénédictin, a été publié par Sirmond en tête des œuvres de S. Paschase, par Pierre de la Lande, dans les Supplementa cond- Korum Gailiœ^ei par M. Migne, dans le tome 120 de sa Patrologie latine.

r^34 S. PASCHASE UADBERT. ABBÉ DE CORBIE.

A l'occasion de la translation des reliques de S. Pascbase, faite en 1058^ un moine anonyme de Corbie, peut-être S. Géraud, composa une très-courte vie de S. Paschase, qui est insérée au tome VI des Actes Bénédictins (p. 5G7). On trouve dans le môme volume (p. 12':;?) un éloge historique rédigé par Mabillon et dont les principaux traits sont empruntés aux œuvres du saint bénédictin. Henschénius, au 26 avril, a réédité une vie assez fautive, empruntée au martyrologe de Hugues Ménard et à la biographie que Sirmond a placée en tête de son édition des œuvres de Paschase. Il y a joint un savant commentaire historique (t. III aprii., p. 462.)

Outre ces documents et les écrits déjà cités de Ampère, BuLTEAU, L. Delisle, Flodoard, Loup de FERRiÈiŒS, RoRHBACHER, etc., nous avons consulté :

Manuscrits : — Collection de Vies de Saints, n** 12607, de la Bibliothèque nationale (XI 1^ siècle). — Anciens Le£^ tionnaires de l'abbaye de Corbie et spécialement le n® i 5? (XV^ siècle.) — Caulaincouiit, S. Peiri de Corbeia fundatio^ p. 85. — Nerlande, Dissert, sur S, Honoré, dernier chapitre. — Collection de D. Grenier, t. 47, f° 170; t. 125, f«26:i; t. 94, f° 179.

Imprimés : — Gallia christiana, x. 1269. — Mabillon, AnnaL^ ii, 652; m, 13; iv, 493. — Baronius, Annal. ann. 771, n. 3; ann. 807, n. 7 ; ann. 822, n. 5. — Legi- PONT, Hist. lût. bened.^ m, 77. — Proprium eccles. Corbeien- SIS, 26 april. — Paschasii Radberti Opéra ^ édit. de Sirmond et de Migne. — Bucelin, Menol. benedict. — S. Ge- RAUDus, Vita S. Adhalardi, prolog. — Labbf., de Script, eccles,^ II, 155. — D. Cocquelin, Hist. régal, abbat. S. Pétri. — Gousset, Actes de la province ecclés, de Reims, i, 202. — D. Ceillier, Hist. des auteurs sacrés, xix, 87. — Hist. lit t. de la France^ iv, 269 ; v, 287 ; x, 28. — Fleury, Hist, eccL, édit. Didier, t m, 289, 325, 348, 375. — L'abbé Pécheur, Annales de U Église de Soissons, i, 317. — M. Barthélémy, Annales hagioL, x, 466 ; — les Petits Bollandistes, iv, 464.

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