‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 80 sur 138 · HOTBL-DIEU DB HAM · texte numérisé non relu

HOTBL-DIEU DB HAM

par année. L'établissement est dirigé par huit sœurs , il nourrit et entretient cinq vieillards et cinq vieilles femmes ; il instruit dix-huit orphelines, dont il sera question page 1 52, et subvient à l'entretien de quarante lits de malades , dont dix pour les hommes, dix pour les femmes et vingt pour les militaires. Ceux-ci paient à rhospice 1 fr. 40 e. par journée de maladie.

• ■▲LADBBRIB DB SAINT-JBAN DB HABI.

Lorsque survient .quelque grande calamité à laquelle ne suffisent pas les ressources ordinaires , on peut être sâr de voir la charité chrétienne se créer de nouveaux moyens et trouver un remède dans son propre dévouement. La lèpre, qui causa en Europe les plus affreux ravages après la première croisade , fit sentir universellement le besoin de traiter, dans des maisons spéciales, les victimes de ce fléau. La peinture que les anciens auteurs nous ont laissée de cette cruelle maladie est vraiment affreuse. C'était non-seulement une déformation de la peau, mais une horrible décomposition des organes, la couvrant d*ulcères infects. Les autorités s'unirent pour exiger la séquestration des lépreux , et les malheureux atteints de ce mal incurable , repoussés de la société , durent se tenir à distance de tout être humain. Enveloppés de la tête aux pieds de la houze avec un capuchon rabattu sur le visage, ils devaient toujours porter autour du cou un petit baril et une cliquette ( crécelle J de Saint- Lazare, avec laquelle ils annonçaient leur approche, afin que chacun pât les éviter. La séquestration des lépreux et le traitement de cette horrible maladie fut l'origine des nombreuses maladreries qui, dans les xu® et xiii® siècles, furent établies à proximité de presque toutes les villes.

La charte de 1329 nous apprend qu'à cette époque l'administration en était confiée aux mayeurs de Ham.

La maiadrerie de Ham , placée sous l'invocation de Saint- Jean, était assise à une certaine distancç de la ville et du châ-

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teau , sur le terroir de Saint-Martin deHam , contre le chemin de Brouchy, à l'endroit où U. Michel a fait hâtir une maison, qui dépend aujourd'hui du terroir de Brouchy.

Après la disparition de la lèpre, cet établissement subsista comme corps de fnrme jusqu'en septembre 1557 , où il fut incendié par Philippe II , roi d'Espagne , lorsque cdui-ci vint, après la prise de Saint-Quentin, mettre le siège devant le château.

La maladrerie de Saint-Jean , réunie à l'Ordre de Saint-Laz^ve et du Mont-Carmel en décembre i 672, fut érigée en commanderie par le roi, le 31 mai 1691 (1 )» et tenue à ce titre par les chevaliers de Saint-Lazare, notamment par Claude Hatté de Chevilly, chevalier dudit Ordre, seigneur de Grigny, du Plessîs (le comte), brigadier général des armées du roi, gouverneur <

d*Ypres, dernier commandeur en 1693, époque du séquestre i

établi par la régie des biens des maladreries, en vertu des déclarations du roi des mois de mars, 15 avril et 2i août 1693.

La maladr^ie de Saint-Jean de Ham possédait, en 1 698, au |

moment de sa réunion à l'Hôtel-Dien de Ham , 87 hectares |

12 ares 32 centiares de terres à ferme.

Les bâtiments de la maladrerie actuelle ne datent que de 1 800 ; ils se composent d'une maison , clos et héritage , entourés de haies vives , assis sur 3*» 77" 49® , dépendant de la commune de Brouchy, et trës-rapprochés de l'emplacement de l'ancienne maladrerie, auquel ils touchent par le chemin de Brouchy. Quant au domaine de la maladrerie de Saint-Jean, qui se compose de 87** 12^ 32®, l'hospice de Ham le possède en vertu d*un arrôt du Conseil d'Etat du 18 avril 1698.

I MALADRERIE DE FRIÈRES-FAILLOUBL.

La maladrerie de Frières-Fajilouël a été réunie d'abord à colle do Saint-Jean en 1672, puis désunie en 1693 et enfin réunie, en 1698, à FHôtel-Dieu de Ham.

(1) Archives de l'hospice. Cœiiillerel général, p. t40.

MALADRERIR tE PRlÈRIS-FAILLOUEi; 151

Le dernier commandeur, Jacques Anne Le Vairier , en fit hommage, en 1 446 , à Jean de LuxMnbourg, comte de Ligny, à cause de sa sâgneurie de Chauny. Depuis cette époque, le domaine a été possédé en pairiage par le commandeur de la seigneurie âaint-Jean de Ham et les abbé, prieur et chanoines réguliers de F Abbaye de Saint-ÉIoy-aux-Fontaines. •

II paraît que lors de la dissolution de la conventualité et de l'hospitalité , il a été fait partage des biens entre : 4° le commandeur de Saint-Jean pour un tiers ; 2® MM. les chanoines de Saint-Éloy pour deux tiers ; c'est ce qui résulte des actes de relief fournis au bureau des finances de Soissons et à la seigneurie de Chauny , dont M. le comte de Guiscard était engagiste des domaines du Roy.

Le tiers de la maladrerie de Frières-Faillouël réuni à Tbospice de Ham se compose de 3^ 48^ 53^ de terres situées sur Prières- Faillouël.

HALADRRRIR DE SAINT-BARTHÉLBMY DE F'ONGHETTE.

Le domaine de la maladrerie et chapelle hospitalise de Sainl-Barthélemy de Fonchette, fondés par les anciens seigneurs d'Herly et Liancourt-Fosse , ont été également réunis à THôtd-Dieude Ham par un arrêt du conseil d'Etat du 18 avril

Les seigneurs d'Herly et de Liancourt s'étaient réservé la seigneurie directe sur tous les biens de cette maladrerie, tenue en fief de la seigneurie d'Herly, à la charge de fournir homme vivant et mourant et de payer un revenu annuel. C'est ce qui résulte d'un acte de rdief du 22 janvier 1590, fourni par M. Robert Robin, titulaire de cette chapellenie, comme maître et administrateur des biens, qu'il déclare consister en 98 journaux déterres, prés, bois, et notamment en une masure où était bâtie ladite maladrerier, qu'il dit avoir été ruinée par les guerres. On voit encore des vœtiges de cet établissement dans

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la pièce de terre n^ 282 da pian général du SO v^itôse an ix , le long du ohemin de Curehy à Fonchette.

Il paraît , par des actes subséquents , que cette chapelle dépendait de rOrdre de Saint-Lazare s6us le titre de commanderie, affectée aux chapelains conventuels ou d'obéissance dudit Ordre.

Les biens delà inaladrerie de Fonchette, réunis à THôtel-Dieu de Ham, se composent de 48^65*04®, situés sur les terroirs de Fonches, Fonchette, Curehy, Etalon et Liançourt-Fosse.

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