‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 34 sur 138 · ANCIENNE PORTE NOYON · texte numérisé non relu

ANCIENNE PORTE NOYON

Les murs de Ham doivent dater en partie du xv® siècle , si nous admettons qu'ils ont été bâtis au moyen de la cession que le roi Louis XI fit, de 1 467 .à 1 475, des deniers destinés aux fortifications de la ville. Ils se composent presque partout d'un sous'bassement en grès , de deux mètres de hauteur, qui

soutient une muraille revêtue de briques , émaillée d*ûn grand nombre de grès placés en boutisse, dont Fintérieur de trois à quatre mètres d'épaisseur est composé d'un blocage de moellons. A la bauteur de six mètres environ règne un cordon surmonté d'un mur de deux mètres de hauteur, mais d'une moindre épaisseur.

Ces murailles n'auraient évidemment pas pu résister au fracas des boulets tirés à petite distance, mais elles étaient suflSsantes, protégées au loin par des marais et des eaux tourbeuses qui pré« sentaient de grandes difiScultés à l'approche de l'artillerie. On avait utilisé avec intelligence les eaux de la Somme pour la défense de la place du côté du Nord. La rivière, gonflée par des barrages et divisée en plusieurs bras , était disposée de manière à rendre l'accès dé la ville fort difiScile du côté de Saint-Sulpice.

Le premier bras s'avançait jusqu'au pied de la tour de Benne ; là , retenu par un barrage qui renflait les eaux de la Somme , il emplissait les fossés de Saint-Sulpice et passait sous le Pont de la Foulerie, où, selon toute probabilité, il faisait marcher les foulons d'une fabrique de draps. On voit encore les traces du fossé qui amenait les eaux vers la tour de Benne et de celui qui traversait la chaussée , contre le calvaire actuel de Saint- Sulpîce.

Le second bras qui baignait la tenaille de l'Abreuvoir, placée là où se trouve aujourd'hui la limite de l'octroi, entre Ham et Saint-Sulpice, sur la route impériale n® 30, (1) passait dans un fossé dont on reconnaît la trace à la borne de l'octroi de Ham, près de la maison Dangreville.

(1) La limite de Ham du côté droit a été mal déterminée lors de la formation du cadastre ; elle eut dû suivre le prolongement de la limite gauche , puisque le bras de la Somme, formant la séparation des deux généralités, passait là en ayant d*un ouvrage, dont les cornes étaient également placées à droite et à gauche de la route.

BNCBINTE DB HAM

Le troisième bras passait dans le lit actuel de la Somme, sous deux ponts, (1) dont Fun s'appelait le Pont inutile et l'autre le Pont des Moulins, ce dernier faisait tourner les moulins de l'abbaye.

On rencontrait le quatrième bras un peu avant la porte Saint- Quentin, là où se trouve aujourd'hui l'égoûtdela ville; il passait sous un pont appelé le Pont Notre-Dame , et faisait marcher un tordoir.

Le plan de 1631 indique un grand nombre de tours qui se trouvaient enclavées dans les murailles de la ville, et dont quelques-unes existent encore aujourd'hui. Voici les noms de

ces tours , que j'ai indiquées sur leplan moderne joint à cet ouvrage.

La tour qui est à l'angle de la place Marotaine , portait le nom de Corps-de-Gardedes Bordeaux.

Un peu plus loin , sur le rempart du Nord , nous trouvons la Tour du Pas'de-Ch&oal; le Corps -de -Garde de la Tour Rouge; la Tour du Curé; le Bastion de l'Abbaye,

Sur le rempart du Midi , on rencontre le Bastion de la Basse- Boulogne, placé hors de l'enceinte actuelle dont il avait été retranché au xvi« siècle; la Tour de Rond; la Tour de la Fonrtaine et la Tour du Bamabin.

[V Ce» ponts ont élé rrUrgis en 1834 et 1840,

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