SCÈNE II
ARTHUR, HALIFAX, JENNY, puis TOM.
ARTHUR, entrant.
Qu'j a-t-il donc?
BAUFAX.
Ah ! c'est TOUS, irès-bien !... Bonjour, monsieur Arthur... nous nousen allons... Jenny, em* brasse ta sœur, et partons.
ARTHUR
Qu’est-ce que cela signibe?
Jenny vous contera U chose; mol, je raia faire ^quelques préparatifs de départ.
\oM, entrant roide comme un manche à heUai, Ab! c’est TOUS, monsieur Halifax... merci, ahi merci... Je Youi en /ais mon compliment, il a été joli votre pourboire, et une autre fois, quand TOUS n’aurei que des cadeaux pareils à faire à vos amis, vous pourrez bien les garder pour vous... Tenez, le voilà votre chapeau; tenez, le voilà votre manteau.
ARTHUR
Que t'est-il donc arrivé, mon pauvre Tom?
jRNrnr.
Oui, voyons, assieds-toi, et conte-nous cela.
M'aueoirl... Si je puis m'asseoir dans trois semaines, je serai très-content 1
SENNT.
Mais qu’as-tu donc?
TOH.
Ce que j’ai !... J'ai que votre man s’est conduit vis-à-vis de moi d’une façon... Oh !..• allons donc...
ItNKT.
Comment mon mari est-il cause...
TOM
Gomment il est cause, 1e sournois?... Il vient à moi hier d’un air aimable, me dire: Tom, mon cher Tom, tu as envie d’aller à Londres, n’eit-ce pas?,.. Vous savez, c'était mon tic, je voulais
MAGASm THEATRAL.
filer à lieudree... je voulait voir Loodret» moll
ARTiitm.
Eh bien, tu y as été et tu l'ai vu...
TOM
Oh! oui, et agréablement encore, je peui m'en flatter!... Je lui réponds : Oh! ouii... oh! oui... oh! oui, monsieur Halifax!... Kh bien, dit-il, prends mon rhaprau et mon manteau, monte sur mon cheval, cours devant U voilure de sir John Dumbar, et en arrivant tu auras un bon pourboire, cl tu verras Londres... Je mets son cbapea^, qui m'allait horriblement malijc mets son manteau, qui m’était nne fois trop long; je monte surson cheval, qui était une fois trop dur; je pars d'un galop enragé... Quatre heures après nous étions à Londres... Je fais un clTort, Je descends de cheval. je preiidi mon chapeau à la main, et j'opvre la portière osée la ligure la plus agréable que je puis prendre.,, comme cela, tenex...
JBMNV.
Eh bien f
TOM
Eh bien, il parait que sir John n'ainie pas les figures agréables, car à p< inoeui-il vu la mienne à la lueur des lanternes do sa voiture, qu'U m’allonge le plus vigoureux soufflet !... Ecoulez, j’en al bien reçu, mais jam.iis, au grand jamais, un de la force de celüUla... VU d'abord pour mon pourboire, bon !
ARTHUR
O mon pauvre Toro !
TOM
Pull il ajoute : Conduisez ce drdle-là dans la mansarde, tandis que je vaii chercher chez le chancelier un ordre pour faire pendre un autre drdle.
JBNNr, .
O mon Dieu !
Oui, oui, c'est comme cela... Ça tous fait de la peine à vous... je le ctois pardieu bien, à qui ça n'en ferait-il pa»7... Alais attendez encore, ce n’est pas tout... Je monte dans ma mansarde et je me dis : An moins, de ma fenêtre je verrai Londres... il faisait un clair de lune magniCque!
ARTHUR
C'était une consolation.
£h bien f
TOM
Eb bien!... ma fenêtre donnait sur une cour, avec un grand mur devant... Un quart d'heure après, pendant que je regartlois mon mur, on remonte et l'on me dit : .\llons. allons, il faut repartir!..- Achevai? que je m'écrie ; je commençais à en avoir déjà assez de cet animal... Sans doute à cheval, qu'un me répond... 11 n’y avau pas à raisonner; je remonte sur mon quadrupède... quand je dis mou quadrupède, C'en était un autre quatre fois plus dur que le premier. Sir Joliii élatl déjà dans sa voiture; il me rie : Eu avant, drOle, en avant !... Je repars au*
galop... aux trois quarts du chemin, mon cheval s'emporte : je crie pour le retenir, plus je crie, plusil court!... Enfin, je croyaisqu'il allaitm'emporter comme cela au bout du monde, quand en passant devant l’auberge il s’arrête tout court; il parait qu'il a riiabitudc de loger ici... Moi, qui n'étais pas prévenu, je saule pardessus ses oreilles; vous comprenez, c'était mon chemin; c’eit alors que vous m'avez entendu crier: Ohl la, 1a.
JE?(.vr.
Mon pauvre Tom !
Obt oui, votre pauvre Tom, il peut s'en vanter d'être inléres.vanLl... Aussi, qu'il me demande jamais un service, votre crocodile de mari!
HALIFAX, rentrant.
Mon cher Tom, fais-moi un plaisir.,,
TOM
Un plaisir à vous?... Jamais... jamali!...
JEVNT.
Mais à moi, Tom?
TOM
A vous, c'est autre chose... Jamais non plus... TOUS êtes sa femme...
baufax.
Fais-moi le plaisir d aller aider le garçon d'écurie à meure le cheval à la voilure.
JEVNY. '
Entends-tu, Tom? je t'en prie...
TOM
Oh ! il faut bien que ce. soit pour vous.... Maif pour lui! jamais, jamais, jamais !...
Et maintenant, à nous , ma petite fempa; eu route I