__ BAUDELAIRE-DEBUSSY.
3° CE SONT LES MÊMES TRAITS QUE L’ON RETROUVE DANS LA PENSÉE DU PRIMITIF, sa subtilité et son symbolisme persistent dans les contes, les mythes, les légendes et le folklore.
KRETSCHMER montre que dans la pensée primitive, il n’y a pas de séparation entre le Moï et le monde extérieur. C’est ainsi que naît la conception magique de la toutepuissance des idées du primitif et de l’enfant, où l’idée équivaut à l’acte. Les processus d’ambivalence font aussi partie de la pensée archaïque, et FREUD fait une rémarque qui explique bien des rêves : « Il est remarquable que les philologues prétendent que les langues les plus anciennes
employaient les mêmes mots pour exprimer des contraires très généraux ».
Lévy-BrüL, traitant de « la catégorie affective du surnaturel », montre comment dans l’esprit du primitif elle est le principe d’unité qui relie entre elles des représentations différentes par leur contenu, comment aussi l’étai
d’âme du primitif est fait d'attente anxieuse. Tandis que dans la pensée logique, le général est une donnée de l’intelligence, il est dans la pensée primitive « une donnée de l'affectivité sentie par l'émotion ». Nous avons en nous tout un héritage de pensée primitive qui fait dire à Maurice BARRÈS :
« Une partie de mon âme, toute celle qui n’est pas attachée au monde extérieur, a vécu de longs siècles avant de s’établir en moi ».
Et à FLAUBERT :
« Mon individu actuel est le résultat de mes individualités disparues ».
4° LE SOMMEIL nous « désintéresse » du monde réel et nous ramène du plan de la pensée rationnelle logique à ce même plan de la pensée affective que le rêve déploie. « La dissolution psychique réalisée dans le sommeil et exprimée par le rêve nous fait apparaîtré l’activité de l’inconscient, c’est-à-dire celle de conduites régressives obéissant à des mécanismes psychologiques archaïques, analogues aux mécanismes de la pensée de l'enfant. » — PARCHE- MINEY. —
La prédilection des rêves pour les souvenirs effacés est frappante et se retrouvera dans les hallucinations hypnagogiques, ils reproduisent les souvenirs chargés d’affect. Leur forme varie avec la forme de la mémoire et le sens esthétique. SCHATZMANN réunit le sommeil, le rêve, l’inattention, la poésie, l’hallucination, l’état hypnoïde dans une
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même parenté : leur origine est dans l’inconscient et leur richesse fait l’homme émotionnel, spontané, passionnel, par opposition à l’homme réfléchi. Nous voudrions évoquer ici l’œuvre de FREUD, < Traumdeutung », dans laquelle, étudiant les procédés d’élaboration du rêve, il jette des clartés sur la signification des hallucinations et des délires où nous retrouverons les mêmes lois : parfois réalisation de désirs, le rêve utilise souvent pour dissimuler son but des transpositions auxquelles l’oblige la censure. Nombreux sont ceux qui ont leurs racines dans l’enfance. Mais le travail de condensation qu’opère le rêve, la surdétermination de ses éléments, le déplacement des charges affectives, les procédés de figuration et le symbolisme en font souvent une énigme. Il ne faut pas voir sous un autre angle les procédés qu’emploie le délire quand il se projette sous forme hallucinatoire, ils sont les mêmes et s'imposent comme le rêve par leur fond affectif plus que par leur valeur représentatrice qui n’est bien souvent qu’un travail de camouflage. Uni, d’une part, au délire, le rêve l’est, de l’autre, à la poésie.
FREuD et Rank montrent combien les poètes ont attaché de valeur à leurs rêves, comment ils les ont utilisés dans leurs œuvres, et combien sont étroits les liens qui unissent le rêve à l’inspiration de l'artiste.
« Mein Freund, das Grad’ist Dichters Werk « Dass er sein Träumen deut’ und merk ! »
Hans Sacus, in WAGNER : « Meistersinger »
(Les Maîtres chanteurs).
C’ést le dynamisme affectif qui réunit tout cela. Charles OptER, étudiant « le symbolisme et la pensée magique », nous en donne une formule saisissante :
« Sans pensée réaliste, doublée de pensée magique, pas