‹ Hans Holbein le jeuneChapitre 17 sur 27 · MINIATURES · texte numérisé non relu

MINIATURES

Dans ce groupe se rangent les plus importantes miniatures qu'on attribue à Holbeix. Mais il est impossible de distinguer nettement entre les originaux authentiques et les répliques faites du temps de l'artiste; les documents nous manquent pour cela. Même parmi les miniatures que nous avons admises, on remarque une grande inégalité comme valeur artistique, et nous en avons même écarté de nos cadres beaucoup qui sont tenues pour authentiques par le docteur G. C. Willia.mson dans •< The History of Portrait Miniatures , Londres, 1904, et dans le >^ Catalogue of Miniatures in the Morgan Collection , 1906, vol. I. Du temps de Holbein déjà, des miniaturistes anglais ont copié ses portraits, ce qui ressort des pièces datées et de l'histoire de leurs vicissitudes à travers les grandes collections.

P. 147. 1) Peint probablement en 1533, sur papier. L'inscription est à moitié effacée, mais encore lisible. Provient de la Galerie de Mannheim. — HoLBEiN a peint le même personnage une seconde fois, cfr. p. 100. — 2) K. H. Hol.mes en a publié une gravure dans la Burlington Magazine d'Avril 1903, p. 213, et l'a exposé à Rotterdam, dans la grande exposition de peinture de 1910, avec trois autres miniatures.

P. 148. 1) On en connaît plusieurs exemplaires, dont nous reproduisons le meilleur. L'âge et les traits de cette dame empêchent d'y voir la reine d'Angleterre. Ce serait bien plutôt Lady Honeoham (Hol.mes II, 12) et cette miniature est peut-être une copie du

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portrait de ce personnage. — 2) Peint sur papier, dans une boite en ivoire ciselée en forme de rose. Cette miniature est une très fine et délicate aquarelle. Anne de Clèves est représentée dans le même costume que dans le tableau du Louvre, p. 124, mais avec une expression plus naturelle. Cette peinture a appartenu d'abord à la famille Barrett, au prieuré de Lee, comté de Kent. En 1757 et 1758, on l'a vendue aux enchères à Londres; enfin elle est entrée dans la collection de Georges Sai,ting. — Peint à l'aquarelle sur le dos d'une carte à jouer. — 3) Superbement exécuté et conservé. Encadré, dans le style du temps, d'émail noir et blanc orné de trois perles. Sur l'avers se trouvent les armes écartelées de la famille Pemberton avec la date : 1566. — 4) Cet exemplaire est meilleur que celui de Windsor (p. 149, 4). 11 se rapporte à un original de la Collection Arundel et que HoEi.AR a gravé en 1646. D'après Cust, Arundel aurait aussi possédé la miniature, dont Horace Walpole a fait plus tard l'acquisition.

P. 149. 1) et 2) Les deux miniatures portent les dates et indication d'âge suivantes: 1) œt. 3 10 Mars 1541 et 2) - œt. 5, 6 Septembre 1535. Mais, malgré cela, elles doivent avoir été exécutées en même temps, car la date du portrait d'HENRY ne peut se rapporter qu'à sa naissance. Les deux frères sont fils de Charles Brander, duc de Suffolk, et de sa troisième femme, Catherine Willoughby, dont le mariage eut lieu en Septembre 153.3. Les dates de la naissance des deux frères sont incertaines ; on indique pour celle d'HENRY le 18 Septembre 1535, ou le 6, ou le 8 Septembre 1537; et, pour celle de Charles, l'année 1537 ou le 10 Mars 1539. Comme ces dates ne concordent pas avec les inscriptions, on s'est mis à douter que les deux portraits soient réellement ceux des deux frères. D'après une communication de Lee Cust, le duc de Suffolk en aurait fait présent à Charles I", roi d'Angleterre. — 3) Lady Elisabeth Andley était la fille de Sir Bryan Tuke. Son costume à la française prouve que la miniature n'est pas antérieure à 1540. Le château de Windsor possède une étude de ce portrait (Wolt.mann, II, 161, n° 342). — 4) Une réplique de 148, IV, où l'on a ajouté des mains mal peintes. C'est un portrait fortement repeint ou une copie.

P. 150. 1) Peint sur carton à l'aquarelle et disposé dans une cassette d'ivoire du XV11= siècle. Sur le fond bleu sont dessinées les initiales H. M. et l'indication de l'âge. On l'attribuait autrefois à Hans Mielich. Ce n'est que dernièrement que le docteur Hans BuCHHEiT l'a reconnu pour une miniature de Holbein vieillissant et qu'il en a publié la gravure. Les initiales H. M. sont manifestement celles de l'homme portraituré et pourraient désigner le peintre Harry Maynert, mentionné dans le testament de Holbein. — 2) Peint à l'aquarelle sur une carte à jouer et daté de 1543. C'est le meilleur exemplaire des portraits de l'artiste par lui-même en grand ou petit format et dans un cadre rond. Peu après la mort de Holbein, un dessin fait à Florence a popularisé ce portrait. D'après la communication de Claude Phillips, le dos du portrait porte ces mots: • Hans Holbein' s — given ta me by Lord Bolingbroke in 1757.

PEINTURES DECORATIVES

P. 153 à 158. L'ancienne maison Hertenstein sur la Kappelplatz de Lucerne fut démolie au printemps de 1825. C'est à l'initiative de deux officiers habitant Lucerne, le Colonel May de Bûren, canton de Berne, et le Colonel Karl Pfyffer d'Altishofen , que nous devons les copies qui ont été exécutées à la veille de la démolition de la maison par quatre artistes lucernois et un artiste italien. Ils avaient reçu l'ordre de n'y rien mettre de leur crû, de s'en tenir strictement à la donnée des fresques, surtout pour les figures. Par contre, ils négligèrent la plupart des ornements et l'architecture qui servait de cadre aux peintures. Dans une des salles de la maison se trouvait, sur une colonne en bois, le portrait sculpté de Heini d'Uri , bouffon du duc Léopold d'Autriche, que Wenzel HOLLAR a gravé sans doute d'après un dessin de Holbein. — Bibliographie: Schneller, Die Fresken des Hertenstein-Hauses: Geschidits-Freiind B. XXVIII. 1873; Sal. Vôgelin, Fassadenmalerei in der Scim'eiz : Anzeiger Jiir Schweiz. Altertiunskunde 1SS4. p. 65.

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95, 122, 15n. ISO, 212: Th. von Liebenau, Hans Holbeins d. J. Fresken am Hertenstein- Haitse m Liizern 1888: P. Qanz, Hans Holbeins Italienfahrt , Saddeutsdie Monatshefte 1909. Vol. VI. p. 596.

P. 159 à 162. La (Maison à la danse dans l'Eisengasse n Bâle était un vieil édifice gothique, dont il est fait mention à partir de 1401. La plus étroite des façades (p. 160) longeait la rue qui menait de l'unique pont au Rathaus ; la longue façade bordait la ruelle de la Danse; large de deux pas à peine, et descendant au Marché aux poissons. Grâce à l'angle saillant de la maison , où Holbein faisait converger les couples dansants l'ensemble décoratif de la façade s'offrait au spectateur débouchant par la Porte du Rhin. Quand Holbein peignit cette façade, la maison appartenait au riche orfèvre Balthasar Angelrot. La reconstruction par Beri.ee'SCH s'est inspirée de vieux dessins du XVl'^ siècle conservés au Musée Municipal de Bâle, où se trouve encore une copie de la façade frontale a\ec la date de 1520, ajoutée après coup. Les deux copies de Nicolas Rippel prouvent que la décoration s'étendait aux deux parois de la maison, et du moins jusqu'au bout de la Danse des Paysans. Une de ces copies (p. 161) porte cette inscription : In frontispicio domiis. Pour ce travail, le professeur Theodor Zwinger (1533 à 1588) versa à l'artiste la somme de 40 florins et le docteur L. Iselin (1559 à 1612) cita la remarque que fit Holbein à ce sujet: La Maison A la danse est assez bonne. » (Sous entendu : comme décoration.) Patin vit les peintures en 1676, et Jean Mûller en parla dans son livre : Merckwiirdige Ueherbleibsel von Aller ThUmmeien. Zurich 1777. Mais c'est la dernière mention qu'on fasse de cette maison avant que des travaux de restauration l'aient complètement gâtée. Elle a dû récemment faire place à une nouvelle construction, ce qui a rendu vaines toutes les recherches archéologiques commencées à son sujet.

P. 163 à 173. L'antique Salle du Conseil se trouvait entre la cour extérieure et la cour intérieure, dans un bâtiment où l'on accédait par un escalier en plein air et dirigé du sud au nord. Cette salle était un rectangle irrégulier, dont les fenêtres et la porte principale ouvraient au midi. L'intérieur n'avait rien d'architectural, ce qui engagea l'artiste à lui donner l'apparence de ce qui n'existait pas en réalité. Holbein couvrit de fresques deux des parois en 1521 (du 15 Juin au 14 Septembre) et en 1522 (du 12 Avril au 29 Novembre). La troisième paroi fut décorée par lui à son retour d'Angleterre, soit en 1530 (du 6 Juillet au 18 Novembre) contre paiement de 180 florins que lui versa en tout le Conseil. — Le choix du sujet fut dicté par l'esprit du temps. On trouve de pareilles fresques dans les Hôtels de Ville de Bruxelles, de Bruges et de Hambourg (1497). Les inscriptions latines n'ont pas été imaginées par Holbein, mais par des savants, des mécènes, tels que Mykonius et Beatus Rhenanus. Mais les peintures étaient déjà en 1579 détériorées à ce point que le peintre Hans Bock fut chargé de reporter sur toile « la pièce de résistance des peintures de Holbein, maltraitées par la température. (Hegner, Hans Holbein d. ,/. p. 73). En 1796, au temps où vivait Pierre Ochs (Gesdiidite von Basel W 400), il ne restait plus trace de ces fresques. Ce n'est qu'en 1817, lors d'une rupture de fenêtre, qu'on découvrit sur la paroi du nord, derrière de vieilles tapisseries qui la cachaient, une grande fresque de Holbein avec la date de 1521 (p. 165). La Société artistique Birckmann, â Bâle, a fait reproduire en aquarelle les peintures de Holbein en s'aidant des derniers vestiges des originaux et d'anciennes copies conservées à la Bibliothèque. C'est le peintre H. Hess qui fut chargé de ce travail. Après le tableau de Charondas, H. J. Plepp a dessiné la tête d'un portrait sur verre de 1581, et le Musée de Bâle possède un fragment du tableau de Charondas, à savoir la tête de Charondas, il est vrai couverte de forts repeints. Outre le tableau de Zaleucus, on connaît trois anciennes copies, dont une de H. R. Manuel, se trouve dans une collection française; la seconde est de J. Wentz, et datée de 1551. On la trouve au Musée Municipal de Bâle. La troisième orne la partie supérieure d'un vitrail de 15 . . . Des figures isolées d'Harpocrate, d'Anacharsis et d'Ezéchias, que nous décrivent de vieux auteurs, aucune copie

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n'est parvenue jusqu'à nous, et l'on na pas encore prouvé- l'authenticité du tableau: Le Christ et la Pécheresse, considéré comme la restauration d'une œuvre de Holbein. Pour cette reconstitution, confrontez: Woltmann I, p. 151 ; 359; et H. A. Schmid, Die Gemàlde Hans Holbeins d. J. im Basler Grossratsaal (Prenssisches Jahrbuch 1896, V. XVII, p. 73). D. Burckhardt-Werthemann, Drei wiederge/undene Wcrlie ans Holbeins friiherer Zeit, Basler Zeitsdirift fiir Gesdiidite iind Altertamskiinde IV, 24. Les dessins reproduits p. 164, 166, 169, 170, 171 sont crayonnés sur un papier bàlois, qui date certainement de 1524 et a du être employé par HOLBEiN lui-même. Ils peuvent donc avoir été copiés dans son atelier, d'après les ébauches mêmes du maître. Les tableau.\ reproduits p. 172 et 173 ont été exécutés à la même époque. Ils ornaient la paroi de derrière et étaient séparés par la demi colonne qui se dessine sur l'une et l'autre ébauche.

P. 174. Le monogramme a été ajouté après coup. Ce n'est pas là la copie d'un dessin de Holbein, comme le croit Woltmann, mais d'une fresque exécutée dans le goût de la seconde époque de l'art anglais. Peinture en grisaille, architecture d'un gris vert, sol brun. Le visage de Virginie est légèrement rosé.

P. 175 à 177. La gravure sur cuivre de la page 176 n'est connue que par un exemplaire du British Muséum, qui reproduit l'étude de Holbein conservée au Louvre, ainsi que les inscriptions qui y sont ajoutées. Les gravures des pages 175 et 177 sont celles de deux dessins à la plume sans indications de couleurs. Les originaux ornèrent un jour deux parois du Guildhall des marchands allemands du Stahlhof. Une devise est gravée dans le grand portail de la concession de la Hanse : < L'or est le père du plaisir et du chagrin. Qui en manque est affligé; qui en possède, a des soucis-. Cette devise a peut-être inspiré ces deux tableaux allégoriques. Ces deux ouvrages étaient de même hauteur. Le Triomphe de la Pauvreté, avec le Travail, le Zèle et le Souci qui lui font suite, était censé précéder le Triomphe de la Richesse: car toutes les figures du premier se retournent vers le second ; et c'est du reste conforme à la signification de l'allégorie. Le premier de ces tableaux était suspendu à la paroi de la salle dont la longueur était moindre, tandis que le second était le principal ornement de l'autre paroi, plus longue, qui faisait face à la série des fenêtres. Deux copies de ZuccARO nous indiquent les dispositions primitives des deux tableaux peints sur toile a tempera. Ce Zuccaro était un italien enthousiaste de Holbein. 11 a fait ces copies en 1574. L'une et l'autre toile étaient peintes gris sur gris avec fond bleu; les carnations très légèrement indiquées, ainsi que le ton vert des arbres. Quand la reine Elisabeth expulsa en 1589 les marchands allemands et laissa pendant vingt ans les concessions inhabitées, les tableaux semblent avoir fortement souffert. JaC(3UES !'-'', il est vrai, rendit aux Allemands le Stahlhof ; mais la vie en commun des marchands de la Hanse ne put jamais se renouer; aussi les villes hanséatiques décidèrent-elles de louer le Guildhall et d'offrir en présent au prince de Galles, Henry, les tableaux qui le décoraient. (Lappenberg, Ur/zundliche Gesdiidite des Hansischen Stahlhof s zu London. p. 82 et suiv.) Les Holbein furent donc remis au prince en 1616; à sa mort ils entrèrent dans la collection de Charles I''. Mais Carel van Mander les vit déjà en 1627 dans la galerie extérieure d'Arundel, où ils doivent avoir été acquis au moyen d'échanges avec la collection du roi, comme tous les autres Holbein de Charles I^'. Dans son Livre des Peintres, Mander fait de ces tableaux une description minutieuse et dit en quelle haute estime les Holbein étaient tenus à cette époque. Mathieu Merian a fait, probablement en 1640, à Londres, une copie du Triomphe de la Pauvreté. Plus tard, les deux tableaux furent transportés avec toute la Collection Arundel à Amsterdam, où Jan de Bischop les copia et Vorsterman le jeune en tira des gravures. En 1666, on les retrouva dans la salle des fêtes de la Maison des Ostrelins, à Paris. Mais, depuis lors, on perd leurs traces. Joachlm van Sandrart possédait des copies de ces tableaux, peut-être celles exécutées par Zuccaro. Plus tard ces copies furent acquises par le conseiller secret de Hesse-Darmstadt, Fleisch- MANX, à Strasbourg, où C. von Mechel en fit des gravures. La copie du Triomplie

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de la Pauvreté est maintenant au British Muséum. Deux copies non coloriées ont passe de la Maison Buckingliam dans la collection d'HORACE Walpole, puis dans celle de Sir Charles Eastlake. Les copies de Zuccaro semblent avoir reproduit fidèlement l'original; dans celle de Jan de Bischop, la figure de la Misère du moins a été modifiée, tandis que la copie de Merian s'est permis des modifications assez importantes.

P. 178. Les contemporains racontent que les marchands du Stahlhof avaient organisé une exposition artistique à laquelle était destinée l'esquisse de Hoi.bein. Cette exposition figurait le Parnasse, au pied duquel des flots de vin du Rhin authentique coulèrent jusqu'au soir. (Ganz, Handzeichnungen von Hans Holbein d. J., Berlin I90S. p. 51.)

P. 179 et 181. Le palais de Whitehouse, appelé à l'origine Yorkhouse, était la résidence à Londres du Cardinal Wolsey. Lors de la chute de celui-ci, le palais revint au roi, qui invita toute une légion d'artistes à l'agrandir et à le décorer. Holbein doit avoir couvert de peintures le plafond de la - Matted Gallery , qu'il a décorée aussi d'une fresque dont le sujet était la Danse des Morts. 11 a aussi orné de son pinceau une petite pièce à énorme cheminée, du nom de « Privy Chamber . (Cust, Exhibition of early English Portraiture. Londres, 1909.) L'incendie du Palais, en 1698, a dévoré tous ces travaux. — La fresque de la Privy Chamber, avec la figure en grandeur naturelle du roi, de la reine et de ses père et mère, fut, sur l'ordre du roi Charles II, copiée en 1668. C'est d'après cette copie très réduite, qui se trouve aujourd'hui au Palais de Hampton Court, qu'a été faite la gravure sur cuivre de Vertue. Qrâce à sa parfaite clarté, cette gravure se prête le mieux à être reproduite. Le carton original de la main gauche porte la date de 1537 et montre Henry VIII qui incline légèrement la tête sur l'épaule droite, comme dans le portrait en buste contemporain, que reproduit la page V20. Le roi porte un costume blanc relevé de dorures; son père est vêtu de noir, mais les épaules couvertes d'une peau de panthère d'un brun rougeàtre. L'architecture du tableau est de couleur blanche et brune; la frise supérieure est blanche, la coquille est d'un gris d'acier. Toutes ces couleurs sont nettes et fines. A en juger d'après les nombreuses copies, la tête du roi, dans le tableau, regardait bien en face, et le vêtement était un costume de gala d'un rouge écarlate orné d'or.

P. 182. Miniature peinte sur parchemin, en partie dessinée à la plume, en partie lavée à l'encre de Chine. Les figures sont brunâtres, l'architecture est en grisaille avec ornements dorés; le fond et le couvercle des cassettes sont bleus. - Salo.mon a revêtu les traits d'HENRY VIII. On a supposé que cette peinture superbe n'était pas seulement un présent offert au roi, mais le projet d'une fresque. On se fonde pour le dire sur le majestueux dessin qui orne les groupes de figures, et qui ne pouvait atteindre pleinement son effet que grâce à une exécution sur une grande et monumentale échelle. Zahn (Jahrbuch f. Kw. V, p. 206) fait remarquer les analogies entre ces figures extraordinairement élancées et les attitudes et gestes qui constituent les motifs favoris de l'école de Fontainebleau. Cette miniature se trouvait dans la Collection Arundel et y fut gravée par Wenzel Hollar.

P. 187. Les dimensions indiquées ici se rapportent à l'original disparu, qu'a copié le peintre Ji-.KO.ME Hess, à Bâle, en 1834 (Hauteur: 3 pieds, 11 pouces; largeur: 1 pied, 11 pouces). Le tableau se trouvait alors dans la collection du peintre Marquard Wocher et fut vendu en Angleterre quelques décades plus tard. L'original faisait partie d'un ensemble de peintures d'autel de l'église des Augustins de Lucerne. Holbein dut l'avoir peint pendant son séjour dans cette ville, entre 1517 et 1519. Le biographe de Holbein, Patin, énumère cinq de ces peintures, qui devaient former un triptyque. La preuve que ce tableau se trouvait chez les Augustins est fournie par deux dessins qui en étaient des copies et en indiquaient les couleurs, avec l'inscription suivante: Dessiné à Lucerne, d'après l'autel de IL lloi.iiHiN, tel qu'il se trouve chez les Augustins, par C. .Meyer ao. 1648. > Au Musée Municipal de BAle se trouve une autre copie dessinée des figures du Christ et de Marie, avec la signature H. H. W., d'après II. II. (Hd:.

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sdiwz. Mstr. m, 45). Une copie peinte est conservée encore aujourd'hui dans la sacristie de l'église des Moines déchaussés de Lucerne, et une autre réduction, de moitié de l'original, chez un particulier anglais (Burlington Fine Arts Club. Catalogue of early German Art, ]90(i, p. XL). Le dessin d'Augsbourg, œuvre de la jeunesse de HOLBEIN, est par le style étroitement apparenté avec le Christ en Croix, avec Marie et Jean au.\ pieds du Sauveur.

P. 188. Peint sur toile. Dans l'Inventaire d'AMERBACH de 1586, on lit: < Crucifix assez grand; provient de Holbein. Copié par un Bavarois, M. Jacob Clausern, son collaborateur. Sur toile, peint à l'huile. L'original était un des premiers ouvrages du maître.

P. 189. Cette merveilleuse composition semble avoir été transformée par le graveur dans le goût du temps. La manière dont la lumière est traitée par Hoi.bein semble présenter des analogies surtout avec les volets d'autel de Fribourg et avec le Baiser de Judas. dans la Passion en six tableaux.

P. 190. 1) Gravé par Hoi.lar, sans doute d'après un dessin de la Collection Arundel qui se trouve aujourd'hui dans la collection des dessins du Louvre et qui n'est pas de la main de Holbein. Les couleurs ne consistent qu'en un léger frottis. L'original, un tableau d'autel, doit être antérieur à 1522, car le même morceau a été copié, mais dans un ordre de composition inverse et simplifié, dans VHortuhis animae de Kœgler. — 2) L'original appartenait également aux premières années du second séjour de Holbein à Baie, et il présente d'étroites analogies avec la Sainte Barbara de la série des vitraux du Musée Municipal à Bâie (v. Catalogue, n" 336).

P. 191. Série en neuf tableaux complets de la Collection Faesch. Dans l'inventaire D (Jahresberidit der Ocffentlidien Kunstsammtung in Basel LX, p. 65), on lit : : Neuf tableaux sur toile, copiés par Bartholo.wé de Saarbriicken d'originaux de Holbein. Sarburgh apporta en Belgique ces originaux, dont parle Patin.

P. 192 à 194. L'original doit avoir fait partie en 1604 de la collection d'A. de Loo à Londres, où Carl van Mander l'a vu. D'après sa description, les figures étaient de grandeur naturelle et peintes à l'huile sur toile. On trouve dans la Bibliothèque Royale du château de Windsor sept dessins qui étaient des études pour les têtes de Thomas More, de son père, de son fils John, de sa fille Elisabeth Dancv, de Cicely Héron, de sa belle-fille Anna Cresacre, et d'une parente, Marguerite Clé.ment (Holmes, 1. 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9). L'esquisse pour ce groupe de figures a été apportée à Erasivie, à Baie, par Holbein lui-même, avec des remarques de la main de More. Le tableau devint avec la succession d'ERASME la propriété de Boniface Amerbach. Toutes les copies encore existantes en Angleterre montrent des groupements de figures différents de celui de l'esquisse, d'où l'on peut inférer que Holbein, dans l'exécution de son œuvre, ne s'en tint pas strictement aux données de son esquisse, et qu'il ajouta plus tard, en 1593 d'après CusT, une figure nouvelle à son tableau. Celui qui en possède la copie la plus importante est Lord Oswald, un descendant de la famille Roper, au prieuré Nostall, près de Wakefield , dans le Yorkshire. En 1731, elle ornait la Well Hall, à Eltharn, manoir des Roper. Le tableau, peint à l'huile, est long de 3"',51 et haut de 2"',515. 11 doit provenir de la collection de A. de Loo, ce qui ne concorde pas avec les allégations de C. van Mander (Copié dans le Royal Eltharn de Gregory). Une seconde copie sur toile (haute de 2"', 34, large de 2"',99) se trouvait autrefois à Barnborough, la résidence des Cresacre, et, en 1867, chez M. Charlev Evston of East Hondred, Berkshire. Une troisième copie, reproduite ici, page 193, est aujourd'hui la propriété de Sir Hugh Lane, après avoir été celle de Cottwell Doumer. (Connaisseur 1910, vol. XXVI, p. 207.) On attribue au miniaturiste Peter Olivier une copie du même original; elle est aujourd'hui en la possession de la famille Sothebv, Billing Hall, North Hampton, après avoir orné le prieuré de Burford , résidence des Lenthall. On a aussi remarqué dans la Collection Arundel un tableau de la famille More. Dans la copie de Marguerite Roper, p. 194, les figures ont exactement les dimensions qu'elles ont dans l'original.

P. 195. Ce portrait n'est point la copie stricte de celui de V'ienne (p. 119), mais se rapporte plutôt, comme deux autres copies analogues, celle de Woborn Abbey et celle de Lord Jackville, à un original aujourd'hui disparu, qui, ainsi que le dessin de Windsor (Holmes, I, 1) offrait dans les ornements et dans le contenu de notables différences avec le portrait de Vienne.

P. 196. 2) Ce nom est tiré par induction du dessin de Windsor (Hol.mes, 1, 9) qui porte en réalité comme inscription: Mother Jak , appellation familière donnée à Margaret Clé.ment dont on remarque la figure dans le tableau de famille de Th. More. — 4) Ce portrait reproduit une des figures d'un tableau que Hollar a probablement gravé dans la Collection Arundel. L'étude au crayon métallique dans les tons bruns et avec la date: MDXX se trouve au Louvre (Reproduction par Gary, Dessins de la main de H ans Holbein le Jeune, 1908, p. 9).

P. 197. 1) Dans la Collection Arundel, d'après l'original. 11 existe un dessin à la sanguine, chez un marchand de tableaux en Angleterre; mais ce n'est qu'une ancienne copie. — 2) L'original a fait aussi partie autrefois de la Collection Arundel. On voit à Windsor une étude de tête avec une autre direction du regard (Hol.mes II, 19).

P. 198. 1) Ce portrait date des dernières années de Holbein en Angleterre. En tout cas, ce n'est pas un pendant de celui de 1543 (p. 196,4). — 2) Borowsky, dans ses notes en appendice de Parthay, Prague, 19 . . , a proposé le nom d'AwNE de Clèves, en se fondant sur l'analogie des traits du visage entre le portrait et le personnage historique. Il n'est pas sûr que ce soit là un Holbein.

P. 199. 1) Gravé d'après une miniature ou un tableau de la Collection Arundel, dont on conserve à Windsor une étude préliminaire (Hol.mes, I, 52). — 2) Comparer ce portrait au dessin de Windsor (Hol.mes II, 24). - 3) C'est Hollar qui, le premier, a vu dans ce portrait celui de la Princesse Marie. Mais son avis reposait peut-être sur une tradition vraisemblable. Cfr. le dessin de Windsor (Hol.mes, II, 15).

P. 200. Hollar se trompe en voyant dans ce portrait le pendant de celui de Lady Butts (P. 1553) dont il existe une gravure. C'est Vertue qui, le premier, a prétendu que c'était là le portrait de Charles Brandon, duc de Suffolk. Mais jusqu'ici on n'a aucune preuve du bien fondé de cette hypothèse.

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