SAR
pas comme venañt de lui : il les entend extérieures et étrangères; il a une croyance absolue et immédiate en leur jugement et elles lui donnent un sentiment angoissant d’irréparable. Le timbre, le ton blessant qu’elles emploient, le contenu qui lui révèle « des choses qu’il ne pourrait pas savoir luimême », fortifient sa conviction.
L’objectivation s'explique de la façon suivante : l'examen de conscience scindait déjà la personnalité en examinateur et examiné. Les voix renforcent cette scission à la faveur d’une « baisse de tension psychologique » qui amène le sujet au niveau de la croyance sentimentale : fatigue, intoxication, émotion due aux moqueries de ses camarades sur son état d'ivresse, concourent pour favoriser cette baisse de tension préparée par la névrose obsessionnelle préexistante. Il prend aussitôt la position du condamné. Lors de la guérison, on assista aux transformations inverses : les voix devinrent plus dépendantes, répétant seulement au sujet des idées qui lui appartenaient.
. Puis, il récupère le « son des voix », se rend compte que non seulement le contenu, mais aussi le ton, viennent de luimême. Enfin, il en revient à l'examen de conscience, mais avec un sentiment d’emprise, il se sent contraint par une force, à faire ces examens de conscience, influence dont il se libère
peu à peu.
Les hallucinations auditives peuvent se compliquer un peu plus et le mécanisme d’objectivation s'appliquer aux deux termes de l’opposition. Dès l’origine de la vie, l'être se trouve sollicité par deux tendances de sens contraire : le Bon et le Mauvais, le Plaisir et la Douleur, plus tard le Bien et le Mal, alliés au Beau et au Laïd puisque les senliments éthiques et esthétiques s’associent. Ils deviennent pour JANET les régulateurs de toutes les conduites individuelles et sociales. Le délire permet l’extériorisation de cet antagonisme alors qu’à l’état normal le Bien et le Mal sont étroitement unis. D’un côté les voix accusatrices, de l’autre