ACTE DE MARIAGE DE HALL
Extrait du registre des mariages de l’église royale et paroissiale
de Saint-Louis de Versailles pour l'année 1771, folio 17 recto.
L’an mil sept cent soixante-onze, le vingt-trois avril, après la publication d’un seul ban, faite sans opposition le vingt-un de ce mois en cette paroisse et en celle de Saint-Eustache, à Paris, le sept aussi de ce mois, comme il paraît par le certificat de M. de Villerouge, vicaire de ladite paroisse en date du neuf du même mois, vu la dispense des autres bans et la permission d’être fiancé et marié le même jour accordée par Mgr l’archevêque de Paris, signé : Henr. epus Çydonnensis, vicaire général, et plus bas : Godescard, en date d’hier, et insinuée le même jour par Chauveau, greffier, nous soussigné, prêtre de la Mission faisant les fonctions curiales, avons fiancé et uni en légitime mariage, de leur
mutuel consentement et de celui de leurs parents, Pierre- Adolphe Hall, de l’Académie royale de peinture et de sculpture, âgé de trente-deux ans et deux mois, fils de Peter Hall et de défunte Ève-Marguerite Wargentin, de la paroisse Saint- Eustache , à Paris, d’une part, et Marie- Adélaïde Gobin, fille mineure de Nicolas Gobin, marchand, et de Marie-Angélique üudry, de fait et de droit de cette paroisse, d’autre part, en présence des père et mère de l'épouse, d’Adam Ribert, écuyer, valet de garderobe du roy, rue de la Pompe, de Jean-Pierre Moét, commis à la garde des livres du cabinet, du roy, rue Dauphine, de M. Pierre Petit, commissaire au bailliage de cette ville, rue de la Paroisse, tous trois paroisse de Notre-Dame de cette ville, et de Jean-Charles Dujardin de Rusé, avocat au parlement et entrepreneur général des fournitures de la marine, rue de Cléry, paroisse Saint-Eustache , à Paris, lesquels, sous les peines portées par les ordonnances du roy, nous ont certifié la catholicité (i), la liberté et le domicile des époux, et ont signé avec eux et nous.
(1) Les témoins en donnant ce certificat de catholicité savaient parfaitement que Hall était luthérien. Le mariage protestant avait eu lieu à l’ambassade suédoise; mais l’union légale des deux jeunes gens ne pouvait être consacrée que par la cérémonie catholique, qui alors constituait à la fois un acte religieux et civil. M. Oudry, frère du célèbre peintre d’animaux, père de Mme Gobin, ses deux sœurs, très-jansénistes, tentèrent par tous les moyens possibles d’empêcher ce mariage. On craignait à chaque instant de les voir arriver à l’église pour s’opposer à la bénédiction nuptiale. Ils y vinrent en effet, mais une heure trop tard.
Dans cet acte Hall se dit âgé de trente-deux ans deux mois. Il serait donc né à la fin de février ou au commencement de mars 1739. Mais Mme Hall a toujours prétendu que son marî s’était rajeuni de plus de deux ans, et tous les documents de famille que j’ai eus sous les yeux donnent 1 7 36 comme date de naissance du célèbre miniaturiste.
(2) On voit par la note précédente qu’Oudry, père de Mme Gobin, n’assista pas au mariage de sa petite-fille. 11 semble donc nécessaire de réunir
Hall.