COMMERCE, — CORPORATIONS, LEURS ARMOIRIES
Dans l'origine et lorsque Tinduslrie était encore dans Tenfance , on prit grand soin de favoriser les divers corps de métiers pour assurer un prompt approvisionnement des choses nécessaires à la vie, accroître la richesse nationale et procurer un travail rémunérateur à la population. Telle fut la cause des franchises ou privilèges accordés par les anciens rois aux Guilds et aux corporations. Les Guilds étaient des associations ou confréries d'artisans , les seuls travaillant librement de leur temps. Ces confréries jouissaient du monopole de produire les articles de leur industrie particulière dans les villes où elles étaient établies. C'étaient là des associations légalisées de maîtres et d'ouvriers , les trad's union sous leur forme primitive. Leurs privilèges étaient réservés aux seuls hommes libres de l'industrie , — à ceux qui étaient nés dans un métier ou qui s'y étaient engagés et y avaient fait un long apprentissage , -:• ce qui constituait leur droit à la franchise et à la jouissance de ses privilèges.
Déjà, en 1379, les maires et jurés avaient obtenu du roi Charles Y l'établissement, à Ham, d'une foire franche, afin de faciliter entre la ville et les communes environnantes les
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éebanget de denrées , vivres el marchandises. Cette foire, suivant la charte d'établissement (4), était fixée chaque année au jour de a la (este de saint Vaneng, 46* jour de mai , avec « trois jours d'entrée , trois jours de si^ et trois jours d'is- € sue. » La charte spécifiait a que les marchands jouiraient « dans cette foire de toutes les libertés et franchises dont ils « usaient dans les autres villes ayant foire et qu'ils pourraient € aller, venir, demeurer, séjourner et retourner avec les mar- « chandises sauvement et sûrement »
La foire instituée à Ham par Charles Y existe encore aujourd'hui, mais au lieu d'avoir lieu pendant neuf jours, comme au xiv' siècle, elle ne dure qu'un jour et encore diminue-t-elle d'importance chaque année. Ces institutions ont rendu dans le moyen-âge de grands services , car elles ont créé des relations entre les différents centres de production. Lorsque les routes étaient difficiles et peu sûres, la prévision d'un gain assuré pouvait seule décider les marchands à transporter, à des distances considérables, leurs denrées sur des points où ils étaient sûrs de les placer avantageusement et de pouvoir acheter ce qui manquait chez eux. On accourait donc de toutes parts à ces grands centres d'échange où se rendaient, outre les négociants, tous les gens des environs qui , sachant trouver sur le marché ce dont ils avaient besoin, attendaient jusque-là pour se pourvoir. Hais lorsqu'on a pu se procurer aisément tous les objets nécessaires, au fur et à mesure de ses besoins, comme cela arrive maintenant chez nous, on n'a plus réservé ses achats pour une époque éloignée et les foires, excepté celles où se vendent les bestiaux et les grains, n'ont plus de motifs sérieux d'exister.
Les industries qui existaient à Ham au moyen-âge se composaient à peu près des mômes industries qu'à St-Quentîn et dans la plupart des villes de Picardie. Ainsi nous avons remarqué des fouleries , des teintureries, des tisserands de draps, de loile, des bouch^^, des mégissiers, des merciers, cordon-
r Àf^. ia^i. Rey de Clarlcs V, r* xvi. p. m j. xxn.
ARMOIRIES DES CORPS DE MÉTIERS DE HAM i€7
niers , fripiers , des fabricants de poterie d*étain , de cauches, d'armures.