MAUGUILLE ET S. VULGAN
il prit Mauguille pour compagnon ‘ et l'associa à ses prédications, à ses voyages et à toutes ses œuvres. |
Après la mort de S. Fursy (650), son disciple désolé se mit à chercher en quel lieu il pourrait se livrer à son goût pour la vie contemplative. Attiré par la renommée de Centule, il y alla solliciter son admission. C’est là que, pendant quelque temps, il se fortifia dans la pratique de toutes les vertus; mais bientôt, son humilité ayant trop à souffrir des marques de déférence et de considération qu’on lui témoignait, il demanda l'autorisation de se consacrer à la vie érémitique. On sait que la règle de S. Benoît permet la vie solitaire aux moines qui sont assez avancés dans la vie spirituelle pour résister aux dangers de l'isolement.
S. Mauguille redoublait de Jeûnes et de prières pour que le Seigneur éclairât sa vocation. Une nuit, il vit en songe un messager céleste qui lui adressa ces paroles : « Suis-moi et remarque bien les lieux où je vais te conduire : c'est la que tu consacreras tes Jours au service de Dieu. » L'ange, le précé. dant, lui fit traverser divers pays et s'arrêta enfin, en disant : « Voici l'endroit où tu vivras et où tu mourras. » La vision s’évanouit. Dés le lever du
accueillis par Sigebert. L'auteur aura confondu Sigebert, roi d’Austrasie, avec Sigisbert, roi d’Est-Anglie, et se sera trouvé ainsi entrainé à supposer que S. Fursy et S. Mauguille auraient visité l'Allemagne. (Voir notre biographie de S. Fursy, dans le tome précédent, pages 247 et 266).
1 Comes individuus. dit Hariulfe, ce qui ne concorde pas avec
diverses légendes de S. Fursy qui lui donnent un bon nombre de compagnons.
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jour, Mauguille ayant raconté à ses confrères le songe dont il avait été favorisé, l'abbé, convaincu par ces paroles, chargea plusieurs religieux de l’accompagner à la recherche du lieu désigné, en se munissant de toutes les provisions nécessaires. A environ quatre lieues de là, S. Mauguille reconnut avec joie le monticule qu'il avait vu en songe ; il s'empressa d'y bâtir une cellule et un oratoire, avec l’aide des moines, qui retournerent ensuite à l’abbaye de Centule.
La solitude du Saint était située à Monstrelet !, à 300 metres de l’Authie *, là où devait s'élever plus tard l'église de Monstrelet *. C'était alors une retraite sauvage, perdue.au milieu des forêts et entourée de marais tellement inaccessibles que notre solitaire pouvait difficilement aller puiser au bord de l’Authie l’eau qui lui était nécessaire. Plein de confiance dans la toute puissante miséricorde du Seigneur, il fit un signe de croix sur un aride tertre de gazon,ct soudain Jaillit une source d’eau vive qui,se creusant un lit sur la pente des côteaux,
1 Monstroledus, Montrelet ou Monstrelet-Saint-Mauguille, lieu détruit, près de Boufflers, dans le canton de Crécy, ne doit pas être confondu avec Montrelet, dépendance de Fieffes, dans le canton de Domart. — Malbrancq (t. 1, p. 401) imagine l’étymo- Joie suivante de Monstrelet : « À monstrata per angelum futura sede. » Jean de La Chapelle désigne ce lieu sous le nom de Monasterioluin, ce qui a fa:t croire à quelques hagiographes qu’il s'agissait de Montreuil-en-Ponthieu.
1 Alleia: Bulteau traduit par Auchie; Hugues Ménard, La Mère de Blémur, etc., par Alté.
3 Onen voyait encore des restes de fondation, il y a quelques années, du coté de Villeroy.