HOTEL-DIEU DR HAM
Jean le Voirier , lieutenant général du bailli du Vermandois.
Le mode d'administration établi par Marie de Luxembourg subsista jusqu'au règne de Louis XIY , qui ordonna la réfor^ mation du régime de tous les hôpitaux , auxquels , par ses édits des mois de mars, avril et août 4693 (4) , il affecta , à titre de nouvelle dotation, les biens désunis de Tordre de Saint-Lazare.
Les motifs qui déterminèrent Louis XIV à. distraire du domaine de Tordre de Saint-Lazare les commanderies de Saint- Jean , de Faillouël et de Fonchette pour en doter THôtel-Dieu de Ham, ressorlent de TinsuflBsance des ressources de cet hôpital pour recevoir les militaires malades dont le séjour à Ham était occasionné par les nombreux passages de troupes allant à Tarméeile Flandre. C'est en vertu des arrêts du conseil et des lettres patentes des 48 avril 4698 et juin 4699, données à Versailles , la 57® année du règne de Louis XIV, que THôtel-Dieu de Ham possède les biens des maladreries de Saint-Jean de Ham , de Fonchette et de Frières-Faillouêl.
Cet établissement fut administré suivant le régime établi par la déclaration du roi du \% décembre 4 698, jusqu'en 4790; la municipalité fut alors appelée seule à la gérance de cette maison, et, le 45 vendémiaire an v, une commission, composée du maire de la ville , président , d'un vice-président , de quatre administrateurs , plus d'un secrétaire et d'un receveur , ces deux derniers pris en dehors du sein de la commission , fut nommée pour gérer les biens de THôtel-Dieu, Cette commission , par suite des ordonnances des 34 octobre 4834 et 6 janvier 4830 , est aujourd'hui nommée par M. le Préfet de la Somme.
Le bureau d'Administration se compose, en 4863, de M. le Maire, président; de MM. Lefranc; Lenoir-Flament; Foy,
[1] Recueil général des ane, Uns franc., par Isambert, 1830. T. XX, p. 309.
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Maximilien ; Du Roisel, Jules ; Roussel, Alphonse , membres ; Hubert-Devienne, secrétaire.
L'Hôtd-Dieu n'a compris , jusqu'au xvii® siècle, que la cha* pelle, l'ancienne salle des hommes, la salle des femmes et une petite cour avec jardin. Le bâtiment principal et l'entrée se trouvaient rue de Sorigny et l'établissement était limité, au Nord, par la rue des Vieilles-Boucheries (4) (dont on voit encore l'empla-* cément contre la chapelle de l'Hôtel-Dieu) , et par l'ancien jeu de paume ou tripot (2) ; au Midi, par plusieurs maisons par-' ticulières, qui occupaient une grande partie de la cour actuelle, l'emplacement de la cuisine , de la salle des dames , du réfectoire , de la pharmacie et des bâtiments construits depuis jusqu'à la rue de Chauny.
Les acquisitions des maisons de cette partie de l'Hôlel-Dieu ont été faites successivement: du sieur Nicolas Paillot, Josse et consors , le il octobre 1 699 ; de François Clotiau , le 5 février 1700 ; de la veuve Vinehon, l6 12 juin 17H ; du sieur Nicolas Glaeband , le 22 mai 1 71 5.
Au Levant , l'établissement s'est successivement augmenté : l'' de la maison Lemaire (n*"' 220 et 221; B) , achetée en 1826 pour 5,0(M) fr. ; 2<» des maisons Bernier et Hubert (n°' 222, 223, 224; B) , achetées en 1839 pour 5,000 fr. ; 3*' de la maison des héritiers Aneelin-Lipol {n^' 225, 226 ;.B), achetée en 1852 pour 10,000. fr. ; 4° d'une partie de l'ancien jardin des Cordeliers (B; partie du n° 260), du passage vers la rue de Sorigny , du terrain de l'ancien jeu de paume ou tripot et de la maison et grange sur la rue du Marché-Franc (B; partie du
(1) La rue des Yieilles-Boucfaeries conduisait de la rue de Sorigny à la rue du Moulin-à-Vent , elle commençait contre la chapelle» longeait la petite cour et le jardin de l'Hôiel-Dieu , traversait l'ancien tripot , côtoyait le jardin des Cordeliers et aboutissait à la rue du Moulin-à-Vent , où elle avait son issue à l'endroit où un mur en terre sépare là maison habitée aujourd'hui par M. Grignon de celle de M. Ouvert fils.
(2) Ancien plan de THôtcl-Dieu par Normand.
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n"" 273) , acheiés en 4852 et 4855 , de M. Tupigoy de Bauffé, /
pour la somme de 4 6,367 fr.
L'Hôtel-Dieu de Ham a éprouvé bien des sinistres , particulièrement dans les sièges de 4444 , 4557, 4595; mais le plus important a été Tincendie de presque toutes, les maisons de la paroisse Sainl-Marlin , qui eut lieu le 25 mars 4676, et qui, en enveloppant de ses flammes les bâtiments de THôtel-Dieu, les réduisit en cendres avec les. anciens titres Les constructions qui existent aujourd'hui sont donc postérieures à 4676. Elles ont été élevées , d'après les registres des délibérations (Cœuilleret 3) , aux époques suivantes : — La chapelle, la salle des femmes et Tancienne salle de%hommes, datent de 4744 ; —r la cuisine, le réfectoire , Touvroir , de 4723 à 4726 ; — l'entrée actuelle, de 4 743, et ks deux pavrllons, de 4 760 ; — le puits neuf de 4743; — la saile des vieilles femmes, au fond de la cour, » droite, de 1818; — la salle des hommes, sur la rue de Chauny,de4847à 4849.
L'Hôtel-Dieu renfermait deux chapellenies importantes. Celle ée Saint«-NicoIas et celle de Saint-Jean-Baptiste. Sa chapelle ^ été érigée en oratoire en 4859 ;' elle est desservie par un des vicaires de la ville de Ham délégué par M. le Doyen.
Les fondations antérieures à 4789 consistent en trois messes par semaine. Parmi les donations, dont nous avons pu retrouver la trace, nous citerons : 4 ^ Le legs de François de la Barre, baron de Saint-Hermel, détenu au fort de Ham, qui, par testament du 7 octobre 4.738 (M® Cauvry), a laissé une renie peur la fondation de deux lits de malades. — 2"^ Celui de 2,500 livres fait le 25 décembre 4 745 par René de Sesmaisons, abbé commaodataire de l'abbaye de Ham.
Les fondations postérieures à 4 789, sont : 24 octobre 4 833. — ' Fondation de H. Fourquin , deux messes par an.
4 septembre 4827. — Fondation d'un cinquième lit de vieillard par madame Guilbert ; versement de 4 0,000 fr. pour cet
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objet, à la charge aussi d'une messe par semaiûe et d'un salut le jour de la Purification.
3 octobre 1860. — Don d'une maison , située rue de Sorigny, bâtie sur le n^ 261; B, tenant à l'hospioe , fait par madame veuve Flamant, à la charge de douze messes par an.
4862. — Par son testament olographe du 30 avril 1854, M"® la duchesse de Chaseron a institué pour son légataire universel, M. le marquis de Turenne , à la charge, entre autres choses, de fonder à perpétuité à l'hospice de Ham, jm lit en faveur des pauvres malades de la commune d'Offois.
L'administration de l'hospice, qui s'en est entendue avec M. le marquis de Turenne , a été , par décret impérial du 21 décembre 1861 , autorisée à acc^^ter pour cette fondation une somme de dix mille francs , qui a été reçue et placée en rentes sur l'Etat (avril 1862).
Dans la déclaration faite, en 1632, de ses biens et ressources , l'Hôtel -Dieu de Ham accusait un revenu de 1,030 livres, et pour la malSdrerie de Saint-Jean, 990 livres. Les recettes actuelles , tant en redevances qu'en rentes , peuvent être évaluées annuellement à la somme de 25,000 fr.
Son domaine se compose actuellement de . 1 07*» 57* 40®
Domaine de Saint-Jean de Ham . < . . . 87 i2 32
— de la maladrerie Faillouël ... 3 48 83
— de la maladrerie Fonchette. . . 48 65 04"
246^ 83» 29« L'Hôtel-Dieu de Ham , longtemps desservi par des filles séculières hospitalières, a été, depuis le 15 février 1716, confié aux soins des dames de la charité de l'institution de Sain,t- Vincent-de-Paul. Ces dames ont été installées par les soins de de monseigneur l'évoque de Noyon , au nombre de trois pour douze lits. Lorsqu'on a établi seize lits, le nombre en a été fixé à quatre; piiis à cinq, après l'établissement de vingt lits. Il est aujourd'hui de huit sœurs.
Le nombre des journées de malades est environ de 17,500