SCÈNE XIII
Les mêmes, le Roi.
Ophélie {chantant).
Son linceul émaillé de fleurs Et tout aussi blanc que la neige, Vers le tombeau qui le protège Fut porté, sans autre cortège Que d'un sincère amour dos averses do pleurs.
Le Rof.
Commorit allez-vous, gentille Danioiselle ?
Ophélie.
Eli ! que le ciel vous récompense ! . . On dit que la chouette était fille d'un boulanger. Seigneur Dieu ! Nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que nous pouvons devenir.
Le Roi.
C'est une allusion au sort de son père, sans doute.
Ophélie.
Je vous prie, pas de paroles là-dessus ; mais quand on vous demandera ce que cela veut dire, répondez ceci :
Demain l'aurore purpurine Se lève sur Saint Valentin, Je suis fille, et je ne badine, Pour être votre Valentine Je vous guette dès le matin.
Le Roi.
Belle Ophélie ! . . .
Ophélie.
En vérité dà ! . . Eh bien, je me passe du serment, finissons-en. {elle chante :) Il se leva pour accueillir la belle, Tira le loquet, puis ouvrit.
Si que vite entra la pucelle, Qui pucelle plus ne sortit.
Le Roi.
Combien de temps a-t-ellc été dans cet état ?
Ophélie.
J'espère que tout ira pour le mieux. Nous devons prendre patience ; cependant je ne puis m'empecher de pleurer en pensant qu'on le couchera dans la froide terre. Mon frère apprendra cette nouvelle, ainsi je vous remercie de votre bon accueil. Bonne nuit. Mesdames; bonne nuit charmantes dames; bonne nuit, bonne nuit !
{Elle sort.)
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