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terreur. Les premières injections jouent le rôle de narcoanalyse, et nous notons ses paroles : l’injection de nesdonal s’accompagne de crises de larmes, d’appel au secours, de protestations d’affection et de confiance à notre égard, mais surtout de cette phrase plusieurs fois répétée « Je vous en prie, ne me faites pas de mal ! Je n’ai jamais rien fait ! Ce n’est pas vrai, je n’ai pas volé ! ».
Après cinq électrochocs assez rapprochés, la malade est guérie comme la première fois, c’est-à-dire qu’elle essaye de refouler son sentiment de culpabilité en refusant d’en reparler et de chercher à le comprendre. Sa débilité empêche nos essais de psychothérapie de compléter sa cure. Néanmoins elle sort guérie et son mari semble enfin avoir compris qu'il ne fallait pas la ramener dans le cadre qui la rendait triste et inquiète. A notre connaissance, la guérison se maintient.
Nous venons donc de voir comment la culpabilité réelle chez une hyperémotive a déclenché l’inquiétude, source des hallucinations, qui, elles-mêmes, augmentant l’anxiété, ont subi un autoenrichissement, source d’une anxiété encore plus grande. Le cercle vicieux n’a pu être rompu qu’en attaquant directement l’état affectif qui en était la base au moyen de la convulsivothérapie. Une psychothérapie destinée à liquider le complexe de culpabilité aurait dû la compléter. La psychose avec ses hallucinations accusatrices jouait le rôle d’un auto-châtiment pour une culpabilité réelle à l’origine, mais morbide de par son ampleur. FREUD aurait fait sans doute de ce cas clinique, comme de toutes les mélancolies délirantes, une régression de laffectivité au stade sadique-masochiste.
Voilà deux procédés différents d'évasion hors de l’anxiété « délirogène », pas très heureux car ils n’aboutissent, surtout dans le second cas, qu’à substituer à l’anxiété réelle une anxiété morbide qui ne soulage guère le malade, bien au contraire. ;