LE CHATEAU DE HAM
comme son meilleur ouvrage fmon mieulxj, mon imagination se reporte à la place de grève, où il subit la peine capitale , je suis moins étonné de la cruauté du roi que de la trahison du duc de Bourgogne. Le connétable , qui joua un si grand rôle dans les affaires du royaume de France , au xv® siècle , m*apparait avec ses qualités et des vices qui furent ceux de son temps plutôt que les siens. Habile, parfois jusqu'à la perfidie, inextorable dans ses vengeances , ni plus cruel , ni plus ambitieux que la plupart de ses contemporains , il fut fort supérieur à ses ennemis par son courage et par ses moyens. Pontoise , Dieppe , Caen , Montlhéry attesteraient au besoin la valeur et les brillantes qualités de ce général d*armée.
Le château actuel de Ham a sans doute été élevé sur remplacement du vieux castel dont nous avons parlé au chapitre II, page 25 de cet ouvrage ; mais ce vieux castel avait dû remplacer la forteresse avec motte, donjon, palissades et fossés des Francs dont le spécimen que nous reproduisons ici d'après M. de Caumont (1) présente une idée très-exacte.
Il se compose d'une tour carrée ou donjon A, reposant sur une moue de terre B ; un fossé CC forme le cercle à la base de cette éminence et l'isole en quelque sorte de la cour DD , au centre de laquelle elle est placée. Dans cette cour figurent les
(1) Abécédaire d*arehitecture militaire, p. 319.
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constructions EE qui servaient de magasin et d'ëourie. La cour est garnie de palissades en bois , au-delà desqudies se trouve un fossé dans lequd on conduisait un ruisseau ou une rivière.
Cette opinion que le château de Ham aurait été primitive* ment placé sur une éminence fortifiée , est appuyée sur le texte môme d'une charte de 4055 (donation faite par Tves, seigneur de Ham , à Téglise de Noyon) , qui exprime qu'elle a été confirmée sur la motte de la tour de Ham, qtwdprimum in aggere twrris Hamensis firmam (4). N'est-ce pas là la tour, ou le donjon , assis sur une éminence?
Lorsque, vers la fin du ix® siècle, les Normands pénétrèrent par la rivière d'Oise dans le pays Hamois , où ils commirent d'affreux désastres, il est probable qu'ils s'emparèrent du château de Ham et qu'ils le ruinèrent comme les villes de Saint- Quentin et de Noyon (2). Cependant on ne rencontre aucune trace de la destruction de Ham par les Normands. Il ne faudrait pas conclure de cette lacune ou plutôt de cette absence de documents que le château de Ham n'existait pas ; car nous le voyons peu après pris et repris sans cesse par les partis qui se disputaient la couronne de France. Flodoard nous donne à ce sujet les renseignements les plus positifs et les plus précieux.
Après la mort de Charlemagné, la faiblesse des derniers Carlovingiens fut impuissante à réprimer les passions des hauts barons et la guerre, qui était à l'état permanent, fit surgir de terre de nombreux châteaux ^ augmenter les fortifications de ceux qui existaient déjà. A la chute des Carlovingienset l'avènement de Hugues Capet, les fiefs se multiplièrent, s'augmentèrent et la féodalité jeta de profondes racines dans le sol.
C'est à cette époque que nous rapportons la construction de
(1) Bibl. imp., MP'de dom Grenier, paquet 4, art. â, p. 43.
(2) » Et dont détruisent cil Danois
» Saint-Quentin et tout Viermandois » S'ocisent le yesque i Noion » Et toute la gente environ. %>
Philippe Moustier. M» de dom Grenier.