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* H la question de savoir ce qu’on ferait 'le ces indignes prisonniers. Les uns voulaient qu’on gardât le cadi et qu’oitluât le poète et le ferasli ; les autres v oulaient garder le cadi pour le faire Rançonner , et faire le lerasfa esclave ; 'nais tous semblaient d’avis qu’on tuât le
Poète.
Je né pouvais m’empêcher d’éprouver une grande compassion pour cet homme, dont la tournure et les manières annonçaient en effet un homme
'l’importance, quoiqu'il eût dit qu’il ^tait pauvre ; et voyant qu’on allait agir vigoureusement contre lui, je m’écriai :
" Quelle folie allez-vous faire? tuer le Poète 1 eh ce serait pis que de tuer la Poule aux œufs d’or ! Ne savez-vous pas Hue les poètes sont quelquefois très- *iches , et qu’ils peuvent, quand ils veulent, devenir riches à chaque instant , c <tr ils portent leur richesse dans leur l ète? N’avez vous jamais entendu parler 'le ce roi qui donna à je 11e sais quel t. t. 5
poète célèbre, un miscal (i) (l’or poi ,f chaquestance qu’il composail? Ne dit' on pas la même cliose du shah actuel ^ Et qui sait ? voire prisonnier peut- être le poète lauréat du roi lui' même!
— Est-ce vrai, dit un des bandits ' Alors , qu’il nous fasse de suite d ‘ 5 stances; et si elles ne rapportent pas 11,1 miscal chacune, il mourra.
— Allons ! allons ! crièrent - ils 3ll poète, charmés d’une aussi brilla^ perspective de gain ; si lu n’en fais p 3S; nous te couperons la langue.
Enfin , on convint qu'on garderait ^ 5
1 ^ j fl
trois prisonniers, et qu’aussitôt qu° aurait partagé le butin, nous nous reU 16 * trions en route pour Kipchâk.
Aslan nous réunit ah rs ; et chacun ",
obligé de produire ce qu'il avait Les uns apportèrent des sacs
( i ) Vingt-quatre grains font un miscal-
( iol )
les autres de l’or ; l’un d’eux, croyant
avoir fait une bonne prise, apporta un grand sac de monnaie de cuivre que, dans la nuit, il avait prise pour de l’argent. Tousses camarades se moquèrent <le lui. Ils ne s’étaient pas bornés à l’argent seulement ; et l’on étendit devant
fions des tètes de pipes en or, des bassins d’argent, des pelisses en fourrure , des
®challs , et une.inliuilé d’autres choses.
Lorsqu’on vint à mon tour , je mis en
évidence le plus gros sac de loinauns qu’on eût encore produit : ce tpti me Valut les applaudissemens de toute la Compagnie.
— C’est loien, c’est bien, Hajjî, me di- Ccnt-ils ; il est devenu bon Turcoman :
bous n’aurions pas mieux fait nous-
biêmes.
Mon maître en particulier ne tarissait Pas dans ses éloges. « H iqî, n on fils, me disait il , par mon âme , par la tê e de tfion père, je jure que vous avez agi kfa\entent; et je vous donnerai une
( loi ) *
de mes esclaves pour femme, et vous vi' vrez avec nous. Vous aurez une tente 3 vous, avec vingt moutons. Nous ferofl 5 une noce, et je donnerai à dîner à tou 1 le camp.
Ces mots retentirent affreusement 3 mon oreille, et ne firent que me fortifié dans la résolution de fuir à la premier® occasion. Cependant, je suivais atlefl' tivement la distribution du butin qü* allait se faire, espérant y être compi’ 1 * pour une part considérable. A ma grand®
mortification, ils ne me donnèrent p 3 * unseul dinar; en vain je m'écriai, en v3i 3 je suppliai ; tout ce que je pus entend 1 ’® fut que, si je disais un mot de plus, mecouperait la gorge. Jefus donc obfi-j®
de me consoler avec mes cinquante d 11 "
cals, tandis que mes compagnons se di*'
putaient autour de leur butin. Enfin,^ querelle devint générale et aurait d® 1 par une effusion de sang, si une pen*®; n’avait frappé l’un des combattans qui* e ' cria : « Pourquoi nous disputer? n’avo 11 *
11 nous pas ici un cadi ? il décidera entre » nous. »
Le pauvre cadi fut aussitôt placé au Milieu d'eux , et obligé de régler le partage des objets dont une partie lui appartenait effectivement, sansmême avoir le denier pour cent qui lui était ] du Comme juge.
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