DIACRE ET CHANOINE DE L ÉGLISE D AMIENS
23 Octobre. — f VIIIe Siècle. .
La vie de S. Domice 1 est inséparable de celle de de Ste Ulphe, dont il fut le guide et le protecteur dans la solitude de Boves. Nous devons donc réserver la biographie du saint chanoine pour l'un îr à celle de sa fille spirituelle, et nous borner ici à consigner les renseignements spéciaux relatifs aux reliques, au culte et à l'iconographie de S. Domice.
RELIQUES
S. Domice avait été inhumé dans son ermitage de Fouencamps (canton actuel de Sains), où la piété des fidèles érigea bientôt un oratoire. Nous ignorons l'époque précise où eut
1 DomitiuSy Dometius, Domicius ; — Domisy Domisse. — - Il est désigné 60U8 le nom de Domitianvs dans le calendrier d'un missel d'Amiens (n° 154 de la Bibl. d'Amiens). — Deux martyrs portent le nom de Domice ou Doraèce, l'un, honoré en Grèce, 1c 23 mars ; l'autre, originaire de Perse, honoré le 5 juillet.
S. DOMICE, CHANOINE DAMIENS. 555
lieu l'élévation de son corps; ce fut probablement du VIII* au IX* siècle, et non pas en 1279, comme l'avance le P. Sellier, dans sa Nouvelle Vie de sainte Ulphe (p. 89).
Les reliques du saint diacre furent transférées à la cathédrale, en même temps que celles de Ste Ulphc. Avant la Révolution, elles étaient renfermées dans une chasse de vermeil ; le chef, mis à part, se trouvait dans un reliquaire d'argent, en forme de coupe, où étaient gravés les douze signes du zodiaque (Manuscrits de Pages, v, 500).
Le P. Daire (Hist. d'Amiens, n, 135) nous dit que, le 21 décembre 1 054, l'évéque François Faure ouvrit tout à la fois les châsses de Ste Ulphe et de S. Domice, pour en donner quelques reliques à l'abbaye du Paraclet et à la reine Anne d'Autriche, qui se trouvait alors à Amiens avec son fils, le roi Louis XIV. Il y a là une légère inexactitude : car le Registre aux délibérations du Chapitre (page 59 du Ms. 517) nous apprend que la châsse de S. Domice ne fut ouverte qu'en 1656, deux ans après l'extraction qui avait été faite de celle de Ste Ulphe. Les Mémoires chronologiques de De Court (t. i, pages 890 et 891) ont également bien précisé ces deux dates.
En 1718, le chanoine Langlois fit présent à l'église de Molliens-Vidame d'un reliquaire contenant des ossements de Ste Ulphe et de S. Domice (Daire, Histoire du doyenné de Picquigny, p. 42) ; dès lors, un culte spécial s'établit dans cette paroisse pour les deux saints, et on s'y rendit en pèlerinage, les deux premiers dimanches de mai ; il est probable que la réception de ces reliques eut lieu le i*r mai : car Pierre Bernard, dans le récit manuscrit de ses Pèlerinages, raconte que, passant à cette date à Molliens-Vidame, il vit un grand concours de peuple qui allait honorer S. Domice.
On conserve à la paroisse Saint- Médard de Lihons un bras de S. Domice, qui provient de l'ancien prieuré. D'après Sébastien Rouillard (Li huns en Sang Ters, p. 54), l'antique dévotion portée à S. Domice proviendrait de ce que le saint diacre, après avoir quitté le chapitre de la cathédrale, serait resté pendant quelques années dans un prieuré fondé à
556 S. DOMÎCE, CHANOINE I) AMIENS.
Iiovcs par le monastère de Lihons ; ce ne serait qu'ensuite qu'il aurait embrassé une vie presque érémitique. Aucun document ne vient confirmer cette supposition, qui reporterait à une date si reculée l'existence du prieuré de Boves.
L'église de Longpré-les-Corps-Saints possède une relique de S. Domice, provenant de l'ancienne collégiale.
Les reliques de S. Domice furent sauvées, en 1793, par M. Lecouvé, maire d'Amiens, vérifiées par M. Voclin, vicaire général, et confiées à M. Lejeune, curé constitutionnel de la cathédrale. Rendues par lui, en 1802, elles furent reconnues en 1816 et en 1829, et se trouvent aujourd'hui dans la grande chasse dite de S. Honoré.