‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 16 sur 138 · ORIGINE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA VILLE

quA les trouvères , aux x* et xi* siècles , se servaient d'anciens poèmes sur lesquels ils greffaient le plus souvent les noms et les événements contemporains. On ne doit donc pas s'étortner si les faits cités ne sont pas toujours d*accord avec les noms des personnages.

Ainsi le Jehan cité dans le roman de Raoul de Cambrai, doit être Evrard, frère d'Herluin, comte de Ponthieu, qu'Herbert de Vermandois fil prisonnier dans la ville de Ham lorsqu'il s'en empara en 93ià. {\)

Raoul , roi de France , et Hugues , comte de Paris , qui s'étaient unis contre Herbert, vinrent, la môme année, faire le siège de Ham. On combattit avec un grand acharnement, mais la garnison fut obligée de se rendre et de donner des otages. Herbert , comte de Vermandois , à qui cette perte avait été trèssensible, n'épargna rien pour se venger, et, en 933, il envoya pour assiéger cette forteresse, son fils Eudes, qu'il avait auprès de lui. Ce guerrier vaillant et habile , reprit la ville de Ham sur le roi et passa une partie des habitants au fil de l'épée; puis, de là, comme d'un lieu de refuge, ce jeune capitaine, animé du ressentiment de son père et exaspéré par les désastres de sa maison et par la perte de ses dignités, porta le fer et le feu dans les domaines royaux du Noyonnais et du Soissonnais. Enfin , après bien des dévastations, une trêve fut conclue en 935 et la ville de Ham resta au comte de Vermandois.

Tout est confusion dans cette époque; la barbarie se débat contre la civilisation naissante; les notions du droit ont disparu; car, depuis longtemps, le droit, c'est la force. Malheur à celui qui quitte son épée, qui n'augmente pas les murailles de son château-fort, ou n'en approfondit pas les fossés.

L'histoire se tait pendant quelque temps sur le fort de Ham. Nous savons seulement qu'Herbert le possédait en 935 et qu'à sa mort, vers 943, (2j Eudes, son fils aine, en devint le seigneur.

(1) Mémoire» du f^ermandoi», ^ar Colliette. T. 1, p. 444 et 446.

(2) AH de vérifier les daies^ fome 2, p. 702.

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