‹ Hallucinations et AffectivitéChapitre 59 sur 62 · RS VV · texte numérisé non relu

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les voix favorables échangent parfois un véritable dialogue : HEUYER et SIMON ont montré que l’aspect de cet antagonisme variait avec le niveau intellectuel : il peut se situer sur le plan métaphysique ou philosophique mais aussi sur le plan moral et utilitaire si le niveau est moins élevé; il peut prendre un aspect magique et archaïque chez les individus frustes.

- C’est chez le persécuté que l’on trouve le plus souvent ce phénomène d’antagonisme, le Mal et la persécution étant premiers en date, le Bien et la défense ne venant que plus tard et faisant quelquefois pencher la balance vers les idées de grandeur. On trouve plus rarement des phénomènes simultanés ou des alternatives d’attaque et de défense dans le temps. En tous cas leur apparition est considérée comme un signe de chronicité et plus tard il arrive même, lorsque se dessine l’affaiblissement psychique, que le malade devienne étranger à cette lutte et n’y assiste plus qu’en spectateur. C’est le « Manichéisme délirant » de GUIRAUD.

Dans les délires mélancoliques, au contraire, le malade, condamné d’avance, n’a pas de voix favorables et il a en général, conscience que c’est son Moi nouveau qui est source de mal, antagoniste de sa pensée antérieure normalement bonne. On rencontre surtout l’opposition dans les délires dé possession mélancolique où, avec une base affective de tristesse et de douleur, le malade assiste à la lutte du Bien et du Mal qui se joue en lui-même, ne faisant qu’objectiver un peu plus les débats de sentiments de l’individu normal. Cet antagonisme prend toute son ampleur dans les délires avec dédoublement de la personnalité, le bon étant le Moi ancien, le mauvais le nouveau Moi : la troublante histoire du Docteur Jekill et de Mr Hyde en est bien le meilleur exemple.

On trouve enfin cet antagonisme dans certains délires paranoïides où il n’est qu’une manifestation d’ambivalence

située sur le plan moral et esthétique, témoin de la désagrégation de la personnalité.

Nous ne pensons pas devoir séparer de cette catégorie d’hallucinations, celles du goût et de l’olfaction, car la plupart du temps elles s’y associent. On les trouve rarement isolées. De tonalité affective habituellement désagréable ou pénible, elles reposent soit sur un petit élément confusionnel, soit sur un sentiment d’étrangeté et s’associent à des manifestations cénesthésiques. La psychose hallucinatoire chronique les intègre dans le délire avec l’ensemble des autres hallucinations et illusions, l'attitude délirante fondamentale leur donne une valeur péjorative et leur applique la croyance sans critique.

Il y aurait encore beaucoup à dire, en particulier à replacer ces phénomènes dans chaque structure délirante. Nous ne pouvons pas insister davantage et nous devons, maintenant, passer au second groupe.

B. - Les hallucinations en relation avec l’onirisme, troubles des relations du Moi avec le monde extérieur, sont essentiellement représentées par les hallucinations visuelles.

Nous avons déjà longuement insisté sur les rapports du délire et du rêve et sur le passage insensible de la perception normale aux phénomènes hypnagogiques et aux hallucinations vraies. Nous avons vu qu’une baisse de niveau psychique en est la cause et que l’imagerie pleine de valeurs symboliques qui fait irruption est, dans les onirismes pathologiques, la même que celle des onirismes normaux.

C’est pourquoi nous insisterons peu sur :

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