HAI " >UR
que je suis morte. Ne me pleur coupable. Pardonne-moi seulcnu
a C'est pour obtenir ce pardon que je quitte U vie. O mon Vincent' j'aurai tout racheté. J'ai conjuré la i failli te donner. Maintenant j< pitié, n'envelopj il mon souvenir d
pensée de malédicrii
a C'est moi qui ai tiré sur toi, Vincent On Ce Luirait dit si je ne te 1 première. le n'ai donc pa aveu.
« Ton ami Robert Dalgrand avait la vérité. Sans lui, j'aurais eu le bonheur
aonstrucux de te posséder à toujo non
crime. Faut-il le dire?... le n'aurai* pas a remord '
a Non, Vincent. La joie et l'orgueil épouse m'auraient fait m'applaudir de mon horrible action. Ce n'était pa Une femme ne peut pas être à la fois aussi boliquement coupable et aussi reuse! Il ne fallait pas que cela fût.
a Le but radieux auquel j'aurais toucru plique ma conduite. Je n'ai pas voulu te tuer, toi sans qui je ne puis pas vivre. Je p blesser à la jambe, pour te tenir enferm moi pendant de longs jours, pour t'entourcr de mes soins, pour m'afficher auprès de toi, et pour
HAINE D AMOUR 4OQ
t'empêcher de revoir l'autre... l'autre!... celle que tu croyais aimer.
« Malgré ma sûreté de main, ma précaution de viser très bas, je t'ai porté un coup qui a failli devenir mortel. O pauvre, pauvre adoré!... Si tu savais ce que j'ai ressenti en approchant de ton lit de souffrance!...
« Si tu étais mort, je me serais tuée.
« Tu n'en doutes pas, maintenant...
« Oui, l'homme, le misérable criminel que tu as vu bondir sur les rochers, c'était moi! Je me suis montrée exprès, — sûre, par mon costume, d'égarer tes soupçons. En haut, dans un fourré, j'avais laissé une jupe, un chapeau de femme et une mante de soie, avec lesquels j'étais venue. J'ai rapidement passé tout cela sur mes vêtements masculins. Mais j'ai jeté dans le Puits du Diable mon petit revolver — celui à crosse de nacre avec mon chiffre en or — et mon feutre d'homme roulé autour d'une pierre. Je savais que ces deux objets tomberaient tout au fond, par l'étroite ouverture, là où se resserre le puits, et qu'ils seraient hors de portée, à moins qu'on ne minât le roc.
ce Maintenant, tu sais tout, Vincent. Tu es guéri, ma mort te rend libre... Tu vas être heureux... Oh! ne me chasse pas entièrement de ton cœur. Donne-moi ce pardon que je te demande !
41' >AMOUR
a Si un élan de un dernier i :nent de tendr. :r la
ire qui ce dict>
accorde-moi une suprême gi tombe. Fais inscrire sur une p marbre : a Elle repose pm Xï\At
qu'éternellemen: la pierre
drai Y: je pourrai y croire. On ne n^ moi
a Tu fi en suis sûre. Tu es
Vinu i ici I :t cette pensée adoucie en douleur de savoir que désorn par une autre.
« Adieu, et pardon ne.
« Sabk
« Je te prie de me faire enterrer d cime village près duqi
été. d
ix mois s'étaient écoulés. Vincent de Villenoise avait épousé Gilberte.
Le soir des noces, la jeune fille, en ôtant de son corsage le petit bouquet d'oranger, montrait à son mari, sous les fleurs artificielles et cousu dans un sachet de satin, le brin de réséda gardé depuis le bal où elle était sa demoiselle d'honneur. Alors lui-même, en souriant, tirait de son porte-cartes un brin tout pareil. Chacun avait eu la même idée : le premier souvenir de leur amour devait les accompagner à la fête nuptiale. Cette gracieuse coïncidence avait jeté Gilberte aux bras de son mari, et commencé la défaite de sa virginale timidité. Ce fut la pre-
412 HAINI D a m
mière Heur i te nuit-là
fit amai
l'été commençait Di l'installèrent à Vil
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Bien des changent propriété. On trait comblé le Puits du Diable,
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A la fabrique et dans !
. ssant visage de la ; châtelaine. Mme de Villenoisc allait làpresque journellement, dans son panier attelé de deux poneys. Et c'était pour elle un amusement si doux d'exercer sur ce petit peuple une royauté rovidence généreuse, que son mari dw nir.
— Prends garde, mignonne, il ne faut \ me les gâter.
Ou bien :
— Méfie-toi d'un premier enthousiac
ne dois rien commencer que tu ne sois résolue à poursuivre.
Un jour, Gilberte, après beaucoup d'hésitations, pria Vincent de la conduire visiter la tombe de Sabine.
La jeune femme avait depuis longtemps appris par son beau-frère les moindres détails de la triste histoire, et même elle avait lu la lettre de la morte.
M. de Villenoise accueillit sa requête avec étonnement. Cependant, réflexion faite, il consentit.
Par une matinée splendide, tous deux partirent à cheval, à travers bois, se rendant au petit cimetière. Le groom tint leurs montures à la grille. Ils entrèrent.
C'était un de ces endroits adorables et mélancoliques, où, dans les très humbles campagnes, la mort se montre d'une bonhomie si douce et d'une si naïve coquetterie. Un fouillis de fleurs. Des rosiers, jadis plantés par des mains pieuses, mais qu'on a cessé d'émonder, et qui maintenant envahissent tout. Des herbes hautes, cachant la forme étroite et allongée des monticules funèbres. De larges marguerites, de petits œillets sauvages, des scabieuses aux tons fins, et, de place en place, les nobles hampes de roses trémières. On ne distinguait pas les sentiers. Grâce aux croix seulement, on évitait de marcher sur les tombes.
Mais, au milieu de toute cette verdure et de
ces couleurs, un espace d'une crud:
atti »qua l'oeil de Gilbert!
Elle s'approcha, éblouie parcetécla sous le ciel d'un bleu dur, dans la plu te de loi
Une grille dor,
devant la tombe de s
A deux pas derrière elle, M. de Vill gêné, restait les yeux à brûlure du soleil.
Le monum Wœuvn
teur. Appuyée contre le bloc de
le nom de la morte, une figu d'une grâce délicieuse i droite, dans un geste d'apa de pitié. Elle semblait vouloir taire de quelque chose d'infiniment doux dans Pi profondeur de la combe. Un peu au-dessoi; cette main, et déroulé à l'angle du bl( îllet
de marbre portait ces mots, qui commen geste de la statue :