‹ HalifaxChapitre 7 sur 54 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

TOM RICK, MU/, pu/l ANNA tl JENNY.

TOU RICK

Qoând on pense que Toilà une lettre qui n’cst qu’un simple morceau de papier plié en quatre, et qui vient de Londres , tandis que moi , depuis cinq ans que je dessèche d‘envie d'y aller, à Londres , je n'en peux pas venir à bout !... Oh I mais j'irai un jour à Londres... il n’y a que soixante milles d’ici à Londres, et avec une paire de jambes comme celles-là... mais entre deux soleils, j’y serai à Londres.

Anna et Jenny entrent. Anna danne son livre et sa mante à Jenny, quiles porte dans l’intérieur do l'bôtel, tandis j qu'elle s’approche de Tom Rirk. \

ANNA

Et que feras-tu à Londres, imbécile?

TOM RICK

Çc que j’y. [ferai, miss Anna, ce que j’y ferai? nia fortune... D’ailleurs, c’est comme cela, les jolis garçons font toujours fortune à Londres. Tenez, Jack... vous vous le rappelez bien Jack ? ANNA.

Non!

TON RICK

C'est possible, attendu qu'il avait quitté le pays avant que vous y vinssiez... Eh bien, Jack, il n’était pas si joli garçon que moi, U s’en faut... d’abord il avait trois pouces de plus, et puis des cheveux noirs^ce qui est fort laid.

ANNA

Merci 1

TOU RICK

Pour un homme... c’est fort joli pour une femme ; et puis un petit nez, ce qui est fort laid encore, et puis avec tout cela, mal bMi, des épaules larges comme cela... une taille mince comme cela... des petites mains, des petits pieds! peuhl... Eh bien ! ça n’empëche pas qu’il atourné la tète àuneduchesM.

Niais I...

TOU RICK

Niais tant que vous voudrez, mais c’est la vérité pure , la vérité du bon Dieu. Il était dans le parc SaintrJames , une duchesse passait dans sa voiture... elle l’a regardé du coin de l'œil, elle s’est informée où il demeurait, elle lui a envoyé sa femme de chambre... oui, oui, oui, sa femme de chambre, qui lui a dit devenir le lendemain, qui l’a fait entrer par une petite porte, qui l'a mtroduit près de sa maîtresse, et après qu’ils ont eu causé un instant en lête-à-tête comme nous causons là, la duchesse lui a dit: Mon ami, tu me conviens, et elle l’a logé dans le môme hôtel qu’elle, elle lui a donné un bel habit galonné, et elle l’a fait monter derrière sa voiture !... Ah î

ANNA

C’esl-ù-dire qu’elle l’a pris pour ion domestique.

TOU RICK

Pour son domestique, fi donc! pour son laquais, entendez-vous?... Oh Dieu! oh Dieu! quand donc pourrai-je aller à Londres?... Ah! tiens, tiens, cela me fait penser que voilà une lettre pour vous qui en vient, de Londres.

ANNA

Une lettre pour moi?

TOM RICK

Ah! mon Dieu, oui, c'est un scheliing que vous me devez.

Oh î c’est d’Arthur I

TOM RICK

Plalt-ilî...

ANNA

Rien.

TOM RICK

C’eit que vous avez dit comme cela: Ohl c'est d'Arthur 1

ANNA

C'est bon, va-l’cn à les affaires.

TOM RICK, à Jenny, qui se rapproche»

Dites donc, elle a reçu une lettre de monsieur Arthur.

lENNT.

Vraiment !...

ANNA, à Jenny»

Oui.

IBNNY.

Eh bien, son oncle?...

ANNA

I! ne l’a pas trouvé, mais enfin, il a appris qu’il était ici, chez lord Clarendon.

JKNNT.

Oh I mon Dieu , esi-ce que ce serait ce vieux sir John qui me tourmente tant ?

TOM RICK

Sir John Dumbar, c’est bien cela; je lui ai demandé ce matin s'il voulait m’emmener à Londres.

JKNNT.

Et a-Uil quelque espoir?

ANNA

Oui, il me dit qu’il 'ienl de mener à bien plusieurs affaires qui intéressent sa famille, et que, malgré ranlipaihie incroyable que son oncle s’acharne à conserver contre lui, il espère le fléchir; aussi, il ajoute qu’il part en même temps que sa lettre pour lui tout avouer, et qu’il sera aussitôt qu'elle ici.

JKNNT.

Ainsi, il va venir ?

ANNA

Oui, mais surtout, ma bonne Jenny, qu’il ne sache rien de celte horrible aventure de rhôlellcrio de Stilton!

JKNNT.

Sois tranquille, rien ne troublera votre bon-

heur , c'est si bon de revoir les gens qu'on aime I EUo soupire.

TOM RICK, à d^i^oix eld'un atr fin.

Oeurqui soupire N*a pas^ce qu'il désire.

JKNNY, tressaillant.

Que voulei'Voue dire, Tom Rick?

TOM mcK.

C'est bon, c'est bon, je m'eDlends,., c'est tout ce qu’il faut.

ANNA

Allez à votre besogne, Tom Rick.

TOM RICK

Tiens, c'est aujourd’hui dimanche, je n’en ai pas de besogne, je me croise les bras.

ANNA

Eh bien, alors, tenez-vous assez loin de nous pour ne pas entendre ce que nous disons.

TOM RICK

Oh! vos secrets, vos secrets!... on les sait... vous aimez monsieur Arthur, quoil et mademoiselle Jenny aime un inconnu ; les voilà vos secrets.

JB.NNT , d’un ton tévèr$.

Tom RickI

TOM RICK

Oui, mademoiselle, oui, mademoiselle, je m’en vais; je n'ai pas dit cela pour vous fâcher, madomoiselle Jenny, mais c'est mademoiselle Anna qui na’appeUe toujours imbécile, au lieu de m'appeler par mon nom de baptême , Tom, ou par mon nom de famille. Rick ; mais du moment où vous me priez de m’en aller, mademoiselle Jenny, je m’en vais!... (/I s'approcha da la porte.) Je m’en vais!... Tiens, monsieur Arthur!,.. Oh! il arrive |à cheval au grand galop ! Bonjour, monsieur Arthur, bonjour I.,. Attendez, attendez, je vais tenir votre cheval... làt...

ANNA

Ah! mon Dieu, c'est lui, Jenny!... Arthur 1 mon Arthur!

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