‹ HamletChapitre 41 sur 84 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Marche Danoise. Fanfares.

Les mêmes. Le Roi. La Reine. Polonius. Ophélie. rosencrantz. guildenstern. courtisans, et seigneurs.

Le Roi {s'asseyant).

Comment notre cousin Hamlet gouverne-t-il la vie ?

Mais très bien, par ma foi ; je vis du plat du caméléon : je mange l'air qui est bourré de promesses. Vous ne pouvez nourrir des chapons de la sorte.

Lk Roi.

Cette réponse ne me regarde pas, Hamlet ; ces paroles ne sont pas miennes.

Ni miennes, maintenant. Paroles lâchées deviennent propriété publique. (A Polonius) Monseigneur, vous avez, dites-vous, joué une fois à l'université ?

POLOXIUS.

Mais oui, Monseigneur, et j'ai été regardé comme un bon acteur.

Et qu'avez-vous joué ?

POLOXIUS.

J'ai joué Jules César. Je fus tué au Capitole ; c'est Brutus qui m'a tué.

C'était d'une brute de tuer un pareil veau. — Les acteurs sont-ils prêts ?

ROSENCRAITTZ.

Oui, Monseigneur, ils attendent votre bon plaisir.

La Eeixe.

Venez ici mon cher Hamlet, venez prendre place à côté de moi.

Haulet.

Non bonne mère, voici un aimant plus fort qui m'attire.

Polonius {au Roi).

Remarquez-vous ça?

Hamlet (à Ophélie). ^jt^

Dame, me placerai-je dans votre giron ? ^^^ A^ a/^^^^^"^^^^^ aM

Ophélie. ^u.ii^^^^^ ^^7i

Vous avez l'humeur à la joie. Monseigneur.

Oh ! je ne suis autre chose qu'un faiseur de ballades bouffonnes I Que ferait donc un homme sinon de frétiller dans la joie ? car voyez comme ma mère nage dans la joie, elle, quoiqu'il n'y ait que deux heures que mon père soit mort ?

Ophélie.

Nenni dà ! . . il v a deux fois deux mois.

Aussi longtemps que ça ? Eh bien ! alors que le diable s'affuble de noir s'il veut, quant à moi, j'aurai un costume garni de zibeline. Oh ! ciel ! . . mort il y a deux mois, et pas encore oublié ! . . Alors il y a espoir que la mémoire d'un grand homme puisse lui survivre une demi aimée ; mais par Notre Dame ! il lui faudra bâtir des églises, ou bien il souffrh'a pour n'y avoir pas pensé.

* Fanfares. Suit un Mimo-drame.

(Un Roi et une Reine entrent se faisant des mamours ; la Reine embrasse le Roi, et le Roi embrasse à son tour la Reine. Elle s'agenouille et lui fait un semblant de protestations. Il la relève et incline la tête sur le cou de la Reine; et s'étend ensuite sur un banc de gazon. La Reine voyant le Roi endormi le quitte. Peu après vient un gaillard qui ôte la couronne au Roi, la baise, verse du poison dans l'oreille du Roi et . sort. La Reine rentre, trouve le Roi mort, et fait une pantomime de douleur passionnée. L'Empoisonneur revient avec deux ou trois individus, et paraît se lamenter avec la Reine. Le cadavre est emporté. L'Empoisonneur fait la cour à la Reine en lui offrant des cadeaux, elle paraît peu disposée d'abord à l'écouter, mais la glace se fond, et elle finit par accepter son amour.)

Tous les mimes sortent.*

Ophélie.

Que signifie cette pièce, Monseigneur?

Miching Mallecho ; cela signifie — le Génie du Mal.

Ophélie.

Quel est l'argument de la pièce ?

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