‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens. Tome troisièmeChapitre 30 sur 78 · MAUGUILLE ET S. VULGAN · texte numérisé non relu

MAUGUILLE ET S. VULGAN

prit son cours vers l’Authie. Cette fontaine ne servit point seulement aux besoins personnels du Saint : son biographe du XI° siècle, le moine Hariulfe, nous dit que les malades recouvraient la santé en buvant de cette eau, dont l'efficacité ne trouvait d'’obstacle que devant l’impénitence des pécheurs *.

S. Mauguille consacrait ses jours à la méditation et au chant des psaumes, en pleurant les péchés d'autrui comme s’il s'en était Iui-même rendu coupable. Au bout de quelques années, sa santé fut gravement compromise par l'excès des austérités. Averti par un ange, l'abbé de Saint-Riquier, accompagné de plusieurs religieux, s'empressa d'aller à Monstrelet pour prodiguer au malade les secours dont il avait besoin. Les soins charitables et la Joie qu'éprouva S. Mauguille à revoir ses anciens confrères, rétablirent vite sa santé.

Le saint anachorète devait bientôt partager sa

solitude avec un de ses compatriotes, si nous en croyons Hariulfe qui nous rapporte les faits sui-

vants :

S. Vulgan”, né en Angleterre, était aussi illustre par sa naissance que par son savoir. Les suffrages

1 Il existe à Monstrelet une fontaine, dite de S. Fiacre, où les malades vont puiser de l’eau. Serait-ce celle dont l’origine était attribuée à S. Mauguille ? La tradition locale reste muctte à ce sujet. | 3 Vulganus, Vulganius, Walqamus, Walganus, Wulgamus, Wulgamius, Wiganius, Wiganus; — Vilqain, Vilgaine, Vulgain, Wigain, Walgam, Walgan, Wilgain. Wilgan.

+ mag

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des chrétiens de la province de Douvres le désignérent pour occuper le siége épiscopal de Cantorbéry ‘. Pour échapper au péril des honneurs, Vulgan supplia le Seigneur de lui fournir les moyens de fuir. Un ange lui apparut et lui dit: « Traverse l'Océan, dirige-toi vérs l’Authie et rends-toi dans la solitude qu'habite un pieux serviteur de Dieu. Au nom du Seigneur, tu le guériras de sa maladie et tu deviendras ensuite son compagnon. » Vulgan, s'empressané d’obéir à cet ordre, se rendit sur les bords de la mer, y trouva une barque qu'un ange conduisit, sans le secours des rames, à travers les flots de l'Océan. Après avoir pénétré dans la baie de l’Authie *, il remonta le cours du fleuve et arriva rapidement à l'ermitage de S. Mauguille*, où, après s'être mis en oraison, il imposa les maïins'sur le malade.

L'ermite, revenant soudain à la santé, se souleva de sa couche et se jeta dans les bras de son sauveur. Des lors les deux saints contractérent une etroite amitié et résolurent de vivre ensemble. fils associcrent leur ferveur et leurs oraisons en professant tous deux le même amour pour Dieu, la même

! Dum esset ad arcem episcopatus Dorovernensium civitals, quæ Cantuaria nuncupatur, prelectus. Le Cointe, M. Louandre, etc., ont cru à tort qu'il s'agissait du siége épiscopal de Douvres, ville qui n’a jamais eu d'évèques. D'autres écrivains ont avancé que S. Vulgan avait été quelque temps archevèque de Cantorbéry, ce qui est complétement erronné.

? Ad portum Alteiæ ?

3 L'Authieétait alors parfaitement navigable, puisque, plus tard. les Normands la remontérent pour aller dévaster Doullens.

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