‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens (volume 2)Chapitre 57 sur 65 · MONUMENTS ET ICONOGRAPHIE · texte numérisé non relu

MONUMENTS ET ICONOGRAPHIE

Ce qui restait à Crépy de l'ancien château habité par Simon Cla poterne Saint-Arnoul) a été détruit en 1857, sous un malheureux prétexte de sécurité publique.

On doit déplorer aussi la destruction du tombeau primitif de Simon, qu'on voyait encore au siècle dernier dans les grottes vaticanes de Saint-Pierre de Rome.

Pendant les derniers sièges de Crépy, fut accomplie la destruction d'un riche cénotaphe que les moines de Saint- Arnoul avaient érigé à leur bienfaiteur. Carlier nous en a laissé la description suivante : a Ce monument, qui a été remanié au XIII* siècle, représente un pape assis (Grégoire Vil), revêtu de sa chape et des ornements pontificaux, la tiare en tète. On voit à ses pieds la figure du B. Simon de Crépy, en habits de moine, à genoux sur un prie- Dieu, les mains jointes et posées sur ce prie-Dieu, la moitié du corps tournée vers le pape qui lui présente une mitre ornée de fleurs de lis. Derrière le prie-Dieu est une figure de singe qui foule aux pieds un léopard. La mitre fait allusion aux dignités ecclésiastiques que le comte avait refusées depuis son entrée dans le cloître. Le léopard foulé aux pieds signifie le mépris que Simon avait fait des pompes du siècle et de tous ses biens périssables : nous avons

518 s. SIMON, œMTE d'amiens.

remarqué que les ancêfres de Simon avaient choisi le léopard pour armes ou symbole. Le singe et les fleurs de lis ont été ajoutés au XIIP siècle. » {Hist. du dtiché de Valois y I, 352.)

On voit à l'église de Mouthe un tableau (1845) et une verrière moderne où est figuré S. Simon.

BIBLIOGRAPHIE

Un moine anonyme de Saint-Oyen nous a laissé une Vte de S, Simon qui mérite confiance. L'auteur déclare avoir puisé ses renseignements auprès de personnes qui avaient vécu dans l'intimité du Saint et aussi parmi les membres de sa famille: toutefois, il ne fournit que fort peu de renseignements sur sa généalogie et sa carrière militaire : c'est le point de vue monastique qui absorbe tout entier l'écrivain. On attribue généralement cette œuvre à la fin du XI* siècle, parce qu'il y est parlé comme d'un fait récent de l'élévation de S. Anselme à la dignité d'archevêque de Cantorbéry. Le P. Pierius rejette cet écrit au delà de l'an 1109, parce que la qualification de bonx memorix accompagne le nom de S. Hugues, abbé de Cluny, mort en 1109. Dom Rivet, dans V Histoire littéraire de la France (t. VIII, p. 427), n'admet point cette raison comme décisive, parce qu'au XIP siècle on a donné parfois ce titre à des personnes vivantes.

Le texte du moine anonyme a été publié successivement par d'Ach^Ty, en 1651, dans son édition des Œuvres de Guibert de Nogent (pp. 671 et 678), d'après un manuscrit de l'abbaye d'Ourscamp ; par Mabillon, dans le tome ix de ses Actes bénédictins (p. 370) ; parle P. Pierius, dans le tome viif de septembre des Acta Sanctorum (p. 711), avec un long commentaire dont nous avons amplement profité; et enfin, en 1869, par M. Caillette de THervilliers, qui en a donné une bonne traduction d'aljord dans la Picardie (t.

s. SIMON, COMTE d'aMIENS. 519

VJI et viii), et ensuite dans Tintéressant ouvrage intitulé : Compi'ègne. sa forêt, ses alentours; études et souvenirs historiques et archéologiques, suivis de documents relatifs à

la vie du B, Simon, comte de Crespy et d'Amiens,

La chronique d'Albéric de Trois Fontaines, éditée par Leibnitz et en dernier lieu dans la Patrologie de Migne ; Hariulfe, dans sa Vie de S, Amoul, lib. i, c. xv et xxiv (Act. Sanct. ben. t. ix, p. 523) ; Guibert de Nogent (De Vita Sua, L i, c. x); la Chro'hique d'Etienne, abbé de Bèze (Spicilége, t. ii, p, 434); celles de Hugues, moine de Fleury, et de Rigord, nous ont fourni un certain nombre de renseignements sur Simon, ainsi que les ouvrages suivants :

Griffith (Alford), Annal. Eccles. Britann. — Nicol. ViGNiER, Chronique de Bourgogne. — La Morlière, Maisons illustres de Picardie, pp. 64, 73. — Colliette, Mém. sur le Vermandois, i, 625 ; ii, 6. — Bouchet, Table généalogique des comtes de la Marche. — Mabillon, Annal, bened. v, 77, 92, 118, 173, 183. — Rivet, Hist. litt. de la France, viii, 427. — Graves, Statistique du canton de Crépy en Valois. — V. De Beau ville, Hist. de Montdidier, i, 6 1 . — L'abbé Saba- TiER, Vie des Saints du diocèse deBeauvais. — Et les ouvrages déjà cités de Brainne, Carlier, Tabbé Defer, Du Cange, DusEVEL, Fauchet, H. Hardouin, Tabbé Laffineur, etc.

Chifflet a composé des observations restées manuscrites sur la biographiede Simon. Nous ne connaissons cet opuscule, aujourd'hui perdu probablement, que par les citations qu'en ont faites les BoUandistes.

Nous avons vainement cherché dans les bibliothèques de Paris et de la Picardie, Touvrage du P. Dunod intitulé : Vie de S. Simon de Crespy, Besançon, 1728, in- 12 de 103 pages.

s. THÉOFRIDE

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