‹ Hagiographie du diocèse d'Amiens. Tome troisièmeChapitre 35 sur 78 · MILLEFORT, MARTTR · texte numérisé non relu

MILLEFORT, MARTTR

2° Seronle variante. Cet évèque écossais avait intérêt à se cacher pour éviter la vengeance de ses ennemis ; il changea de nom *t loua ses services à un fermier de la Bouvaque; la femme de ce dernier reconnut bientot dans le nouveau serviteur un saint prêtre déguisé et lui confia la direction de sa conscience. Le fermier, qui ignorait la nature de ces relations, se laissa égarer par la jalousie ; dans un accés de fureur, il trancha la tête du Saint et enterra le corps à l'endroit même du supplice, à la-Bouvaque. Les miracles qui s’y accomplirent bientôt désillèrent les yeux du meurtrier qui crigea lui-même une chapelle sur les reliques du martyr.

3° Troisième variante. Le fermier aurait frappé Millefort dans un lieu voisin de la Bouvaque, — peut-être à Thuison. Le Saint aurait ramassé sa tte dans ses mains et se serait ainsi rendu jusqu'à la Bouvaque, lieu qu'il avait choisi pour sépulture. Une chapelle aurait cte érigée là par les fidèles des environs qui avaient reconnu sa sainteté. Un mayeur d'Abbeville, Jean de Maupin (1419) en faisant reconstruire la chapelleruinée par le temps, fit de vaines recherches pour retrouver le corps de S. Millefort.

4° Quatrième variante. Ce serait uniquement par un sentiment d'humilité qu’un saint évêque régionnaire d'Écosse aurait quitté son siége et même son nom, vers le VITI® siècle, pour venir se mettre en service chez un colon du Ponthieu. Aprés avoir commencé à tracer un sillon, il abandonnaït parfois ses chevaux pour s’agenouiller et se livrer à la prière : mais une main invisible guidait alors la

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charrue. La perfection de son’ labour, le zèle qu'il mettait à remplir ses devoirs, excita l'envie des autres domestiques qui, après avoir vainement essayé de le faire expulser, lui tranchèrent la tête avec un soc de charrue, alors qu'il labourait. Le Saint remit sa tête sur ses épaules et n’en continua pas moins de diriger la charrue. Quand il eut fini sa tâche, il ramena ses bœufs à la ferme et laissa rouler sa tête aux pieds de son maitre épouvanté. Celui-ci connut bientôt la vérité par les révélations de quelques témoins; il fit punir les meurtriers et rendit les honneurs de la sépulture au corps de S. Millefort, qui trahissait déja sa béutitude par l’auréole de lumière qui l’entourait.

Ajoutons encore, pour épuiser toutes les variantes, qu'on fait vivre Millefort tantôt vers les premiers temps du christianisme, tantôt au VIF siècle, tantôt au XIL° ; qu'on le dit, selon les pays, originaire d'Irlande, d Espagne ou de Portugal, et qu'on en fait parfois un évêque de Lyon.

Toutes ces traditions, si diverses dans leurs détails, s'accordent en ce point que $. Millefort aurait été un évêque étranger, martyrisé à la Bouvaque. Nous sommes donc disposé à repousser toutes les interprétations qui auraient pour but de confondre Millefort avec un autre Saint et de lui retirer son identité.

Nous ne nous arréterons pas à réfuter l'opinion qui le confondrait avec S. Onésiphore, martyrisé le 6 septembre dans l'Hellespont. Elle se base uniquement sur la conformité de la désinence des noms

et sur la date du pèlerinage de la Neuville, qui

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