BANQUE NATIONALE D'HAÏTI
Paris, le 13 novembre 1894.
Monsieur Stewarty Sénateur , Paris, Monsieur le Sénateur,
En admettant la limite éventuelle de jj 600,000, nous avions déjà atteint le maximum de ce qu'il était possible d'obtenir
des actionnaires. Ce chiffre est celui que le Gouvernement et Son Excellence elle-même réclamaient avec insistance. Nous étions donc légitimement fondés à penser qu'en l'accordant toutes les difficultés s'aplaniraient, et que le Gouvernement autoriserait purement et simplement l'émission des billets or dont il s'agit. Il n'en est malheureusement rien, et nous voyons se manifester une exigence nouvelle et inattendue qui dépasse les pouvoirs que nou8 tenons de l'Assemblée.
Dans ces conditions, nous ne pouvons passer outre; toutefois, le Conseil, soucieux de pousser l'esprit de conciliation aussi loin que possible, a recherché s'il ne pourrait pas, dans la limite des autorisations qu'il a reçues, laire une dernière concession. Il serai! donc disposé — une fois que le privilège d'émission des billets or aurait été consacré au profit de la Banque par une loi ou par un nouveau contrat, sanctionné par la loi — à s'engager à restreindre, quant à présent et jusqu'à nouvel ordre, rémission de ces billets à un chiflFre' déterminé, tel que % 8(10,000 or par exemple.
Cette restriction nous semble devoir faire taire toutes les objections qui ont pu être faites contre notre émission éventuelle de billets de banque or américain.
Le Gouvernement, ainsi que vous avez bien voulu nous le proposer de sa part, aurait aussi à déclarer qu'il abandonne le projet de « Banque de Port-au-Prince » et qu'il ne le soutiendra plus aux Chambres, de manière à rassurer les actionnaires sur rintégrité de leur contrat.
Le Président du Conseil d' administrât ion, E. LEHIDEUX.
V Administrateur délégué, C. MONTFERRAND.
^^di™^ ^^^^"^^■^^^^^^' ^^ ^^ rf^cemôre 1894.
COMPTABILITÉ N«252
Au Directeur de la Banques Nationale d'Haïti.
Monsieur le Directeur,
Je vous accuse réception de votre lettre du 12 courant n» 879, par laquelle vous vous engagez, conformément à l'ententoï verbale qui a eu lieu entre nous, à payer les appointements du mois de novembre moyennant 1/2 0/0 (demi pour cent) de commission extra sur ces paiements.
Nous sommes parfaitement d'accord. Durant l'intérim de la direction et pendant plusieurs mois, le département des finances a agi ainsi, d'un commun accord, avec la Banque, pour Port-au-Prince et la province. Avant le paiement du nouveau mois, le dernier, ainsi que vous avez pu le constater, était entièrement liquidé. Et si, à votre retour, vous avez trouvé le 11 décembre, dans la note hebdomadaire, une avance de g 30,000 environ non soldée, cela a tenu à ce que les recettes de la semaine avaient été très mauvaises.
Déjà, je vous ai fait hier une communication verbale lors de votre visite, sur la nécessité absolue qu'il y a de payer les mois de novembre et de décembre vers le 20 de ce mois au plus tard.
Vous m'avez promis de me donner une réponse; mais je viens de nouveau, le temps pressant, appeler votre attention sur cette question, qui est d'un ordre tellement élevé qu'elle ne saurait vous échapper.
Je n'ai pas le moindre doute que la Banque ne donne son concours le plus actif en cette circonstance au Gouvernement. Vous savez, Monsieur le Directeur, que les recettes à l'importation des mois de décembre et de janvier réunis, dépassent un million de gourdes.
La Banque serait donc largement couverte de cette avance, puisqu'elle aurait en mains un gage plus que suffisant, et
que le paiement du mois de janvier ne commence que le 10 février.
Je profite de cette occasion pour vous demander votre adhésion à la proposition concernant la dette extérieure et la dette intérieure.
Les questions dont j'ai Thonixeur de vous entretenir en ce moment sont d'une telle importance, qull y va de l'intérêt commun, tant de la Banque que du Gouvernement, de les régler le plus vite possible.
Recevez, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma haute considération.
F. MARCELIN
^^di™^ ^ort-au-Prince, le i 7 décembre i 894.
COMPTABILITÉ No 253
Président,
J'ai l'honneur de vous prier de trouver sous ce pli copie d'une letti:e que j'ai adressée au Directeur de la Banque Nationale d'Haïti.
Ce que je réclame de la Banque pour le service de la solde, de la ration et des appointements de décembre, est une chose qui s'est toujours pratiquée à chaque fin d'année, et qui est parfaitement faisable. Le Directeur de la Banque n'en a pas disconvenu dans la conversation que nous avons eue ensemble; mais je ne dois pas cacher à Votre Excellence qu'il m'a nettement avoué que la difficulté se trouvait dans le peu de confiance que j'inspire au Siège social, qui persiste à me regarder comme un adversaire de la Banque. Dans ces conditions, il m'a déclaré ne pouvoir s'engager avant d'en
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référer par câble au Siège social, ce qu*il a promis de faire le jour même.
J'ai l'honneur de vous prier. Président, d'agréer l'hommage de mon respect et de mon dévouement.
F. MARCELIN
Port-au-Prince^ le 21 décembre 1894.
A Son Eœcellence le Président d^HcCitù
Président,
Vous êtes au courant de la situation difficile qui m'est faite actuellement près de la Banque Nationale d'Haïti.
Il n'y a pas bien longtemps, en Conseil des Secrétaires d'État, une communication officielle constatait que la Banque voyait en moi un adversaire contre lequel il fallait se tenir en garde.
Le Directeur de cet établissement me l'avouait lui-même avec franchise, ajoutant que ses instructions étaient telles qu'elles ne lui permettraient pas, tout le temps que je serais à la tête du Département, de faire le moindre crédit à l'État. 11 se hâtait de m'en donner la preuve en refusant les fonds pour le service privilégié de décembre. Ce n'est pas que la Banque ait la moindre crainte pour ses intérêts, les importations de décembre et de janvier dépassant du, double les avances demandées. Elle agit ainsi parce qu'elle trouve logique de profiter des avantages de sa situation en face d'un Secrétaire d'État qui eut la téméraire pensée d'un établissement de crédit en concurrence au sien et lui fit sentir quelque inquiétude.
Dans ces conditions, je ne saurais être une entrave à la
haVti et sa ban^ub nationale
marche de votre Gouvernement. L'état précaire de nos finances nous fait le devoir de tenir compte de certaines considérations. J'ai la condction que la Banque ne s'entendi^a pas avec moi ou qu'elle me fera payer chèrement et au détriment des intérêts de l'État les plus légères concessions. Il appartient donc à Votre Excellence de ti^ancher la question dans l'intérêt du pays et du Gouvernement.
C'est ce que je vous prie de faire sans retard.
Je vous renouvelle, Président, l'hommage de mon inaltérable dévouement.
F. MARCELIN
Quelques jours après, le 23 décembre, la situation se déuouait par la retraite du Cabinet tout entier.
4173. —Paris, Société anonyme de l'imprimerie Kii^^t'lmann (G. Balitout, directeur),
12, rue de lu Grange-Batelière.
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