Hall, cèlèbre miniaturiste de XVIIIe siècle
^ fesse une pieuse vénération pour la mémoire 'de son grand-père, la communication de notes écrites en quelque sorte sous la dictée de Mlle Adolphine Hall, sa tante et fille du célèbre miniaturiste (i). A ces notes qui nous introduisent dans l'intérieur d’une famille honorable, qui nous mettent dans l’intimité de personnes aussi distinguées par les dons de l'intelligence que. par les qualités du cœur, j’ai réuni tout ce que j'ai pu extraire d’intéressant de
(i) M"e Adolphine Hall, née le 12 janvier 1777, mourut le 28 mars 1802 dans la maison de sa nièce, après vingt-deux ans d’habitation, et lui laissa tous les papiers de famille qu'elle possédait.
la volumineuse correspondance de Hall avec sa femme et ses enfants, de ses livres de souvenir, de ses comptes de recettes et de dépenses, pièces précieuses que Mme Ditte a également bien voulu me confier. 11 faut se hâter de faire profiter les vrais amateurs des matériaux qu’une heureuse fortune vient tout à coup placer entre nos mains. Les papiers de famille sont voués à une destruction presque certaine dans un avenir plus ou moins rapproché, et l’impression est le seul moyen victorieux qu’on puisse opposer aux mille chances funestes qui menacent ces choses uniques et fragiles. Quoi qu'il arrive, une édition, si restreinte qu'elle soit, n’a jamais péri tout entière; il suffit, à la rigueur, d’un exemplaire échappé au naufrage, pour que tôt ou tard un patient dénicheur de raretés finisse par le découvrir et fasse revivre des faits importants tombés dans l'oubli. J'ai été témoin à plusieurs reprises, et malheureusement sans pouvoir y apporter obstacle , d'auto-da-fé funestes qui ont réduit en cendres des correspondances d'une immense valeur; je ne saurais donc insister trop vivement sur la publication de documents curieux à quelque titre que ce soit.
* Ma première pensée avait été de grouper autour de Hall les principaux peintres émailleurs et miniatu-
ristes du XVIIIe siècle, d'utiliser une foule de notes tirées de livres ou brochures difficiles à rencontrer, pour reconstruire la biographie de ces maîtres charmants si peu connus et si dignes de l'ètre. Pasquier, Sicardi, Weiller, Courtois, Fragonard, Perrin, etc., prenaient place dans le cénacle. Liotard surtout, écrivain, peintre, graveur, éminemment original, y occupait un rang distingué. Mais, après y avoir réfléchi, il m'a semblé que le prince des miniaturistes méritait un hommage non partagé. Heureux d'être le premier
à raconter sa vie, je consacre à lui seul les pages sui-
vantes, qui lui appartiennent plus qu’à moi, car je puis dire avec le poète :
Tu se’ lo mio maestro e 1 mio autore.