‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 15 sur 138 · ORIGINE DE LA VILLE DE HAM · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA VILLE DE HAM

La ville de Ham , dont le nom germanique indique assez Torigine (4 j n'apparait guère sous la plume des chroniqueurs que vers le iV siècle. Jusque là son histoire demeure enveloppée dans les désordres et les guerres de la première race ; cependant sa position stratégique sur les bords de la Somme, au milieu de marais impraticables, qui lui formaient une ceinture et une défense naturelles, a dû faire de cette place un poste militaire important pour tenir le passage de ce fleuve.

Ham possédait un château bien avant le x^ siècle. Les chan*^ sons populaires antérieures au ix^ siècle et reproduites par les trouvères des deux siècles suivants , en parlent souvent. Il n'est presque pas de chansons de Geste du cycle carlowingien qui n'en fasse mention.

Li roman de Garin de Loherain, chanson de Geste, écrite vers le xi® siècle par Jean de Flagny, nous rapporte que Begon de Belin, paladin du roi Pépin , s'avança à la tête de 4,000 arbalétriers et 500 chevaliers vers Chauny, dont il prit le château. De là ce guerrier s'empara de Ham sans résistance, (2} puis alla vers Roye, où il y eut un tel combat qu'un grand nombre des chevaliers furent tués ou faits prisonniers. Le châ-

(i) Hem, Heim, Ham, mot germanique qui signifie groupe d'habitations.

(2) « De ci à Ham ne prennent en ques fin ; « Mais cil dedans ont la nouyelle oï , « Nés atendirent, ainsois en sunt forci, « Begons y entre sans nés un contredit. »

teau de Roye ayant été abandonné par les ennemis, Begon s'achemina vers Montdidier, dont il ravagea les faubourgs, sans pouvoir prendre le château ; puis il s'avança vers Clermont , qu'il prit et pilla , envoyant les prisonniers à Paris ; enfin il revint en arrière vers Péronne , poursuivant ses ennemis réduits à se mettre à sa merci; alors il retourna à Saint-Quentin, qu'il fit entourer de fossés avec palissades.

Ce récit , qui paraît être la version d'un fait d'armes plus ancien , puisqu'il est question du roi Pépin qui régnait au milieu .du VIII® siècle, est bien vague en ce qui doncerne Ham. Cependant on peut conclure du roman de Garin le Loherain, que Ham était déjà un poste militaire sous Pépin.

Li romans de Raoul de Cambrai ^ (1) qui est également d'une haute antiquité et ne semble pourtant être que la copie ou la paraphrase d'autres chansons de Geste du cycle des Pers du Vemiandois, qui lui étaient bien antérieures , parle du château et de la ville de Ham d'une manière aussi explicite que des villes et châteaux de Péronne et de Saint-Quentin.

Voici quelques vers de ce roman concernant Ham.

Raoul de Cambrai, ou de Goui, assemble ses guerriers pour leur apprendre la mort de Herbert , comte de Vermandois : (2)

« Mors est Herbers, cil qui tint Origni, « Et Saint-Quentin , et Péronne et Clari, « Et Ham et Roie, Néèle et Falevi. (3)

Plus loin , en parlant des seigneurs de Ham:

« Jehan le valeureux , qui possède pour terre , « Et Ham et le Ponthieu , voisin de l'Angleterre. »

On voit combien toutes ces citations sont vagues. Mais on sait

(1) Bibl. imp., manusc. /énciens vers français, n"* 8,201.

(2) C'est Hébert II, comte de Vermandois, décédé en 943.

3) Li romans de Raoul de Cambrai, édition de M. Edward Leglay. pages 36 et 40.

Page 1