‹ HamletChapitre 45 sur 84 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Entrent: ROSENCRANTZ et Guildenstern.

Hamlet {continuant.^.

Allons de la musique !

(Horace sort.)

Guildenstern.

Mon bon Seigneur, daignez m'octroyer la permission de vous dire un mot.

Toute une histoire, Messire, si vous voulez.

Guildenstern.

Le roi, Messire ....

Eh bien ! Messire qu'avez-vous à dire sur son compte ?

GUILDENSTERN

Dans sa retraite est absolument hors des gonds.

D'avoir trop bu, je gage ?

GUILDENSTERN

Non Monseigneur, hors des gonds, par colère.

Votre sagesse se montrerait plus efficace en faisant part de la chose à son médecin ; car si moi j'allais le purger, je ferais sans doute germer en lui une colère plus plantureuse encore !

GUILDENSTERN

Mon bon Seigneur, à votre discours mettez un frein, ot ne faites pas des écarts si follement en dehors de l'affaire dont je viens vous parler.

Messire, avec vous je suis prêt à iiiurdier à ramljlo, — je vous écoute.

GUILDENSTERN

La reine votre mère, en grande affliction d'esprit, m'a envoyé vers vous.

Vous êtes le bienvenu.

GUILDEXSTERN.

Mais, mon bon Seigneur, cette courtoisie n'est pas de la bonne espèce. S'il vous plaisait me rendre une réponse saine ! j'exécuterais les ordres de votre mère ; sinon votre pardon, et mon retour d'où je suis venu, seront la fin de ma commission.

Messire, je ne saurais . . .

GUILDENSTERN

Quoi ! Monseigneur ?

Vous faire une réponse saine ; mes esprits sont malades ; mais Messire vous aurez droit à telle réponse que je puisse faire, ou plutôt comme vous le dites, ma mère la peut commander ; donc, sans plus de parlerie, entrons en matière. Ma mère, dites-vous . . .

ROSEXCRANTZ.

Eh bien ! voici ce qu'elle a dit : votre conduite l'a frappé d'étonnement et de stupeur.

Oh ! le merveilleux fils qui peut ainsi créer la stupeur chez une mère ! Mais n'y a-t-il pas une queue à cette stupeur de ma mère ? . . . Dites un peu.

ROSENCRANTZ.

Elle désire vous parler dans son cabinet avant que vous n'alliez vous coucher.

Nous obéirons, (^) plutôt dix fois qu'une, n'est-elle pas notre mère ? Avez-vous d'autres afi'aires avec moi ?

{') Le texte dit: " We shall ohey, were ske ten times our mother." Nous obéirons fut-elle dix fois notre mère. — Nous ne concevons pas la pensée ainsi exprimée. — Noie du Traducteur.

ROSENCRANTZ.

Monseigneur jadis vous m'aimiez.

Et je vous aime encore par ces mains ! . . . .

ROSENCRANTZ.

Mon bon Seigneur, quelle est la cause de votre humeur inquiète ? Assurément vous fermez la porte à votre propre liberté, en refusant de faire part de vos chagrins à vos amis.

Hamleï.

Messire, je manque d'avancement.

ROSENCRANTZ.

Comment cela serait-il, quand vous avez le vote du roi lui-même, pour la succession à la couronne du Danemarck ?

Oui, bien Messire . . . Mais ..." Tandis que l'herbe pousse, le naïf dada meurt de faim; " comme dit le proverbe un peu moisi.

Page 1